Marie debout au pied de la croix

Marie debout au pied de la croix

Il nous faut remarquer que Notre Dame était debout au pied de la croix. En quoi certes ont grand tort ceux qui pensent qu'elle fut tellement outrée de douleur qu'elle en demeura pâmée; car sans doute cela n'est point, ainsi elle demeura ferme et constante, bien que son affliction fut la plus grande que jamais femme aie ressenti pour la mort de son enfant, parce qu'il ne s'en est jamais trouvé qui ait eu autant d'amour qu'elle en avait pour Notre-Seigneur, non seulement parce qu 'il était son Dieu, mais aussi parce qu'il était son Fils très cher et très aimable.

Grande fut la constance de la très Vierge et du bien aimé Disciple; c'est pourquoi celui-ci fut favorisé du don que sa bonté lui fit de sa très Mère, Mère la plus aimable qu'il soit possible d'imaginer. Cette vertu de constance et générosité d'esprit a toujours été grandement chérie de Notre-Seigneur au-dessus de plusieurs autres.

L'amour de Notre Dame était vraiment plus fort et plus tendre qu'il ne se peut dire, et par conséquent sa douleur plus véhémente que toute autre en la mort et Passion de Jésus-Christ; mais comme cet amour était selon l'esprit, conduit et gouverné par la raison, il ne produisit point de mouvement déréglé en l'affliction qu'elle ressentit se voyant privée de son Fils, qui lui causait une consolation incomparable.

Elle demeura donc, cette très glorieuse Mère, ferme, constante et parfaitement soumise au bon plaisir de Dieu, qui avait décrété que Notre-Seigneur mourrait pour le salut et rédemption des hommes.


St François de Sales, Sermon pour le vendredi saint, 17 avril 1620

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