Montautour (35) : Notre-Dame du Roc

L'église Notre-Dame du Roc

Célèbre par son pèlerinage et par les faveurs spirituelles extraordinaires dont elle jouissait au moyen-âge, l'église de Montautour est dédiée à la Vierge fêtée à la Visitation. Elle occupe une position très pittoresque au sommet d'un rocher dans lequel elle est littéralement enclavée, ce qui lui a valu le nom de Notre-Dame du Roc.

L'ancien édifice se composait d'une nef séparée du choeur par un arc triomphal et accostée d'une seule chapelle au Sud. En 1836 on reconstruisit le chanceau et l'on ajouta une chapelle au Nord. Mgr de Lesquen vint en 1837 bénir l'église ainsi restaurée et agrandie.

En 1858 on ajouta au bas de la nef la tour qui existe encore ; carrée à sa base, elle devient ensuite octogone et se termine par une galerie et un dôme que surmonte la statue de la Vierge. Mais, en 1867, une partie de la nef s'étant écroulée, on résolut de reconstruire l'église tout entière ; on adopta pour cela un plan de style roman moderne, conforme à celui de la tour, et en 1872 l'édifice se trouva achevé.

C'est une simple croix avec chevet droit ajouré de trois baies. Les transepts ont des fenêtres géminées et la nef a trois travées. Le tout est voûté en arête. L'autel de Notre-Dame, enrichi de nombreux ex-voto, témoigne de la dévotion des pèlerins et des grâces qu'ils y obtiennent.

Origine

Le don du prêtre Raoul

Vers l'an 1040, la cure de Montautour appartenait à un prêtre appelé Raoul, qui l'avait reçue comme un bien de famille, mais qui n'en était pas moins un personnage vénérable et d'une grande piété. Ce prêtre, aspirant à la perfection, voulut se faire moine, et dans ce dessein il alla trouver l'évêque de Rennes, appelé Main, et le pria de lui indiquer à qui il devait laisser son patrimoine.

Main l'envoya alors à l'église de Saint-Sauveur de Redon, lui prescrivant de donner tous ses bien d'origine ecclésiastique à ce Sauveur même duquel tout homme attend son salut (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 243).

Raoul se rendit, en conséquence, à Redon, et il donna à cette abbaye l'église, la cure et la paroisse de Montautour avec tous ses biens, terres, revenus et droits de toute sorte, « ecclesiam Sancte Marie de Montaltor cum omni parrochia sua, cum terris, silvis, pascuis aquarumque decursibus ». Et pour qu'aucun de ses parents et héritiers présomptifs ne pût se prétendre lésé par cette donation ni en contester sous ce prétexte la validité, Raoul leur donna immédiatement tous ses autres biens, puis il se fit moine au monastère de Redon (Cartulaire de l'Abbaye de Redon, 243).

Confirmation de la donation

Peu de temps après, en 1047 ou 1049, eut lieu à Rennes le couronnement solennel du jeune duc de Bretagne Conan II ; à la fin de cette cérémonie, l'évêque Main fit un beau discours qu'il termina ainsi : « Nous venons d'honorer notre prince terrestre ; maintenant honorons notre prince céleste, en priant le prince terrestre de daigner, avec ses barons ici présents, confirmer le don naguère fait sur mon conseil, et par un de mes prêtres, à Notre Sauveur Jésus-Christ et à son église de Redon ». Il s'agissait précisément de la donation de l'église de Montautour, qui fut confirmée aussitôt par le duc Conan, par Goscelin, vicomte de Rennes, Robert, baron de Vitré, Goranton et Hervé, son fils, tous deux parents de Robert. Cette confirmation fut faite en présence et de l'assentiment de plusieurs autres seigneurs du pays.

La terre de Montautour donnée par Raoul fut reconnue par le duc et ses barons libre de toute redevance sauf envers l'église de Redon, excepté toutefois 5 sols de rente dus à Goranton et payables à la Nativité de la Vierge, pour son droit de garde, et 8 deniers dus à l'évêque de Rennes au synode de la Pentecôte. Elle fut aussi érigée en fief avec juridiction seigneuriale, et les habitants furent déclarés ne relevant plus que des moines.

Arnoul, archidiacre de Rennes, et tout le Chapitre de cette ville se joignirent au duc de Bretagne pour approuver ces actes, et l'évêque Main fulmina solennellement la peine de l'excommunication contre quiconque prétendrait porter atteinte à la précédente donation (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 244).

Transfert du privilège de se substituer au pèlerinage de Rome

Le vénérable Pérennès, abbé de Redon, était aussi présent ; et comme il se réjouissait de l'heureuse issue de cette affaire, il vit venir à lui l'évêque de Rennes, le baron de Vitré et plusieurs autres seigneurs du même pays, qui tous ensemble lui présentèrent une requête.

L'église abbatiale de Redon jouissait alors, par concession du Souverain-Pontife, d'un privilège singulier, établi pour le plus grand avantage spirituel des fidèles qui résidaient entre la Loire et la Manche : c'est que tous les habitants de cette partie de la France, qui, ayant fait voeu d'aller à Rome, s'en trouvaient empêchés par une cause légitime, pouvaient accomplir leur voeu en se rendant, trois fois dans la même année, en pèlerinage à Saint-Sauveur de Redon.

A la demande de l'évêque et des seigneurs, Pérennès communiqua ce précieux privilège à l'église de Montautour, et c'est là sans aucun doute l'origine du pieux pèlerinage, encore à la fin du XIXème siècle fort en vigueur, de Notre-Dame de Montautour, autrement dite Notre-Dame-du-Roc.

Informations pratiques

La commune de Montautour fait partie du canton de Vitré. Montautour dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).

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Sources : Montautour et Info Bretagne

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