Jérusalem: Le tombeau de Marie et son Assomption


 

La correspondance entre les fouilles archéologiques et les textes anciens apocryphes indiquent qu'il y a bien eu à Gethsémani un culte judéo-chrétien lié à la fin de la vie terrestre de Marie, et ceci avant le concile de Nicée (381). Le "Tombeau de la Vierge" est situé à Gethsémani, sur le Mont des Oliviers. Le mausolée de la Vierge peut être vu dans une crypte assez profonde.

 

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La mort de la Vierge Marie

L’histoire du christianisme se présente entrelacée d’évènements mystérieux, transcendants, mais qui sont réellement arrivés. Ils sont connus par des documents littéraires et confirmés par l’archéologie[1].

Le Nouveau Testament ne dit rien de la mort de Marie. C’est le Transitus Mariae, un ouvrage anonyme apocryphe datant des premiers siècles après J.C., qui mentionne son enterrement dans une grotte de la vallée de Josaphat, à proximité de Jérusalem[2].

Les textes apocryphes et la tradition de la mort de la Vierge Marie

Les sources les plus anciennes relatant l’Assomption de Marie sont les apocryphes. Pour simplifier, ces évangiles apocryphes affirment que Marie, la Mère de Jésus, est morte à Jérusalem, près du Cénacle, dans le lieu où se trouve l’actuelle Abbaye bénédictine de la Dormition. Les Apôtres portèrent alors Marie près de Gethsémani et la déposèrent dans un sépulcre. Ils rapportent que trois jours après, les Anges la transportèrent au ciel.[3]

Les découvertes conjointes de l’archéologie

À partir des textes anciens, le père Michel Piccirillo, archéologue, élabore les conclusions suivantes : la tombe de Marie, près de la grotte de Gethsémani, se trouve dans un ensemble complexe de sépultures en trois grottes ; le corps de la Mère de Jésus fut enterré dans la chambre qui se trouve la plus à l’intérieur, sur un banc creusé dans la partie Est. Or, le père Bellarmino Bagatti a fait enlever la dalle de marbre qui recouvrait ce banc. Il est donc encore possible actuellement de voir le lit funèbre, jadis creusé par les pèlerins qui en prélevaient des reliques.

Historique du sanctuaire

L’existence d’une église est attestée par des auteurs de la fin du VIè siècle. L’église fut probablement détruite par les Perses en 614, et reconstruite par la suite, puisqu’elle est décrite par Arculfe, évêque franc et premier Chrétien d’Europe occidentale à voyager en Terre Sainte après la montée de l'islam, qui passa neuf mois à Jérusalem en 670. Les Croisés trouvèrent les ruines laissées par le calife Al-Hakim en 1009. En 1130, les Bénédictins reconstruisirent une double église, à l’emplacement probable de l’église byzantine.

En 1187, Saladin détruit partiellement l’église. Celle-ci fut de nouveau restaurée par les Franciscains au 14° siècle, puis reconstruite par l’Église grecque orthodoxe en 1757. La façade et l’escalier monumental datent du début du 12e siècle. On voit aussi la tombe de la Reine Mélisende, morte en 1161, et la niche où sont enterrés d’autres membres de la famille de Baudouin II. Le sol était recouvert d’une mosaïque dont il ne subsiste que quelques vestiges[4].

La représentation de la Dormition-Assomption in situ

Une galerie de tableaux rappelle les principaux moments de la vie de Marie, une vie tout entière vécue dans la sainteté: sa sainteté et sa très grande dignité de Mère de Dieu (cf. l’Icône de la Theotokos devant le tombeau de Marie) lui ont valu de monter au ciel sans connaître la corruption du tombeau.

Ce mystère de l’Assomption est plusieurs fois représenté dans le sanctuaire : une icône orientale représente la Dormition et un tableau occidental représente le moment de l’Assomption.

En outre, une galerie d’icônes de saints situe l’Assomption dans le mystère de l’Église, et de toute l’humanité». La constitution dogmatique sur l'Église,  Lumen gentium (‘Lumière des nations’) du concile Vatican II nous dit en effet que

 « Parmi ceux qui sont morts et qui sont au ciel, la Mère de Jésus est déjà glorifiée corps et âme, [elle] représente et inaugure l'Église en son achèvement dans le siècle futur. (…) Pour nous qui sommes sur la terre, elle brille déjà comme un signe d'espérance assurée et de consolation. » [5]


 

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Pour en savoir plus

 

Sur l’église de l’Assomption (Hagia Sion ou abbaye de la Dormition) de Jérusalem, dans l’Encyclopédie mariale

Sur la Jérusalem médiévale, en ligne

Sur la Constitution dogmatique sur l'Église,  Lumen gentium (Vatican II), dans l’Encyclopédie mariale 

Sur le Transitus Mariae, dans l’Encyclopédie mariale 

Sur l’Assomption-Dormition dans les liturgies du monde, dans l’Encyclopédie mariale

 

Françoise Breynaert et équipe de MDN