Les Églises chrétiennes traditionnelles de Terre Sainte


Les trois religions monothéistes (judaïsme, christianisme et Islam) considèrent comme saints de nombreux sites d’Israël. La religion chrétienne constitue environ 2% de la population, et l’une de ses caractéristiques en Terre Sainte est la  diversité de ses Églises. Cette diversité, complexe, possède cependant l’avantage de  faire coexister différentes confessions, qui s’exercent  parfois même dans les mêmes sanctuaires.

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Une diversité d’expériences religieuses

Les communautés chrétiennes se constituèrent immédiatement après le passage de Jésus Christ en ces lieux, et l’Église judéo-chrétienne des premiers temps se diversifia ensuite. Les confessions chrétiennes sont maintenant très nombreuses et coexistent parfois dans les mêmes sanctuaires. Dans la basilique du Saint Sépulcre à Jérusalem, par exemple,  six liturgies de confession chrétienne se partagent les lieux, et se déroulent en latin, en grec, en arménien, en copte, en syriaque et en ancien éthiopien[1]. Ces liturgies sont régies par un accord existant (statu quo) depuis le XVIIIè siècle, qui attribue différents horaires de prière et de procession pour chaque Église.

Trois Patriarcats

La Terre Sainte possède trois patriarcats, qui régissent l’Église locale, veillent sur les lieux saints et sur les pèlerins. 

L’Église catholique romaine de Terre sainte

La présence des Croisés en Terre Sainte est visible par les constructions qu’ils y bâtirent,  notamment, au XIIès, l’Église Sainte-Anne de Jérusalem[2] et la basilique  du Saint-Sépulcre. En outre, st François d’Assise, qui séjourna plusieurs mois en Terre Sainte, y rencontra au XIIIès le sultan Melek el-Kamel, en plein contexte de guerre, et les Franciscains purent officiellement s’installer en Terre Sainte au XIVè s, et fonder ainsi la Custodie de Terre Sainte. Ils y effectuèrent de nombreuses fouilles et bâtirent de nombreuses églises[3]. Cette présence franciscaine a pu rendre possible la restauration du Patriarcat latin de Jérusalem au XIXès, et ces deux institutions ont collaboré depuis pour créer de nouvelles églises, des monastères, régir les fêtes du  calendrier grégorien chrétien, veiller aux cérémonies, processions liées aux pèlerinages. La nonciature apostolique est également présente en Terre Sainte. La liturgie arabe catholique est spécifique.

Les différentes Églises catholiques de Terre sainte

Quelle que soit la différence des rites liturgiques, les différentes Églises catholiques restent sous la même autorité de juridiction du Pape. Les plus nombreux sont les Catholiques de rite grec-melkite, puis les Catholiques de rite latin, ceux de rite maronite, de rite arménien, enfin les Catholiques syriens et chaldéens. Existe aussi une communauté catholique d’expression hébraïque, avec un vicaire patriarcal dépendant du Patriarcat latin.

Les Églises orthodoxes de Terre Sainte

L’orthodoxie (qui signifie la foi droite, la vraie foi) ne se distinguait pas de l’Église catholique, pendant le premier millénaire, avec ses différents rites et traditions. Ce n’est qu’après le schisme de 1054 que les deux Églises se sont affirmées dans la différence. Chacun revendiquant le titre d’orthodoxe, il est de coutume de distinguer, dans cette mouvance de l’orthodoxie, les Églises dites des sept premiers conciles œcuméniques[4] des Églises non-chalcédoniennes, qui ne reconnaissent que les trois premiers conciles œcuméniques et qu’on appelle habituellement Églises orthodoxes orientales.

Les différentes Églises orientales se distinguent par leurs rites et leurs Patriarcats, et ces rites sont souvent communs aux Orthodoxes et aux Orthodoxes orientaux, et aussi aux Catholiques, ce qui rend la situation de ces Églises implantées en Orient particulièrement compliquée.

C’est ainsi qu’on peut distinguer, en Terre sainte de nombreux patriarcats et de nombreux rites et langues (grec, arménien, copte, syriaque, éthiopien, russe, roumain, arabe).

L’Église orthodoxe grecque est très présente en Terre sainte. Les communautés arabes orthodoxes, les monastères et églises sont sous l’autorité du patriarche orthodoxe de Jérusalem. Les Églises Orthodoxes non chalcédoniennes (appelés parfois monophysites), qui ont rejeté les décisions du concile  de Chalcédoine en 451, ont conservé leur indépendance, en termes d’existence et d’institutions, et maintiennent leurs propres traditions et langues, comme les communautés orientales orthodoxes copte, syriaque et éthiopienne, qui sont représentantes des anciennes traditions chrétiennes.

L’Église grecque est majoritaire parmi les différentes Églises orthodoxes de Terre Sainte. On trouve également une communauté  orthodoxe arménienne, qui appartient également à la catégorie des Orthodoxes non chalcédoniens : elle possède un Patriarcat indépendant, qui est responsable du patrimoine des Arméniens et de ses droits dans les lieux saints, et a ses propres cérémonies. D’autres Églises orthodoxes nationales sont également présentes en Terre Sainte : l'Église orthodoxe russe et l'Église orthodoxe roumaine, qui sont en union avec le patriarcat grec orthodoxe et sont placées sous l'autorité locale de celui-ci.

Les Églises protestantes de Terre sainte

C’est au XIXès que l’Église protestante s’implanta en Terre sainte, avec les Églises anglicane et luthérienne. Plus tard, d’autres Églises protestantes, telles que l'Église presbytérienne d'Écosse, l'Église baptiste, et d’autres, érigèrent divers bâtiments et lieux de culte.

L’ensemble forme une mosaïque très caractéristique des Églises chrétiennes de Terre sainte.


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Pour en savoir plus

-Sur les différentes Églises chrétiennes d’Israël, en ligne 

-Sur les Chrétiens de Terre sainte, en ligne

-Sur le soutien des communautés chrétiennes par les membres de l’Ordre du Saint-Sépulcre, en ligne 

-Sur les sept conciles œcuméniques et la Vierge Marie, dans l’Encyclopédie mariale

-Sur la Vierge Marie et les Églises de Terre sainte, dans l’Encyclopédie mariale

Équipe de MDN.