Marie et le plan de Dieu (Jean Paul II)

Marie dans le dessein éternel de Dieu, selon Jean Paul II

« Béni soit le Dieu et Père
de notre Seigneur Jésus Christ,
qui nous a bénis
par toutes sortes de bénédictions spirituelles,
aux cieux, dans le Christ. »

(Ep 1, 3)

Ces paroles de la Lettre aux Ephésiens révèlent le dessein éternel de Dieu le Père, son plan pour le salut de l'homme dans le Christ.

C'est un plan universel qui concerne tous les hommes créés à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26).

Tous, de même qu'ils sont inclus «au commencement» dans l'œuvre créatrice de Dieu, sont aussi inclus éternellement dans le plan divin du salut qui doit se révéler totalement à la «plénitude du temps» avec la venue du Christ.

En effet -et ce sont les paroles qui suivent dans la même Lettre- ce Dieu, qui est «Père de notre Seigneur Jésus Christ»,

«nous a élus en lui dès avant la fondation du monde,
pour être saints et immaculés
en sa présence, dans l'amour,
déterminant d'avance que nous serions pour Lui
des fils adoptifs par Jésus Christ.
Tel fut le bon plaisir de sa volonté,
à la louange de gloire de sa grâce,
dont Il nous a gratifiés dans le Bien-aimé.
En lui nous trouvons la rédemption par son sang,
la rémission des fautes,
selon la richesse de sa grâce»

(Ep 1, 4-7)

Un plan éternellement lié au Christ et à sa mère

Le plan divin du salut, qui nous a été pleinement révélé par la venue du Christ, est éternel. Il est aussi -suivant l'enseignement de cette Lettre et d'autres Lettres de saint Paul (cf. Col 1, 12-14; Rm 3, 24; Gal 3, 13; 2 Co 5, 18-29) - éternellement lié au Christ. Il inclut toute l'humanité, mais réserve une place unique à la «femme» qui est la Mère de celui auquel le Père a confié l'œuvre du salut.

Comme l'écrit le Concile Vatican II, «elle se trouve prophétiquement esquissée dans la promesse faite à nos premiers parents tombés dans le péché», selon le Livre de la Genèse (3, 15); «de même, c'est elle, la Vierge, qui concevra et enfantera un fils auquel sera donné le nom d'Emmanuel», selon les paroles d'Isaïe (cf. 7, 14). Ainsi l'Ancien Testament prépare la «plénitude du temps» où Dieu «envoya son Fils, né d'une femme ... pour faire de nous des fils adoptifs» (Ga 4,4)

La venue au monde du Fils de Dieu est l'événement rapporté dans les premiers chapitres des selon saint Luc et selon saint Matthieu. (…) Lorsque nous lisons que le messager dit à Marie qu'elle est «comblée de grâce» (Lc 1,28), le contexte de l'Evangile, où convergent les révélations et les promesses anciennes, nous laisse entendre qu'il s'agit là d'une bénédiction unique entre toutes les «bénédictions spirituelles dans le Christ». (...)

Dans le mystère du Christ, elle est présente dès «avant la fondation du monde» (Ep 1,4), elle est celle que le Père «a choisie» comme Mère de son Fils dans l'Incarnation- et, en même temps que le Père, le Fils l'a choisie, la confiant de toute éternité à l'Esprit de sainteté.

Marie est unie au Christ d'une manière tout à fait particulière et exceptionnelle, et de même, elle est aimée en ce Fils bien-aimé de toute éternité, en ce Fils consubstantiel au Père en qui est concentrée toute «la gloire de la grâce».

En même temps, elle est et demeure parfaitement ouverte à ce «don d'en haut» (cf. Jc 1, 17). Comme l'enseigne le Concile, Marie «occupe la première place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui espèrent et reçoivent le salut de lui avec confiance».


Sa sainteté le pape Jean-Paul II

(Lettre encyclique Redemptoris Mater, la Mère du Rédempteur, n°7-8

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 25 mars 1987,

solennité de l'Annonciation du Seigneur)