Dimension divine de la Rédemption

Dimension divine du mystère de la Rédemption (Jean Paul II)

[Jésus aime Dieu son Père et réalise la vie filiale dans un cœur d'homme]

En réfléchissant de nouveau sur ce texte admirable du Magistère conciliaire, nous n'oublions pas, même un instant, que Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, est devenu notre réconciliation avec le Père.

C'est Lui, et Lui seulement, qui a correspondu pleinement à l'amour éternel du Père, à cette paternité que Dieu a exprimée dès le commencement en créant le monde, en donnant à l'homme toute la richesse de la création, en le faisant «à peine moindre que les anges» en tant que créé «à l'image et à la ressemblance de Dieu».

Le Christ a également correspondu pleinement à cette paternité de Dieu et à cet amour, alors que l'homme a rejeté cet amour en rompant la première Alliance et toutes celles que Dieu par la suite a souvent offertes aux hommes.

La Rédemption du monde - ce mystère redoutable de l'amour, dans lequel la création est renouvelée - est, dans ses racines les plus profondes, la plénitude de la justice dans un Cœur humain, dans le Cœur du Fils premier-né, afin qu'elle puisse devenir la justice des cœurs de beaucoup d'hommes, qui, dans ce Fils premier-né, ont été prédestinés de toute éternité à devenir fils de Dieu et appelés à la grâce, appelés à l'amour.

[La croix manifeste la proximité du Père, du Fils, de l'Esprit Saint]

La croix du Calvaire, sur laquelle Jésus-Christ - Homme, fils de la Vierge Marie, fils putatif de Joseph de Nazareth - «quitte» ce monde, est en même temps une manifestation nouvelle de la paternité éternelle de Dieu, lequel, dans le Christ, se fait de nouveau proche de l'humanité, de tout homme, en lui donnant «l'esprit de Vérité» trois fois saint.

Cette révélation du Père et cette effusion de l'Esprit Saint, qui marquent d'un sceau indélébile le mystère de la Rédemption, font comprendre le sens de la croix et de la mort du Christ.

[La Rédemption est amour divin, justice divine et miséricorde divine]

Le Dieu de la création se révèle comme le Dieu de la Rédemption, Dieu «fidèle à lui-même», fidèle à son amour envers l'homme et envers le monde, tel qu'il s'est déjà révélé au jour de la création.

Et son amour est un amour qui ne recule devant rien de ce qu'exige sa justice. C'est pourquoi le Fils «qui n'avait pas connu le péché, Dieu l'a fait péché pour nous». S'il «a fait péché» celui qui était absolument sans péché, il l'a fait pour révéler l'amour qui est toujours plus grand que toutes les créatures, l'amour qu'il est Lui-même, «car Dieu est amour».

Et surtout, l'amour est plus grand que le péché, que la faiblesse, que la caducité de la créature, plus fort que la mort; c'est un amour toujours prêt à relever et à pardonner, toujours prêt à aller à la rencontre du fils prodigue, toujours à la recherche de «la révélation des fils de Dieu», qui sont appelés à la gloire.

Cette révélation de l'amour est aussi définie comme la miséricorde, et cette révélation de l'amour et de la miséricorde a dans l'histoire de l'homme un visage et un nom: elle s'appelle Jésus-Christ.


Jean Paul II, Lettre encyclique Redemptor hominis, § 9

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