Simon Métaphraste († 1000 environ) : Vie de Marie

Simon Métaphraste († 1000 environ), une Vie de Marie

Simon Métaphraste (†1000 environ) était vénéré comme saint déjà au temps de Michel Psellos († vers 1078).

Simon Métaphraste composa le "ménologe" qui raconte les histoires de beaucoup de saints.

Il est l'auteur de : La Vie de Marie ; L'éloge funèbre de Marie, Commentaire sur l'image romaine de la Theotokos, Canon sur la fête de la Nativité de Marie. Il composa aussi des prières mariales[1].

Vie de Marie, en particulier Marie durant la passion

Métaphraste veut baser la narration de ces événements sur la foi de témoins choisis et crédibles. Voilà les qualités que doivent posséder ces témoins: 1. a écrit avec soin sur la Vierge; 2. possède une doctrine éminente; 3. a mené une vie exemplaire.

Il cite trois noms ayant remplis ces condiitions : Grégoire de Nysse, Athanase, et Denis Aréopagite. Et la condition qu'il place au dessus de toutes est que leurs récits sont confirmés par les (Vie de Marie § 1).

Métaphraste expose d'abord brièvement les épisodes qui se réfèrent à la période de l'enfance de la Vierge: sa naissance dans des circonstances extraordinaires, la présentation au temple, le mariage avec Joseph. Puis il s'étend sur les principaux événements de la vie du Christ, surtout pendant la passion :

Marie toujours unie à son Fils

« Nous raconterons en effet comme Marie a toujours vécue avec son Fils; comme elle fut toujours à ses côtés, même dans les moments les plus difficiles. En effet elle ne s'est pas non plus séparée de lui pendant le temps de la passion, toute seule, quand tous les autres disciples, amis et connaissances ont abandonné le Fils et s'enfuirent. Et encore quand d'autres, après être resté un peu l'ont renié.» (Simon Métaphraste, Vie de Marie 27).

Marie à la dernière Cène, avec les femmes qui servent

« Quand Jésus célèbre le mystère divin de l'Eucharistie, et transmet l'enseignement de sa grande humilité (lavement des pieds), pendant qu'il s'assied avec les disciples, il ordonne à sa Mère de prendre soin des femmes qui servent à table. Ainsi, au moyen de la Mère, Jésus accueille ces femmes avec bienveillance et, parce que la Mère mange avec elles, il les remercie pour le service qu'elles rendent. » (Simon Métaphraste, Vie de Marie 28).

Marie au calvaire

« Avec prudence et avec respectueuse ferveur, après la mort du Fils, Marie recueillit aussi cette eau et ce sang qui, comme s'il était encore vivant, continuaient de jaillir de son côté ouvert. » (Simon Métaphraste, Vie de Marie 32).

Marie convainc Joseph d'Arimatie

« Elle apprit que sur l'endroit même du Calvaire il y avait un sépulcre neuf. Ce devait être le sépulcre pour Jésus, non seulement parce qu'il s'agissait du Fils de Dieu pour qui du reste n'importe quel sépulcre, rigoureusement parlant, aurait été inconvenant et indigne, mais parce que, si d'autres cadavres y avaient été déposés, des doutes auraient pu se lever à propos du corps du ressuscité. Marie se rend chez le propriétaire du sépulcre, Joseph d'Arimatie, et le convainc de se présenter devant Pilate pour demander le corps du Seigneur. » (Simon Métaphraste, Vie de Marie 34)

Marie, première témoin de la résurrection

« La joyeuse annonce de la résurrection semble avoir été donnée d'abord à Marie qui put contempler la splendeur du Fils autant que c'était possible. Ainsi donc la Theotokos, en contemplant plus clairement la résurrection du Fils, confirma ceux qui l'annonceront, plus que les femmes qui portèrent les huiles parfumées. Celles-ci du reste, en racontant qu'elles ont vu le Seigneur ressuscité, ne firent pas mention de la Vierge, dans la peur que le témoignage de la Mère provoque une ombre de suspicion (sur la véracité de l'événement), et par conséquent auraient donné un plus faible crédit. » (Simon Métaphraste, Vie de Marie 36)

L'Assomption

Marie étant proche de la mort, les apôtres sont autour d'elle ; elle dépose son esprit dans les mains du Fils. Le corps de la Vierge est cause de nombreux prodiges. Puis le corps est transporté triomphalement à Gethsémani et y fut enterré. Sur ce point Siméon se réfère au témoignage de l'évêque de Jérusalem. Après trois jours le tombeau fut rouvert pour permettre à un apôtre retardataire de vénérer le corps de la mère de Dieu, qui cependant n'y était plus. Etait resté le manteau. Suit l'histoire du transport du vêtement à Constantinople et l'origine du sanctuaire de Blacherne. (cf. Simon Métaphraste, Vie de Marie 39-52)


[1] Les oeuvres du Métaphraste sont publiées en PG 114 - 116.

La traduction italienne de la Vie de Marie est in Testi Mariani del Primo Millennio, Roma 1989, vol. II, pp. 980-1019.


L.GAMBERO, université pontificale Marianum, Rome

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