Pourquoi l'Assomption de la Vierge? (S. Jean Damascène)


 

Deux des trois fameuses homélies de Saint Jean de Damas († 750) sur l’Assomption expriment, en des termes infiniment poétiques, à la fois la beauté glorieuse et la finalité théologique du passage de Marie de la terre au ciel par une "Dormition" et une "Assomption".

 

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L’Assomption de la Vierge Marie

« Il fallait en effet que cette demeure digne de Dieu, la source non creusée de main d’homme, d’où jaillit l’eau qui remet les péchés, la terre non labourée, productrice du pain céleste, la vigne qui sans être arrosée donna le vin d’immortalité, l’olivier toujours verdoyant de la miséricorde du Père, aux fruits magnifiques, ne subît pas l’emprisonnement des abîmes de la terre.

Montée au Ciel, comme son Fils ressuscité le troisième jour

Mais de même que le corps saint et pur, que le Verbe divin, par elle, avait uni à sa Personne, le troisième jour est ressuscité du tombeau, elle aussi devait être arrachée à la tombe, et la mère associée à son Fils.

Et comme il était descendu vers elle, ainsi elle-même, objet de son amour, devait être transportée jusque dans « le tabernacle plus grand et plus parfait », « jusqu’au ciel lui-même ».

Il fallait que celle qui avait donné asile au Verbe divin dans son sein, vînt habiter dans les tabernacles de son Fils.

Et comme le Seigneur avait dit qu’il devait être dans la demeure de son propre Père, il fallait que sa mère demeurât au palais de son Fils, « dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu. » Car si là est « la demeure de tous ceux qui sont dans la joie », où donc habiterait la cause de la joie ?

Il fallait que celle qui avait porté petit enfant son Créateur dans son sein, vécût dans les tabernacles divins

Il fallait que celle qui dans l’enfantement avait gardé intacte sa virginité, conservât son corps sans corruption, même après sa mort.

Il fallait que celle qui avait porté petit enfant son Créateur dans son sein, vécût dans les tabernacles divins.

Il fallait que l’épouse que le Père s’était choisie vînt habiter au ciel la demeure nuptiale.

Il fallait que celle qui avait contemplé son Fils en Croix et reçu alors au cœur le glaive de douleur qui l’avait épargnée dans son enfantement, le contemplât assis auprès de son Père.

Source :

-St. Jean Damascène. Extrait de la "Seconde Homélie sur la Dormition de Marie" sur l’Assomption.

 

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Pour en savoir plus

 

-sur st Jean Damascène, dans l’Encyclopédie mariale

-sur l’Assomption dans la tradition de l’Église, dans l’Encyclopédie mariale

 

L’équipe de MDN.