Antioche : saint Anastase

Antioche : saint Anastase , "Réjouis-toi Marie !"

Antioche est actuellement une ville de Turquie proche de la frontière syrienne. Au temps des pères de l'Eglise, elle s'appelait Antioche de Syrie.

Anastase d’Antioche fut nommé patriarche d'Antioche en l'an 559 et il mourut en 599.

Son homélie pour la Présentation au Temple [1] est un trésor d’un point de vue marial.

Le mystère de Marie, Mère de Dieu

Anastase d’Antioche (†599) appelle la Vierge Mère du Seigneur et Mère de Dieu sans toutefois utiliser le titre Theotokos. Marie fournit vraiment la matière pour la formation du corps du Seigneur qui est un corps naturel, absolument humain, bien qu’il ait été engendré de manière miraculeuse ; d'autre part, la nature transcendante de l'enfant justifie le titre Mère de Dieu.

C’est la liturgie qui introduit les croyants dans ce mystère 

Le fait que le mystère du Verbe de Dieu, dans l'événement de l’Incarnation, nous soit devenu familier ne lui enlève rien de son mystère abyssal. Seules la parole de Dieu et la participation aux mystères divins célébrés dans la liturgie peuvent donner un peu de lumière à notre esprit.

Le Christ est homme parfait

Le Christ est non seulement un vrai homme dans sa constitution psycho-physique, mais aussi en vertu de son adaptation à la mentalité, aux coutumes et aux lois de son peuple.

En lien avec l’Incarnation, Marie collabore au salut

« O divine et bienheureuse Vierge, échelle qui s’élève vers le ciel, porte du paradis, entrée de l'incorruptibilité, trait d'union et lien entre Dieu et les hommes. »

Dans le même passage Anastase salue Marie comme « la nourriture de vie et la source d'immortalité » à cause de son lien maternel avec son Fils offert dans l’Eucharistie.

La pureté de Marie

Anastase affirme la virginité perpétuelle de Marie et il observe que Jésus, le saint par excellence « a communiqué à la Mère sa sainteté et sa pureté. »

C’est pourquoi Marie mérita d'être proclamée bénie entre toutes les femmes,

« En effet ni le soleil, avec sa flamme de volupté, ne t'a brûlé, ni la force qui émane de la lune pendant la nuit ne t'a nui, parce que tu n'as pas abandonné à l'incertitude (Ps 120,3) le pied de ton âme, mais en l'appuyant vivement sur la pierre, tu es restée indomptée et le Seigneur t'a gardé lorsqu'il est entré lui seul, en toi et de toi est sorti, (cf. Ez 11,4) en te laissant close et scellée pour toujours. »

En Marie, les femmes peuvent toutes se réjouir

« Comme donc à travers la femme survint la mort, il fallait que par la femme le salut fût prodigué. Nous sommes tous morts à cause de cette femme trompée par le plaisir ; par contre grâce à cette autre femme, nous avons été rendus à la vie. Et nous avons reçu les biens que nous avions perdus, et des biens beaucoup plus grands et encore plus précieux… 

(le bien le plus précieux est le Christ)

[…]

Jusqu'à ce moment les femmes avaient entendu ces paroles : Vous accoucherez dans les douleurs (Cf Gn 3,16 ) ; et sur elles toutes tombait ce commandement divin, comme une succession héréditaire inexorable. Mais à partir de toi le sexe féminin commença à entendre d’autres paroles :

Réjouissez-vous, femmes, parce que vous avez accueilli le commencement de la joie, c'est-à-dire celle qui entre toutes les vierges est seule la pleine de grâce, la seule belle, immaculée, , en d’autres mots: Marie Mère de Dieu. »

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[1] N.B. Anastase d’Antioche n’est pas Anastase du Sina? avec lequel il est souvent confondu.

- texte en version latine dans le Migne, PG 89,1309.1362,

- en version grecque dans S. N. Sakkos, Anastasiou a ‘Antiocheias spanta to sozomena gnesia erga, Thessaloniki 1976, pp. 17-78.

- Quelques passages sont traduits en italiens dans : Testi Mariani del Primo Millennio, vol II, Citta Nuova editrice, Roma 1989, p.71-79
 

L.Gambero