La bonté de Marie

La bonté de Marie

Dieu est bon

« Il est bon le Seigneur, éternel est son amour, et d'âge en âge, sa vérité. » (Ps 100, 5).

Marie, mère de Dieu, est imprégnée de la bonté de Dieu :

« Le vin venant à manquer la mère de Jésus lui dit: "ils n'ont plus de vin". Elle prit ainsi en pitié la confusion des gens, parce qu'elle était miséricordieuse, parce qu'elle était toute bienveillante. D'une fontaine de tendresse, que pourrait-il couler sinon de la tendresse ?

Est-il étonnant, veux-je dire, que les entrailles de bonté produisent la bonté? Si quelqu'un conservait un fruit dans sa main toute une demi-journée, ne garderait-il pas le parfum du fruit tout le reste du jour ? A quelle profondeur la Bonté n'a-t-elle donc pas imprégné de sa vertu le sein de la Vierge où elle a reposé durant neuf mois ?

Nous le savons, cette Bonté a rempli son cœur avant ses entrailles, et quand elle sortit de son sein, elle ne quitta pas son âme. »[1]

Cette bonté l'habite jusque sur le chemin du calvaire :

« Et les yeux lui piquaient. Et ça lui battait dans les tempes. A force d'avoir pleuré. Et d'avoir encore envie de pleurer.

Elle pleurait. Elle fondait. Son cœur se fondait. Son corps se fondait.

Elle fondait de bonté.

De charité. »[2]

Sa bonté regarde aussi les pécheurs qui prennent le chemin de l'enfer :

Le 13 juillet 1917, à Fatima, les trois jeunes bergers ont vu l'enfer, et ils racontent : « effrayés, comme pour demander secours, nous avons les yeux vers Notre-Dame qui nous dit avec bonté et tristesse : Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon cœur immaculé... Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d'âmes seront sauvées... »[3]

La bonté de Marie nous pousse au bien :

« L'affabilité de Marie serait peu de chose si elle n'était pas accompagnée de la bonté du cœur qui est un autre fruit de l'Esprit Saint par lequel l'âme est disposée et comme transformée par le désir de faire du bien aux autres. Et c'est justement ce besoin du Cœur de Marie qui nous frappe plus, quand nous nous tournons vers Elle, nous sommes sûrs de frapper à la porte d'un cœur empressé pour notre bien. »[4]

Et c'est pourquoi saint Thomas d'Aquin prie en ces termes :

O bienheureuse et très douce Vierge Marie,

Mère de Dieu, pleine de toute bonté,

Fille du Roi des rois,

Souveraine des Anges,

Mère du Créateur de l'univers, je jette dans le sein de votre bonté,

aujourd'hui et tous les jours de ma vie,

mon corps et mon âme,

toutes mes actions, mes pensées,

mes volontés, mes désirs, mes paroles, mes œuvres,

ma vie tout entière et ma mort, afin que, par vos suffrages,

tout cela tende au bien,

selon la volonté de votre cher Fils,

notre Seigneur Jésus-Christ,

afin que je vous aie, ô ma très Souveraine,

pour alliée et pour consolatrice,

contre les embûches et les pièges

de l'antique adversaire et de tous mes ennemis. [5]


[1] St Bernard, Aux noces de Cana. Sermon 1 : Bon coeur de Marie. Dans : Ecrits sur la Vierge Marie, Mediaspaul, Paris 1995, p. 120-121

[2] Charles Péguy, Le mystère de la charité de Jeanne d'Arc, Gallimard, Paris 1943, p.126-153

[3] 4° mémoire de sr Lucie : Mémoires de sœur Lucie, Vice-Postulaç?o dos videntes, Fatima 1991, p. 168-172

[4] Père Gabriel Roschini, Dizionario di mariologia, editrice studium - Roma 1961, p. 178-179

[5] http://missel.free.fr/Sanctoral/01/28bis.php


Synthèse F. Breynaert