Marie est active, énergique, devancière

Marie est active, énergique, devancière

Une femme active :

« C'est à cause de la parfaite harmonie entre la grâce divine et l'activité de sa nature humaine que la Vierge rendit souverainement gloire à la Très Trinité et qu'elle est devenue l'honneur insigne de l'Église, laquelle la salue ainsi dans la liturgie : Tu es la gloire de Jérusalem, tu es la joie d'Israël, tu es l'honneur de notre peuple[1] ».

(Paul VI, Exhortation apostolique Signum Magnum § 4)

Une femme énergique :

« Elle donna son consentement à une œuvre qui devait mobiliser toutes les énergies de sa fragile nature, en déclarant: Je suis la servante du Seigneur; qu'il m'advienne selon ta parole (Lc 1, 38). »

(Paul VI, Exhortation apostolique Signum Magnum § 5)

Une femme qui attire et appelle le mystère du salut :

« Dans l'Evangile de saint Jean, la "Mère de Jésus" est intentionnellement située en rapport avec les autres femmes : la Samaritaine, les sœurs de Lazare, Marie Madeleine.

Loin d'avoir une part purement passive et réceptrice, la femme, selon saint Jean, est devancière du mystère ; elle l'appelle, l'attire, le précède, l'introduit par grâce. D'une certaine manière, elle l'engendre (Jn 16, 21 ; Jn 19, 25-27).

Ainsi, la Samaritaine porte l'annonce salvifique à tout son village (Jn 4, 39).

Les sœurs de Lazare invoquent la guérison et la résurrection de leur frère : l'unique résurrection racontée par l'évangile de Jean, et qui est le prototype de la résurrection du Christ lui-même (Jn 11, 4.21-29).

Marie anticipe la mort et la sépulture de Jésus par l'onction à Béthanie (Jn 12, 7).

Madeleine annonce aux disciples incrédules la résurrection, semant en eux la Bonne Nouvelle de la foi.

De même, la mère de Jésus introduit le premier miracle de Jésus, celui qui fonde la foi des disciples (Jn 2, 12). Ainsi, sur le calvaire, elle est le type de l'Eglise, selon un mystère de maternité (Jn 19, 25-27, cf. 16, 21), lié au don de l'Esprit Saint (Jn 19, 30). »[2]

1ère Conséquence : l'humanisme chrétien

L'humanisme chrétien part du Christ, qui révèle homme à l'homme.

L'humanisme chrétien part aussi de Marie, qui est un être uniquement humain. Quand nous pensons à Marie, il ne faut pas seulement penser à sa maternité virginale, mais à son engagement dans l'œuvre salvifique de Dieu : sa maternité virginale n'est qu'une forme particulière, éminente et propre à Marie, de l'engagement dans l'œuvre salvifique de Dieu dont elle est le modèle inspirateur pour tout homme[3].

2ème Conséquence : la dignité de la femme

A l'intérieur de l'humanisme chrétien, le cas particulier des femmes est lui aussi éclairé par la vision de Marie active, énergique et devancière.

Déjà Paul VI disait en 1967 aux femmes africaines (et à travers elles à toutes les femmes) : « A la femme africaine, aujourd'hui, on demande de prendre toujours prendre conscience de sa dignité de personne, de sa mission de mère, de ses droits de participations à la vie sociale et au progrès de l'Afrique nouvelle [...] L'Eglise invite les femmes d'Afrique, comme elle invite les femmes de partout et de tous les temps, à se regarder dans la Mère de Dieu, Marie, dont la vie, comme disait saint Ambroise, fut telle qu'elle peut être une modèle pour tous. »[4]

Jean Paul II développa encore bien davantage ce thème dans la lettre apostolique « Mulieribus dignitatem » (sur la dignité de la femme).


[1] 2° antienne de Laudes en la fête de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie.

[2] René LAURENTIN, Court traité sur la Vierge Marie, 1968, p. 153-154

[3] Cf. Catharina HALKES, Maria, Ieri oggi domani, Queriniana, Brescia 1995, p. 84

[4] PAUL VI, Message Africae Terrarum, 1967, § 36.

Synthèse F. Breynaert