L’apôtre saint Jean à Ephèse (archéologie)

L’apôtre saint Jean à Ephèse (archéologie)

Les traces matérielles d'une vie spécifiquement chrétienne sont rares à l'époque de Jean, et il faut attendre essentiellement le IVème siècle pour trouver des bâtiments d'églises construits comme tels.

Cependant l'existence au premier siècle des sept villes nommées dans l'Apocalypse est attestée par d'importants vestiges archéologiques. Ephèse est la plus importante d'entre elles. Dans le livre de l'Apocalypse il est reproché à son église d'avoir littéralement "abandonné son premier amour" (Ap. 2, 4), c'est-à-dire d'avoir relâché où perdu sa ferveur religieuse initiale.

C'est à Ephèse que saint Jean résida avant et après son exil à Patmos, et c'est là qu'il décéda.

Une légende relate que le corps de l'apôtre fut enlevé dans des circonstances surnaturelles. Devenu très âgé, saint Jean pénétra dans une cave sous le regard de ses disciples, où une lumière intense l'entoura et fit disparaître son corps. La fosse réapparut aussitôt remplie de manne, et durant les siècles suivants sa sépulture produisit une poussière dotée de vertus curatives.

Les restes de l'ancienne ville d'Ephèse, déjà évoquée plus haut à propos de saint Paul, représentent aujourd'hui l'un des plus vastes champs de vestiges archéologiques d'Asie Mineure. Implantée dans le delta du fleuve Méandre, la cité aujourd'hui inhabitée eut une importance majeure dans l'Antiquité.

Au sommet de la colline d'Ayasuluk qui domine le nord-est de la ville et le temple d'Artémis, se dressent les pierres d'une basilique byzantine dédiée à saint Jean. Il s'agit d'un prestigieux complexe architectural, dont les murs constitués d'une élégante alternance de briques et de pierres blanches entourent la tombe traditionnelle de l'évangéliste.

Au milieu de ces ruines, la sépulture de saint Jean, où la tradition fait disparaître son corps dans un éblouissement de lumière, se présente aujourd'hui comme un simple dallage de marbre blanc aux angles duquel se dressent quatre élégantes colonnes. C'est ce qui subsiste d'un petit mausolée à plan carré qui recouvrait le caveau funéraire du saint.

D'après les textes anciens, cette tombe fait l'objet d'un culte depuis le IIème siècle. Elle fut ouverte une première fois à l'époque de Constantin, mais on la trouva vide de tout reste humain. Elle fut excavée à nouveau en 1928 par l'archéologue grec George Soteriou, qui mit au jour une crypte contenant quatre tombes vides disposées en croix. A défaut de reliques, il trouva des fragments de sarcophages et des pièces de monnaie frappées à l'effigie des empereurs Antonin (138-161) et Geta (211). La place centrale de la tombe, apparemment antérieure aux trois autres, est susceptible d'avoir été celle prévue pour Jean.

Curieusement, aucune église au monde ne revendique la possession de reliques du corps de l'apôtre Jean, absence qui peut être reliée à la légende de sa disparition mystique.

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http://bible.archeologie.free.fr/apocalypse.html - consulté le 05.11.2013