L’arche d’Alliance et l’Assomption de Marie

L’arche d’Alliance et l’Assomption de Marie

Le Nouveau Testament avait déjà suggéré le rapprochement entre Marie, qui porte Jésus, et l'arche d'Alliance, qui porte la présence divine (récit de la Visitation, vision du livre de l'Apocalypse 11).

Saint Jean Damascène y voit une lumière pour comprendre l'Assomption de Marie :

« C'est alors que l'arche du Seigneur, ayant quitté la montagne de Sion, portée sur les épaules glorieuses des Apôtres, est transférée dans le temple céleste par l'intermédiaire du tombeau. Et d'abord elle est conduite à travers la ville, comme une épouse d'une parfaite beauté, ornée de l'éclat immatériel de l'Esprit, et ainsi elle est amenée dans l'enclos très saint de Gethsémani ; des anges la précèdent, l'accompagnent, la couvrent de leurs ailes, avec l'Eglise en sa plénitude. [...]

Le nouveau Salomon lui-même, prince de la paix et Maître Ouvrier de l'univers [...] introduit l'âme au Saint des saints, [...] et l'établit près de son propre trône, à l'intérieur du voile, où le Christ lui-même, en précurseur, a pénétré corporellement.

Quant au corps, il est porté en procession, tandis que le Roi des rois le recouvre de l'éclat de son invisible divinité, et que l'assemblée entière des saints marche devant lui, pousse de saintes acclamations et offre un sacrifice de louange, jusqu'au moment où il est introduit dans le tombeau comme dans une chambre nuptiale, et, à travers lui, dans les délices de l'Éden et dans les tabernacles célestes. »[1]

Et encore :

« Les Apôtres ensemble te portèrent sur leurs épaules, toi l'arche véritable, comme autrefois les prêtres l'arche figurative, et te déposèrent au tombeau : alors, par lui, comme par un autre Jourdain, ils te firent parvenir à la vraie Terre promise, je veux dire à la Jérusalem d'en haut, mère de tous les croyants, dont Dieu est l'architecte et le constructeur. »[2].

« Les anges, avec les archanges, t'ont emportée ensemble. [...]

A ta rencontre, au chant des hymnes, en une solennité pleine d'allégresse, les puissances s'avancent, et voici sans doute ce qu'elles disent :

« Quelle est celle-ci, qui monte dans tout son éclat » (Ct 8,5), « qui apparaît comme l'aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil ? » (Ct 6,10) Que tu es belle, que tu es douce !

Tu es « la fleur des champs », « comme un lis au milieu des épines » (Ct 2,1.2) « C'est pourquoi les jeunes filles t'aiment », « A l'arôme de tes parfums » nous courrons.

« Le roi t'a introduite dans son appartement » (Ct 1,3.4) »...[3]


[1] Saint Jean Damascène, sur la dormition II,12, in source chrétiennes 80, par P.VOULET, Cerf, Paris, 1961, p. 153-155.

[2] Saint Jean Damascène, sur la dormition I,12, in source chrétiennes 80, par P.VOULET, Cerf, Paris, 1961, p. 115.

[3] Saint Jean Damascène, sur la dormition I,11, in source chrétiennes 80, par P.VOULET, Cerf, Paris, 1961, p. 111


Saint Jean Damascène

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