Jésus, charpentier

Jésus, charpentier

Puisque c’est l’homme qui confère la dignité au travail (Cf. Jean Paul II, Laborem exercens 6), il faut remonter à Jésus pour comprendre comment lui, le Rédempteur de l’homme, a voulu assumer la dimension humaine du travail, selon le principe :

« Les saints Pères proclament sans cesse que n’est pas guéri ce qui n’a pas été assumé par le Christ » [1]

(Vatican II, Ad Gentes 3)

Il a travaillé "avec des mains d’homme" :

Le Concile Vatican II, pour montrer que le Fils de Dieu par l’Incarnation s’est uni d’une certaine manière à chaque homme, souligne qu’il a travaillé "avec des mains d’homme" (Vatican II, Gaudium et spes, n. 22), et "a voulu pratiquer le travail manuel" (Vatican II, Lumen Gentium, 41 [2]).

Parmi les titres de Jésus, celui de "fils du charpentier" (Mt 13, 55) ne doit pas être considéré comme inférieur aux autres titres, ni comme un synonyme d’humilité.

Ce titre "fils du charpentier" est une spécification du titre de Rédempteur :

« Le travail humain, en particulier le travail manuel, prend un accent spécial dans l’Évangile. Il est entré dans le mystère de l’Incarnation en même temps que l’humanité du Fils de Dieu, de même aussi qu’il a été racheté d’une manière particulière. Grâce à son atelier où il exerçait son métier en même temps que Jésus, Joseph rendit le travail humain proche du mystère de la Rédemption. »

(Jean Paul II, Redemptoris Custos, 22)


[1] St Athanase, Epit. ad Epictetum 7: PG 26, 1060. St Cyrille Hieros, Catéch. 4,9 ; PG 33, 465. Marius Victorinus, adv. Arium 3,3: PL 8, 1101. St Basile, Epist. 261, 2: PG 32, 969. St Grégoire de Naz. Epist. 101: PG 37, 181. St Grégoire de N.Antirrheticus, adv. Apolin 17: PG 45, 1156. St Ambroise, Epist. 48, 5: PL 16, 1153. St Augustin, in Jn Evang. tr. XXIII 6: PL 35, 1585; CChr 36, 236. En outre, c’est cet argument qui lui sert à démontrer que le Saint Esprit ne nous a pas rachetés puisqu’il ne s’est pas incarné : De agone Christ. 22, 24: PL 40, 302. St Cyrille d’Alex. adv. Nestor I, 1: pg 76, 20. sT Fulgence, epis. 17, 3,5 : pl 65, 454. Id. Ad Trasimumdum III, 21: PL 65, 284: de tristitia et timore. (Ad Gentes 3)

[2] « Quant à ceux qui se livrent à des travaux souvent pénibles, leur activité d’homme doit les enrichir personnellement, leur permettre d’aider leurs concitoyens et de contribuer à élever le niveau de la société tout entière et de la création, d’imiter enfin, par une charité active, le Christ qui a voulu pratiquer le travail manuel et qui, avec son Père, ne cesse d’agir pour le salut de tous ; qu’ils soient en cela dans une joyeuse espérance, s’aidant mutuellement à porter leurs fardeaux, montant par leur travail quotidien à une sainteté toujours plus haute, sainteté qui sera aussi apostolique.

Qu’ils se sachent eux aussi unis tout spécialement au Christ souffrant pour le salut du monde, ceux sur qui pèsent la pauvreté, l’infirmité, la maladie, les épreuves diverses, ou qui souffrent persécution pour la justice: le Seigneur dans l’Evangile les a déclarés bienheureux et "le Dieu de toute grâce qui nous a appelés dans le Christ à sa gloire éternelle, après une courte épreuve les rétablira lui-même, les affermira et les rendra inébranlables" ( 1P 5,10 ).

Ainsi donc tous ceux qui croient au Christ iront en se sanctifiant toujours plus dans les conditions, les charges et les circonstances qui sont celles de leur vie et grâce à elles, si cependant ils reçoivent avec foi toutes choses de la main du Père céleste et coopèrent à l’accomplissement de la volonté de Dieu, en faisant paraître aux yeux de tous, dans leur service temporel lui-même, la charité avec laquelle Dieu a aimé le monde. »

(Vatican II, Lumen Gentium 41)


T. Stramare

San Giuseppe nel mistero di Dio,

Piemme 1992, p. 205-206