La force, 3° vertu cardinale

La force : 3° vertu cardinale (Jean Paul II)

La vertu de force se manifeste de mille manières

La Force : La force, va de pair avec le sacrifice.

Pour nous, qu'est-ce qu'un homme fort, un homme courageux ?

On pense toute de suite au soldat qui défend sa patrie, qui, pendant la guerre, met en péril sa santé et même en temps de paix.

C'est pourquoi nous avons beaucoup d'estime pour les personnes qui se distinguent par ce que l’on appelle le Courage civique. Fait preuve de courage qui risque sa vie pour sauver quelqu'un qui va se noyer, qui offre son aide lors de calamités naturelles - incendies, inondations, etc.

Le courage, une vertu que possédait à coup sûr saint Charles, mon patron, qui exerçait son ministère pastoral parmi les habitants de Milan frappés par la peste. Mais nous pensons aussi avec admiration aux alpinistes qui gravissent les sommets de l'Everest ou aux cosmonautes, en particulier ceux qui ont posé pour la première fois le pied sur la lune.

Vous le voyez, la vertu de force se manifeste de mille manières. Certaines sont très connues, ont une certaine renommée. D'autres le sont moins, bien que souvent elles requièrent une force encore plus grande.

Des exemples dont on parle peu

La force , nous l'avons dit est une vertu, une vertu cardinale. Permettez-moi d'attirer votre attention sur des exemples dont on parle peu mais qui témoignent une grande vertu, héroïque parfois.

Je pense par exemple, à cette femme, mûre de famille nombreuse à qui on conseille de supprimer une nouvelle vie conçue en son sein et de se soumettre à une intervention pour interrompre sa maternité. Cette femme répond fermement non, consciente des difficultés que comporte ce non, des difficultés pour elle, pour son mari, pour toute sa famille. Cependant, elle répond non. La nouvelle vie qu'elle porte dans son sein a une valeur trop grande, trop sacrée pour qu'elle puisse céder à toutes les pressions.

Encore un exemple : un homme à qui on promet la liberté et une carrière facile à condition qu'il renie ses principes ou approuve quelque chose qui met en cause son honnêteté à l'égard des autres, cet homme aussi répond non, faisant fi des attraits et des menaces. Voilà un homme courageux.

Ils sont nombreux, très nombreux, les actes de courage, parfois héroïques, dont les journaux ne parlent pas et dont on ne sait presque rien. Seule la conscience de l'homme les connaît... Et Dieu le sait !

Je veux rendre hommage à tous ces courageux inconnus. A tous ceux qui ont le courage de dire non ou oui lorsqu'il leur en coûte. Aux hommes qui font preuve de dignité et d'une grande humanité. C'est bien parce qu'ils sont inconnus qu'ils méritent un hommage et une reconnaissance spéciale. - Selon la doctrine de saint Thomas, possède la vertu de force celui qui est prêt à agredi pericula, c'est-à-dire à affronter les adversités pour une juste cause, pour la vérité, pour la justice, etc.

Surmonter la faiblesse humaine et surtout la peur

Posséder la vertu de courage, c'est surmonter la faiblesse humaine et surtout la peur. L'homme, de par sa nature, est porté à craindre le danger, les malheurs, la souffrance.

Il faut donc chercher les hommes courageux non seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans les hôpitaux et partout ou l'on souffre.

On rencontrait de tels hommes dans les camps de concentration, dans les centres de déportation. C'étaient de véritables héros.

Parfois la peur ôte le courage civique aux hommes qui vivent dans un climat de menace, d'oppression ou de persécution.

Quelle n'est alors la force et la valeur de ces hommes capables de franchir la barrière de la peur pour rendre témoignage à la vérité et à la justice.

Pour atteindre une telle force, l'homme doit en quelque sorte aller au-delà de ses propres limites et se dépasser lui-même en courant le risque de l'inconnu, le risque d'être mal vu, le risque de s'exposer à des situations désagréables, de supporter les injures, les dégradations, les pertes matérielles, et même d'endurer la prison ou les persécutions. Pour atteindre une telle force, l'homme doit être soutenu par un grand amour de la vérité et du bien auquel il se consacre.

La vertu de force va de pair avec le sacrifice

La vertu de force va de pair avec le sacrifice.

Cette vertu avait déjà chez les anciens une valeur bien définie. Avec le Christ, elle a acquis une valeur évangélique, chrétienne.

L'Evangile s'adresse aux faibles, aux pauvres, aux doux et aux humbles, aux artisans de paix, aux miséricordieux, et il est en même temps un incessant appel à la force. Il dit souvent : N'ayez pas peur (Mt 14,27). Il enseigne à l'homme qu'il faut savoir donner sa vie (Jn 15,13) pour une juste cause, pour la vérité, pour la justice.

Nous avons besoin de force pour être des hommes. En effet, l'homme n'est vraiment prudent que s'il possède la vertu de force. Prions pour ce don du Saint-Esprit, le don de la force.

Lorsque l'homme n'a pas la force de se dépasser lui-même, en vue d'atteindre des valeurs supérieures comme la vérité, la justice, la vocation, la fidélité conjugale, il faut que ce don d'en-haut fasse de chacun de nous un homme fort et nous murmure au bon moment Courage !


Sa sainteté le pape Jean-Paul II

Jean-Paul II audience du 15 novembre 1978

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