Le dogme de l'Assomption, acte de louange (J. Ratzinger)


 

Dans son ouvrage La fille de Sion, publié en 2002, le cardinal Joseph Ratzinger (futur Benoît XVI) explique que l’Assomption de Marie est le degré le plus haut de canonisation, en lien à la fois avec le baptême et la résurrection, et un acte de louange.

 

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Le dogme de l'Assomption « Le degré le plus élevé de canonisation » (J. Ratzinger)

Le dogme de l'Assomption est promulgué en l'honneur du Fils, pour la glorification de sa mère et la joie de toute l'Église. Ce dogme voudrait être un acte de vénération, la plus haute forme de la louange mariale, de la bénédiction. On pourrait dire que le dogme de l'Assomption est le degré le plus élevé de la canonisation.

Alors nous pouvons et devons du même coup nous souvenir que l'Évangile lui-même prophétise et exige la vénération de Marie :

« Oui, désormais, toutes les générations me proclameront bienheureuse» (Lc 1,48).

C'est un commandement adressé à l'Église dont la mise par écrit par Luc suppose que la louange de Marie existait déjà dans l'Église de son temps et que lui-même en fait un commandement de l'Église pour toutes les générations.

On  voit un tel éloge de Marie poindre dans la salutation d'Élisabeth :

« Bienheureuse celle qui a cru ... » (Lc 1,45).

Un éloge en lien avec la « résurrection » (Mc 12,18-27)

Dans cette forme la plus ancienne de la vénération mariale se reflète l'unité des Testaments. Le Dieu d'Israël est nommé par des hommes auxquels il a montré grandeur ; il est devenu visible et présent dans leur vie. Ils sont pour ainsi dire son nom dans l'histoire ; par eux, il a un nom ; par eux et en eux, il devient accessible. Il s'appelle le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ; le nommer signifie nommer les pères, de même qu'inversement nommer les pères signifie se souvenir de lui et le connaître. Ne pas nommer les hommes en qui lui-même est devenu visible signifie ingratitude et oubli. [...]

L'éloge de Marie s'insère dans cette conception de Dieu qui unit les pères au nom de Dieu. Jésus a donné une interprétation au sujet du Dieu des pères en Mc 12,18-27. Il met ici en relation le thème du Dieu des pères avec celui de la résurrection.

La montée au ciel avec son corps et son âme (Eph 2,6)

« Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ, en Dieu » (Col 3,3)

Cela signifie qu'il existe quelque chose comme une « ascension » du baptisé dont Ep 2, 6 parle très explicitement :

« Avec lui, il nous a ressuscités et fait asseoir dans les cieux, en Jésus-Christ» (Ep 2, 6).

D'après ce texte, le baptême est participation non seulement à la résurrection mais aussi à l'ascension de Jésus. Le baptisé, en tant que baptisé et dans la mesure où il l'est, est déjà intégré dans l'ascension et vit sa vie cachée là-bas, dans le Seigneur élevé.

À partir de ce texte, la formule de l' « Assomption » de Marie avec son corps et son âme perd tout son caractère spéculatif et arbitraire.

Il est dit qu'Elle a mis au monde le Seigneur d'abord avec le cœur, ensuite par le corps (Augustin) ; d'Elle la foi, c'est-à-dire le contenu intime du baptême, peut être affirmée sans limites conformément à Lc 1,45 : Marie est celle qui réalise complètement le baptême défini une participation à la résurrection et à l'ascension du Christ.

Cette vénération est l'entrée bienheureuse dans la joie du Magnificat et, par là, louange de Celui à qui la fille de Sion est redevable et qu'Elle porte comme la vraie Arche d'Alliance, incorruptible et indestructible.

Source :

Cardinal J. RATZINGER, La fille de Sion. Paris : édition Parole et Silence , 2002, p.79-88

 

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