Les anges (réflexion moderne)

Les anges (Bible et témoignages modernes)

Le récent catéchisme de l'Eglise catholique réaffirme que Dieu a créé les anges (CC 326-327).

Les Ecritures :

La Bible les mentionne explicitement : 148 fois dans l'Ancien Testament, 74 fois dans le Nouveau. Des démons et de Satan, il est question respectivement 115 et 33 fois dans l'un et l'autre Testament. La parole de Jésus est fondamentale : « Gardez-vous de mépriser aucun de ses petits, car je vous le dis, leurs anges voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 18,10).

Les anges sont extérieurs à nous, et accessibles dans le Christ :

Deux erreurs sont à éviter.

La première vient d'esprits rationalistes qui ramènent anges et démons à des personnifications de réalités psychologiques et y verraient volontiers l'interprétation mythique de réalités dont la psychanalyse nous fournirait la clef.

D'autres, réagissant à juste titre contre ces tendances, manifestent une vive curiosité du monde invisible, mais cherchent à y pénétrer par le spiritisme ou la théosophie et s'écartent par ces imprudentes tentatives de la seule voie d'accès qui nous y est donnée et qui est le Christ Jésus, car c'est « c'est en lui qu'ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances. » (Colossiens 1, 16).

Les noms des anges :

Il faut savoir que le nom d'anges désigne leur fonction, porteurs de messages.

« Archange » annonce les plus grands évènements : annonciations diverses jusqu'à la grande Annonciation de Jésus-Sauveur.

D'où le nom de Gabriel, « force de Dieu ».

Michel veut dire : « Qui est comme Dieu » ? et Satan fut vaincu.

Raphaël : « Dieu guérit » et le vieux Tobie fut guéri de sa cécité. C'est aussi l'archange des rencontres, celui des voyageurs.

Une classification est aussi possible (cf. Saint Thomas d'Aquin Somme théologique I, qu 108) : les chérubins se distinguent par leur science, les Séraphin par l'excès de leur amour, les Vertus par leur force etc. De là la tradition des neufs choeurs d'anges.

Exemples vécus[1]

L'abbé Pierre : Dans son « Testament », l'abbé Pierre reconnaîtra : « Il y a quelques temps, j'ai redécouvert le dialogue avec l'ange gardien ».

Péguy : En septembre 1913, un an avant sa mort sur le champ de bataille de la Marne, Péguy confiait à son ami Lotte : « J'ai un ange gardien incroyable...Trois fois, je l'ai senti m'empoigner, m'arracher à des volontés, à des actes médités préparés, voulus ».

Claudel : Huit ans plus tard, partant au Japon pour y représenter la France, Paul Claudel écrira dans son journal : « Au moment de commencer ma mission dans ce pays, bien me mettre dans la tête ces mots : prudence, patience... Patience, réflexion, sentiment continuel de la présence de Dieu et de mon Ange Gardien ».

Max Jacob : Réfléchissant sur sa vie tumultueuse, le célèbre poète Max Jacob écrira : « En cette fête des Saints Anges gardiens, je remercie le mien qui m'est apparu à peu près à cette époque, en 1909, et m'a valu ma conversion ».

Pierre Favre : Le premier compagnon de Saint Ignace, le bienheureux Pierre Favre, raconte dans son autobiographie, que chaque fois qu'il songeait aux responsables des grandes décisions, aux princes temporels, à un pays, une région ou une localité qu'il traversait, il avait coutume d'invoquer leurs anges gardiens. »

Pie XI : Pie XI disait à son futur successeur combien cette présence aplanissait les difficultés, émoussait les oppositions : « quand il nous arrive de devoir parler avec une personne difficilement accessible à nos arguments, et avec laquelle notre langage doit avoir un ton d'autant plus persuasif, nous recourons à notre Ange gardien. Nous lui recommandons l'affaire. Nous lui demandons d'intervenir auprès de l'Ange gardien de la personne que nous allons rencontrer. L'entente ainsi établie entre les deux Anges, la conversation entre le Pape et son visiteur devient beaucoup plus facile ».

Jean XXIII : Jean XXIII , le 6 avril 1986, clôturant sa visite à la paroisse romaine de Saints Anges Gardiens : « Que le Christ soit le centre de vos existences insérées en Lui depuis le baptême ; qu'il soit l'orientation constante de votre vie familiale, de votre labeur quotidien, de votre engagement de témoignage chrétien ; qu'il soit le point de référence de tout votre être. Et sachez ajouta-t-il, qu'en ceci, il y a à vos côtés, vos anges gardiens qui vous aident et à qui si opportunément est consacrée votre paroisse. »

Le saint Padre Pio rappelait à Dona Raffaelina Cerase, l'une de ses dirigées : « Quelle consolation de savoir qu'un esprit céleste nous garde toujours et qu'il ne nous abandonne pas, même -chose admirable- lorsque nous offensons Dieu. Sachez que ce compagnon prie pour vous... de grâce, n'oublions pas ce compagnon invisible, toujours là pour vous écouter, toujours prêt à vous consoler... Souvenez-vous de sa présence...remerciez-le, priez-le ! ... Invoquez-le souvent ... Quelle sera votre consolation, quand, à l'heure de la mort, votre âme verra cet ange si bon qui vous accompagna tout au long de votre existence et qui eut pour vous une telle sollicitude maternelle ! »


[1] Louis Chauffour, csv, revue "l'Ange Gardien" du 21 février 2003

Synthèse F. Breynaert