Pellevoisin (36) : Notre-Dame de Miséricorde

Pellevoisin est un petit village de l'Indre situé à 80km de Tours, 35km de Châteauroux et 12km de Buzançais.

Premières apparitions et guérison d’Estelle [1]

Le 15 février 1876, vers minuit, Estelle Faguette, née le 12 septembre 1843 à Saint-Memmie, près de Châlons-sur-Marne, fille d’un entrepreneur ruiné, souffrante et alitée, « voit la Vierge » à son domicile, puis à quatorze reprises jusqu’au 8 décembre 1876. Comme pour signifier le combat spirituel, la première apparition de la Vierge fut précédée, quelques courts instant d’une apparition du diable. Estelle raconte :

« Elle se retourna vers moi et me dit doucement : “Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille. Courage, prends patience, mon Fils va se laisser toucher. Tu souffriras encore cinq jours, en l’honneur des cinq plaies de mon Fils. Samedi, tu seras morte ou guérie” ».

Dans la nuit du 18 au 19 février (cinquième apparition), Estelle est guérie de lésions pulmonaires d’origine tuberculeuse.

Apparitions suivantes, dévotion du scapulaire [1]

Le 9 septembre suivant (neuvième apparition), Notre Dame soulève la pièce de laine sur sa poitrine où Estelle aperçoit un « cœur rouge ». La Vierge lui dit : « J’aime cette dévotion. »

Les messages se succèdent.

Ils insistent sur les difficultés morales de la France, l’urgence de la conversion et la prière.

« La France souffrira [...], je ne peux plus retenir mon Fils » (onzième apparition, 15 septembre 1876).

Le 8 décembre 1876 (quinzième et dernière apparition), la Vierge tient son scapulaire entre ses mains et annonce :

« Je serai invisiblement près de toi [...]. Je t’ai choisie pour publier ma gloire et répandre cette dévotion. Tu iras toi-même trouver le prélat, et tu lui présenteras le modèle [de scapulaire] que tu as fait. Rien ne me serait plus agréable que de voir cette livrée sur chacun de mes enfants, et qu’ils s’appliqueront tous à réparer les outrages que mon Fils reçoit dans le sacrement de son Amour. »

Reconnaissance dans l’Eglise [1]

Le 10 mai 1876, Mgr de La Tour d’Auvergne, archevêque de Bourges écrit :

« Je ne vois aucune difficulté en ce qui me concerne, à ce que vous fassiez placer au-dessus de la statue de Notre-Dame du Sacré-Cœur les paroles qui ont été dites dans une des apparitions : “Je suis toute miséricordieuse.” [...] Je ne vois également aucun inconvénient à ce que la chambre où Estelle a reçu l’annonce de sa guérison soit transformée en un petit oratoire privé. […]. »

Au printemps 1877, Pie IX (1846- 1878) approuve le projet d’une confrérie en l’honneur de Notre Dame de Pellevoisin. Le 28 juillet 1877, Mgr de La Tour d’Auvergne l’institue. 

Le 4 avril 1900, la congrégation des rites publie un décret approuvant le scapulaire de Pellevoisin.

Les apparitions en tant que telles n’ont encore jamais été reconnues.

En 1983, Mgr Paul Vignancour, archevêque de Bourges, a reconnu le caractère miraculeux de la guérison d’Estelle, suite à une enquête médicale et théologique. En 1992, l’animation du sanctuaire est confiée à un centre de pèlerinages, pris en main par les Frères de Saint-Jean depuis le 1er juillet 1998.

Vie du centre de pèlerinage « Marie, mère de miséricorde »

Les frères et sœurs de saint Jean organisent des temps pour les familles, les ados, les enfants : sessions, festival, pèlerinages.

Pour mieux accueillir ceux qui viennent de plus en plus nombreux, ils ont des projets de construction.

Informations sur le site officiel du sanctuaire


[1] Cf. Patrick SBALCHIERO, « PELLEVOISIN », dans : René LAURENTIN et Patrick SBALCHIERO, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge. Inventaire des origines à nos jours. Méthodologie, prosopopée, approche interdisciplinaire, Fayard, Paris 2007.