Consécration des biens extérieurs et de mon travail

Consécration des biens extérieurs et de mon travail

Avec Marie, reine des prophètes

Les fruits de la terre et les richesses sont une bénédiction.

La malédiction vient de la volonté de capter la vie, de dominer le Donateur, par exemple par les rites magiques, les cultes du Baal auquel le prophète Elie s'opposa sur le mont Carmel.

Dans l'histoire du salut, les trois fêtes annuelles étaient d'abord des fêtes agricoles où l'on offrait les prémices des moissons et des vendanges, comme pour dire : « nous avons compris que la terre et ses fruits sont un don du Créateur et nous Le remercions ».

Au moment de l'exil à Babylone, les prophètes ont réfléchi sur la signification de la perte de la terre et des possessions. Certains prophètes y ont vu une conséquence du péché (cf. Dt 30,15-20) et ils étaient inspirés ; d'autres ont protesté leur innocence (Ps 43 (44) ; livre de Job) et Dieu leur donnait aussi raison.

Méditons l'Evangile avec Marie, mère de Jésus

Certains d'entre nous sont dans la précarité, se nourrir et se loger posent un problème. D'autres besoins ne sont pas négligeables. Les époux de Cana manquaient de vin le jour même de leur mariage, et la Vierge intercéda en leur faveur. Consacrer les biens temporels, c'est demander le secours de Dieu pour toutes ces choses.

Consacrer les biens temporels, c'est aussi garder une certaine sérénité vis à vis des biens temporels :

« Votre Père sait que vous en avez besoin. Aussi bien, cherchez son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît. » (Lc 12, 30-31)

Certains sont remplis de convoitise pour gagner plus ou avoir certains avantages.

« Attention! gardez-vous de toute cupidité, car, au sein même de l'abondance, la vie d'un homme n'est pas assurée par ses biens. » (Lc 12, 15)

Ainsi, consacrer les biens temporels, c'est sanctifier nos intentions, c'est purifier nos cœurs.

Jésus explique la parabole du semeur qui sème du grain dans les épines et dans la bonne terre... A travers cette parabole, il nous parle des richesses, c'est-à-dire les possessions, les emplois, les avantages extérieurs et familiaux, etc.

« Le grain qui a été semé dans les épines, c'est celui qui entend la Parole, mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent cette Parole, qui demeure sans fruit. Et celui qui a été semé dans la bonne terre, c'est celui qui entend la Parole et la comprend : celui-là porte du fruit et produit tantôt 100, tantôt 60, tantôt 30." » (Mt 13, 22-23)

Suivons un saint avec Marie, mère de l'Eglise

« Notre Seigneur Jésus-Christ a, dans son Evangile, appelé les richesses des épines (Mt 13, 22 ), pour nous faire comprendre que celui y est attaché par la volonté sera blessé par quelque péché. »[1]

Le premier dommage que l'âme peut subir est privatif, il nous détourne de Dieu. « L'âme retourne en arrière, c'est une pesanteur d'esprit à l'égard de Dieu, qui lui voile les biens spirituels, comme le nuage qui obscurcit l'air et empêche de voir la clarté du soleil. [...] C'est une obscurité qui empêche le jugement de bien comprendre la vérité et d'apprécier les choses comme elles sont [...] Voilà pourquoi Dieu nous donne un avis par Moïse et nous dit "Tu ne recevras point de présents, parce qu'ils aveuglent les sages eux-mêmes." (Ex 23, 8). »

Vient ensuite un second degré dans le mal : « Le second degré éloigne des choses de Dieu et des exercices de piété ; l'âme ne les goûte plus ; elle porte son affection à d'autres choses ; elle se livre à mille imperfections, futilités, joies frivoles et vaines satisfactions. »

Et un troisième degré qui « consiste à abandonner Dieu complètement, sans se préoccuper de sa loi, afin de ne point manquer aux frivolités mondaines ; aussi l'âme entraînée par la passion se laisse tomber dans le péché mortel. » [2]

Il y a au contraire de grands avantages à s'efforcer de se détacher de l'esprit de propriété et de la joie qui va avec cette mentalité.

« Celui qui ne met plus aucune complaisance dans les créatures, et dont le cœur en est désapproprié, jouit de toutes comme s'il les possédait toutes ; au contraire, celui qui les regarde avec un esprit particulier de propriété perd la jouissance de toutes en général.

Le premier, qui n'en possède aucune dans son cœur, les possède toutes d'une manière très libre, comme dit saint Paul (2Co 6, 10). Le second, qui y tient attaché son cœur, n'a rien et ne possède rien ; ce sont les créatures qui possèdent son cœur et lui font sentir la dureté de l'esclavage. » [3]

Consécration

La « Consécration » n'est pas liée à une formule ni à un genre littéraire, aussi poétique soit-il... Alors nous allons changer un peu de style.

Mettons-nous en présence de Marie, imaginons Marie au milieu des disciples après la Pentecôte qui, comme le dit le livre des Actes, « mettaient tout en commun » :

« Mon âme exalte le Seigneur,

et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur [...]

Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. » (Lc 1, 46.47.53)

Répétons, avec Marie, ces versets du Magnificat, jusqu'à ce que la prière devienne joie.

L'espérance grandit en nous car nous sentons que Dieu est proche.

La charité grandit en nous car nous nous sentons libre par rapport aux biens temporels.

Notre cœur commence à ressembler au cœur de Marie... Nous disons avec tendresse :

« ô Marie, je te livre et consacre mes biens extérieurs... à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l'éternité. Amen »[4].

Prions en silence.

Prions pour le monde qui nous entoure.

Montrons à Dieu ce qui est beau dans notre cœur.

Achevons par un beau signe de croix.


[1] Saint Jean de la Croix, La montée du Carmel, livre III, chap. 17

[2] Saint Jean de la Croix, La montée du Carmel, livre III, chap. 18

[3] Saint Jean de la Croix, La montée du Carmel, livre III, chap. 19

[4] Extrait de saint Louis Marie de Montfort, L'Amour de la sagesse éternelle § 225.


Françoise Breynaert