Marie enfante et prépare le Pain

Marie enfante, et prépare notre "Pain"

Sans stupeur, il n’y a pas de liturgie, la liturgie, c’est l’homme qui s’émerveille...

Pour le 1° janvier, le sacramentaire gélasien (fin 5e siècle) nous offre cette préface eucharistique pleine d’émerveillement :

Il est vraiment digne … Dieu éternel.

En célébrant l’octave de Noël, Nous célébrons tes merveilles, Seigneur.

Celle qui enfante est mère et Vierge ;

Celui qui est né est enfant et Dieu.

Les cieux ont parlé, les anges se sont félicités,

Les pasteurs se sont réjouis

Les mages se sont mis en route

Les rois ont été troublés

Les innocents ont été couronnés d’une glorieuse passion.

Allaite o mère notre nourriture,

Allaite le pain du ciel qui vient,

Dans la crèche déposé,

Comme la nourriture des animaux.

C’est là que le bœuf a reconnu son propriétaire

Et l’âne la crèche de son Seigneur,

Le bœuf et l’âne, c’est-à-dire, les Juifs (la circoncision), et les païens (le prépuce).

Tout cela donc notre Sauveur et notre Seigneur,

A daigné l’accomplir en plénitude

C’est alors qu’il fut reçut par Siméon au temple.

Explications :

Cette préface eucharistique rassemble le mystère de Noël, de la mère de Dieu, et de l’Hypapante (= la présentation de Jésus au temple, rencontre au temple).

Le développement de la liturgie concernant le Christ suscite le développement de la piété mariale.

Cette préface eucharistique a les dimensions suivantes :

  • Aspect ecclésiologique (= concernant l’Eglise) : Les animaux ont une valeur symbolique, l’un les Juifs (la circoncision), l’autre les païens (le prépuce). Le Christ détruit le mur de division entre ces peuples ; pour toute l’humanité, le mur des divisions est abattu ;

  • Aspects christologiques (= concernant le Christ) : le Christ est à la fois enfant, il assume la nature humaine dans sa faiblesse, et il est Dieu. Il est le pain du ciel. Il est celui qui vient dans son peuple. Il est le Seigneur de tous.
  • Aspects mariologiques (concernant Marie) : Il est très étonnant que la préface s’adresse aussi à Marie, car la préface eucharistique s’adresse à Dieu le Père. Le texte cite une prière d’une homélie de saint Augustin. Marie est celle qui prépare notre pain.

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En remerciant le père I.CALABUIG (Marianum)