Campitello (20, Corse) : Notre-Dame de Campitello

L’oratoire honore des apparitions survenues entre 1899 et 1909

A l'origine, des chants d'une extraordinaire beauté, et une apparition de Marie.

A 40 km de Bastia, le 26 juin 1899, Madeleine Parsi, surnommée Lellena, et Perpétue Lorenzi, toutes deux âgées d’une quinzaine d’années, s’en vont, un peu avant midi, ramasser du bois aux abords du village.

Parvenues aux bords d’un torrent, elles sont soudain surprises par des chants d’une extraordinaire beauté et aperçoivent aussitôt, sur un rocher, une Dame lumineuse, vêtue d’une robe blanche et d’un manteau bleu : elle leur montre un chapelet.

Tombant à genoux, elles se mettent en prière, perdant aussitôt toute notion du temps qui s’écoule. Lorsque la « Dame » trace sur elles un grand signe de croix et disparaît en s’élevant dans le ciel, il est déjà huit heures du soir !

D’autres voyants se joignent aux deux premières et les apparitions se renouvellent à un rythme quasiment quotidien.

Un autre jour de juillet Madeleine aperçoit dans sa vision, une grande église noire de monde. Cette vision se renouvelle dans la nuit du 28 au 29 août 1899 et la « Dame» lui dit cette fois : « C’est ici que je veux être honorée sous tous mes titres. »

Les apparitions se produisent surtout le soir et donnent lieu à des processions dirigées par les voyants en extase qui affirment obéir aux indications données par la « Dame elle-même ».

Une source, et des signes...

Des signes suivent ces manifestations : une source jaillit au pied du rocher des apparitions, le 14 août 1899, là où l’on n’avait jamais remarqué la moindre trace d’humidité.

Des jeunes voyants en extase arrachent des ronces à mains nues sans se blesser ou déplacent d’énormes rochers pour dégager le passage des processions etc.

Un regain de ferveur et des conversions...

Les témoins en sont impressionnés : un regain de ferveur et de foi se manifeste, non seulement chez eux mais aussi parmi les pèlerins venus de toute la région, voire de plus loin encore. Des conversions se multiplient, des incroyants notoires venus pour se moquer, aperçoivent eux-mêmes la vision et repartent convaincus, des guérisons inexpliquées surviennent chez des malades a qui l’on a porté de l’eau de la source. Le message est simple et traditionnel : « Revenez à la foi, à sa pratique, priez beaucoup et faites pénitence ».

La voyante principale, Madeleine Parsi, quitte alors Campitello pour entrer comme postulante au Monastère des Bénédictines d’Erbalunga, près de Bastia.

La dernière apparition : pénitence ! prière !

Le 11 juin 1903 marque la dernière extase des voyants au lieu des apparitions. Seule Madeleine Parsi, renvoyée dans sa famille en 1906, en raison des lois antireligieuses du gouvernement de l’époque, est favorisée d’une ultime apparition, le 3 septembre 1909.

S’étant rendue, pour prier, au pied du rocher désormais vénéré, elle voit la Vierge sous les traits de la Pietà, comme autrefois l’avaient souvent vue ses compagnes, toute en pleurs.

Elle lui dit :

– « Je demande pénitences, pénitences, prières. »

Elle ajoute : – « On repousse mes avances. Depuis si longtemps que je demande une église ici, pourquoi ne me la fait-on pas ? »

Et elle disparaît. Ainsi prennent définitivement fin les événements de Campitello.

Ce que sont devenue les voyantes

Madeleine Parsi, redevenue religieuse en 1923, mourra le 27 juillet 1928, à l’Hôpital-Dieu de Lyon, en profonde réputation de sainteté. Son corps, ramené à Campitello, y sera inhumé sur une colline, face au rocher des apparitions.

Ursule Arrighi quitte Campitello en 1900 et fonde une famille dans la plus grande piété jusqu’à sa mort le 31 mai 1944, sans révéler jamais à aucun de ses enfants les faits extraordinaires de son enfance. Elle est enterrée aux côtés de son époux, Louis Benelli, au cimetière de Ventiseri.

La position de l’Eglise

L’enquête a été interrompue par la première guerre mondiale

Les événements de Campitello n’ont fait, jusqu’à ce jour, l’objet d’aucun jugement de la part de l’ordinaire du diocèse d’Ajaccio, ni positif ni négatif.

- Le curé du village, l’abbé Jean-Félix Albertini, a rédigé au jour le jour un compte-rendu des faits dont il est le témoin. Ses récits seront publiés, entre 1909 et 1913, dans la Revue Mariale du Diocèse de Lyon.

- Le Chanoine Sébastien Ricci, Doyen de Borgo, est officieusement mandaté par l’évêché d’Ajaccio pour enquêter sur les apparitions. Il se rend donc à Campitello dès janvier 1900 et note ses observations. Il compose un mémoire dont de larges extraits seront également publiés dans la même Revue Mariale entre 1906 et 1907.

- Un dossier complet sur les faits est conservé aux archives diocésaines.

Le pèlerinage actuel

Après une longue période de silence et d’oubli, de nombreuses personnes semblent s’intéresser aujourd’hui à ces faits où se perpétuent de fréquents pèlerinages privés et discrets sur les lieux des apparitions.

Un modeste oratoire avec une statue de la Vierge, et un Calvaire ont été dressés sur place. Ainsi se perpétue la mémoire de l’événement centenaire. Les pèlerins continuent à s’abreuver à la source d’eau vive.

PRIERE A NOTRE-DAME de CAMPITELLO

 

Ô NOTRE-DAME de CAMPITELLO,

Mère Immaculée du Dieu fait homme,

modèle de Foi, d’Espérance et de Charité,

nous vous supplions de jeter vers nous

votre regard plein de bonté et de miséricorde.

Accordez-nous d’aimer Jésus votre Enfant,

de le servir et de l’adorer, spécialement

dans le Mystère de son Eucharistie.

Donnez-nous de nous unir, comme vous,

à ses souffrances sur le bois de la Croix,

pour parvenir, avec lui,

au triomphe de sa Résurrection.

Nous vous confions tous ceux

qui nous sont chers,

nos malades et nos jeunes.

Gardez-les tous

sous votre maternelle protection.

Exaucez nos prières,

Mère compatissante et si bonne

et daignez nous conduire

sur le chemin de la paix.

Amen

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Source : P. Michel MAGDELEINE, article « CAMPITELLO », dans : René LAURENTIN et Patrick SBALCHIERO, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge. Inventaire des origines à nos jours. Méthodologie, prosopopée, approche interdisciplinaire, Fayard, Paris 2007.

 

 

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