L’Ave Maria (St Louis-Marie de Montfort)

L’Ave Maria (St Louis-Marie de Montfort)

L'Ave Maria (ou Je vous salue Marie, Réjouis-toi Marie) reprend les paroles que l'ange a dit à Marie le jour de l'Annonciation qui est aussi le jour de l'Incarnation et de l'aurore de notre salut (Lc 1, 26-38). C'est pourquoi, dit saint Louis-Marie de Montfort :

De grands saints... ont prêché publiquement que le salut du monde ayant commencé par l'Ave Maria, le salut de chacun en particulier était attaché à cette prière;

que c'est cette prière qui a fait porter à la terre sèche et stérile le fruit de vie, et que c'est cette même prière, bien dite, qui doit faire germer en nos âmes la parole de Dieu et porter le fruit de vie, Jésus-Christ;

que l'Ave Maria est une rosée céleste qui arrose la terre, c'est-à-dire l'âme pour la faire porter son fruit en son temps;

et qu'une âme qui n'est pas arrosée par cette prière ou rosée céleste ne porte point de fruit et ne donne que des ronces et des épines, et est prête d'être maudite.

[...]

L'Ave Maria est la plus belle de toutes les prières après le Pater (Notre Père);

c'est le plus parfait compliment que vous puissiez faire à Marie, puisque c'est le compliment que le Très-Haut lui envoya faire par un archange pour gagner son cœur;

et il fut si puissant sur son cœur, par les charmes secrets dont il est plein, que Marie donna son consentement à l'Incarnation du Verbe, malgré sa profonde humilité.

C'est par ce compliment aussi que vous gagnerez infailliblement son cœur, si vous le dites comme il faut.

L'Ave Maria bien dit, c'est-à-dire avec attention, dévotion et modestie, est, selon les saints,

l'ennemi du diable, qui le met en fuite, et le marteau qui l'écrase,

la sanctification de l'âme,

la joie des anges,

la mélodie des prédestinés,

le cantique du Nouveau Testament,

le plaisir de Marie

et la gloire de la Très Trinité.

L'Ave Maria est une rosée céleste qui rend l'âme féconde; c'est un baiser chaste et amoureux qu'on donne à Marie, c'est une rose vermeille qu'on lui présente, c'est une perle précieuse qu'on lui offre...


Saint Louis Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion, § 249.252.253