Marie et la béatitude des affligés

« Heureux les affligés, car ils seront consolés »

(Mt 5,5)

Jésus apporte le temps du bonheur

Jésus entend dire que l'heure est arrivée, aussi pour les affligés, d'être consolé par le Seigneur de toute consolation.

Le temps est arrivé - celui du royaume de Dieu annoncé par Jésus - où « qui sème dans les larmes moissonnera dans la joie » (Ps 126,5) c'est-à-dire le temps de la consolation des affligés. Jésus est la source de toute consolation:

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et opprimés et je vous consolerai »

(Mt 11,28)

Les affligés de l'Evangile sont ceux qui désirent autre chose que ce que le monde propose

Les affligés des béatitudes sont en effet, ces « disciples agréables à Dieu, car leur affliction est le signe de leur rupture avec les valeurs mondaines et de la confirmation de l'espérance qui oriente toutes leurs aspirations vers le monde futur. » (1)

Dans ce contexte donc, l'affliction est une béatitude véritable, parce qu'elle indique l'état du fidèle, ami de Jésus et ennemi du monde.

Jésus exhorte les chrétiens à persévérer dans la fidélité à l'Évangile, en renonçant aux fausses joies du monde, et en révélant la béatitude des affligés.

Jésus offre une mère compatissante et fidèle...

Jésus cependant connaît la difficulté de se maintenir serein et constant dans l'attente joyeuse de la manifestation du Seigneur (cf. 2Tm 4,8) et il offre à l'Église une mère, qui puisse être un guide et un réconfort pour ses fils en pèlerinage sur la terre.

Sur le Calvaire, à Marie, qui à côté de la croix le réconforte de sa présence et de son affection de mère, il confie ses frères: "Femme, voilà ton fils" (Jn 19,26).

Marie reçoit donc le devoir maternel de la compassion non seulement envers Jésus, mais aussi et surtout envers les frères de Jésus, qui, pour se maintenir fidèles à la bonne nouvelle du Seigneur, souffrent persécutions et afflictions.

Aussi, comme Jésus, ils ont besoin d'une mère à côté de leur croix : une mère, qui apprécie leur sacrifice, qui les suive sur leur chemin quotidien fatigant, qui essuie les larmes de leur passion.

...une mère qui a expérimenté l'affliction

Ce devoir, Marie l'accomplit avec d’autant plus de sollicitude qu’elle aussi a expérimenté l'affliction et la consolation donnée par Jésus.

Marie est la mère qui a connu l'humiliation de devoir accoucher loin de la tiédeur de sa propre maison ; de devoir émigrer à l'étranger pour sauver la vie à son enfant Jésus ; de devoir assister à l'humiliation de la passion et du meurtre injuste de son Fils innocent.

Les fidèles savent tout ceci et ils contemplent la Bienheureuse Vierge comme la femme forte qui peut les soutenir dans les fatigues de la vie.

Prière

Seigneur, donne-moi le cœur accueillant et généreux de Marie, la mère toujours disposée à écouter ses fils et ses filles, à les comprendre et à les consoler.

Les autres sont comme moi. Ils ne veulent pas toujours avoir raison, mais ils veulent toujours être accueillis, écoutés et consolés.

 Je sens dans mon cœur le désir enthousiaste d'accueillir tout le monde, même si je ne réussis pas souvent à accueillir et à consoler mon frère.

 Mère de la Consolation, consolatrice de tous les affligés, intercèdes pour nous.


(1) G. Helewa, Beatitudini evangeliche, in E. Ancilli (a cura), Dizionario enciclopedico di spiritualità, Città Nuova, Roma 1900, vol. 1, p. 316.

Mgr Angelo Amato

Gli afflitti, consolati dal Signore di ogni consolazione, 

in Santa Maria “Regina Martyrum”

Quaderno di spiritualità dell’ordine dei Frati servi di Maria Provincia di Piemonte e Romagna, 

Anno IV – N°3 (12) – 2001, p. 4-9