La tempérance, 4° vertu cardinale

La tempérance, 4° vertu cardinale (Jean Paul II)

La tempérance, maîtrise de soi

On ne peut être vraiment prudent, ni vraiment juste, ni vraiment fort, si l'on ne possède pas aussi la vertu de tempérance.

On peut dire que cette vertu conditionne indirectement toutes les autres vertus. Mais il faut dire aussi que toute les autres vertus sont indispensables pour que l'homme soit tempérant (ou sobre). Le terme même de tempérance semble se rapporter en quelque sorte à ce qui est hors de l'homme.

En effet, est tempérant, dit-on, celui qui n'abuse pas de nourriture, de boisson, de plaisirs, celui qui ne boit pas trop d'alcool, qui ne laisse pas sa conscience s'anéantir par la drogue, etc. Cette référence à des éléments extérieurs à l'homme a son fondement dans l'homme.

C'est comme si en chacun de nous existait un moi supérieur et un moi inférieur. Dans notre moi inférieur s'exprime notre corps et tout ce qui lui appartient : ses besoins, ses désirs, ses passions, celles des sens avant tout. La vertu de tempérance permet à chaque homme de faire triompher son moi supérieur sur son moi inférieur.

Cette maîtrise met en valeur le corps

Est-ce là une humiliation de notre corps ? Une diminution ? Non, au contraire ! Cette maîtrise met en valeur le corps.

La vertu de tempérance fait en sorte que le corps et nos sens trouvent la juste place qui leur revient dans notre être humain.

Possède la vertu de tempérance celui qui sait se maîtriser, celui qui ne permet pas à ses passions de l'emporter sur la raison, sur la volonté et aussi sur le coeur.

L'homme qui sait se maîtriser !

S'il en est ainsi, il est facile de comprendre la valeur fondamentale et le caractère indispensable de la vertu de tempérance. Oui, elle est indispensable pour que l'homme soit pleinement homme.

Justes limites indispensables

Il suffit de regarder celui qui se laisse entraîner par ses passions et en devient la victime, renonçant de lui-même à l'usage de la raison pour comprendre clairement qu'être homme c'est respecter sa propre dignité et donc, se laisser guider par la vertu de tempérance. Cette vertu est appelée aussi sobriété. C'est juste !

En effet, pour être en mesure de maîtriser nos passions, la convoitise de la chair, les explosions de la sensualité etc., nous ne devons pas aller au-delà des justes limites imposées à nous-mêmes et à notre moi inférieur.

Si nous ne respectons pas ces justes limites, nous ne serons pas à même de nous dominer.

Ce n'est pas le stoïcisme et la froideur !

Cela ne veut pas dire que l'homme vertueux ne puisse pas être spontané, ne puisse pas exprimer sa joie, ne puisse pas pleurer, ni exprimer ses propres sentiments; cela ne veut pas dire qu'il doive devenir insensible, indifférent, comme un bloc de glace ou de pierre.

Non, en aucune manière ! Il suffit de penser à Jésus pour s'en convaincre. La morale chrétienne ne s'est jamais identifiée avec le stoïcisme.

La richesse des sentiments

Au contraire, si l'on considère toute la richesse des sentiments dont chaque homme est capable - chacun de manière différente d'ailleurs : l'homme à sa façon, la femme à la sienne - , il faut reconnaître que l'homme ne peut atteindre cette spontanéité adulte, que par un travail incessant sur lui-même, en contrôlant tout son comportement.

C'est cela la vertu de tempérance, de sobriété.

L'humilité

Je crois que cette vertu exige aussi de notre part l'humilité devant les dons que Dieu a offerts à notre nature humaine. Je dirais : humilité du corps et humilité du cœur.

Cette humilité est nécessaire à l'harmonie intérieure de l'homme, à la beauté intérieure de l'homme, à la beauté intérieure de la femme.

La beauté des jeunes filles, la santé de tous...

Que chacun y réfléchisse, les jeunes surtout, et plus encore les jeunes filles...

A l'âge ou l'on tient tant à être beaux ou belles pour plaire aux autres ! N'oublions pas que l'homme doit être beau d'abord à l'intérieur. Sans cette beauté, tous les efforts entrepris pour embellir le corps ne feront ni d'elle ni de lui, une personne vraiment belle !

D'ailleurs, n'est-ce pas le corps, la santé, qui subissent des dégâts lorsque l'homme ne pratique pas la vertu de tempérance, de sobriété ?

Les statistiques et les bulletins de santé de tous les hôpitaux du monde en disent long à ce sujet ! Les médecins des centres de consultation où se rendent les époux, les fiancés et les jeunes ont une grande expérience dans ce domaine. Il est vrai que nous ne pouvons pas dire qu'une personne est tempérante ou non, exclusivement d'après sa santé psychique et physique; cependant, c'est prouvé, l'absence de cette vertu porte atteinte à la santé.


Sa sainteté le pape Jean-Paul II

Audience du 22 novembre 1978

Temperance: The Fourth Cardinal Virtue (John Paul II)

A temperate man is one who is master of himself

It is not possible to be a really prudent, man, or an authentically just one, or a truly strong one, unless one also has the virtue of temperance. It can be said that this virtue indirectly conditions all other virtues, but it must also be said that all the other virtues are indispensable for man to be "temperate" (or sober).

The term "temperance" itself seems in a certain way to refer to what is outside man. We say, in fact, that a temperate man is one who does not abuse food, drinks, pleasures, who does not drink alcohol to excess, who does not deprive himself of consciousness by the use of drugs, etc. This reference to elements external to man has its basis, however, within man. It is as if there existed in each of us a higher self and a lower self. In our lower self, our body and everything that belongs to it is expressed: its needs, its desires, its passions of a sensual nature particularly.

Value to the body

The virtue of temperance guarantees every man mastery of the lower self by the higher self. Is this a humiliation of our body? Or a disability? On the contrary, this mastery gives higher value to the body. As a result of the virtue of temperance, the body and our senses find the right place which pertains to them in our human condition.

We can easily realize what a fundamental and radical value the virtue of temperance has. It is even indispensable, in order that man may be fully a man. It is enough to look at some one who, carried away by his passions, becomes a victim of them—renouncing of his own accord the use of reason (such as, for example, an alcoholic, a drug addict)—to see clearly that "to be a man" means respecting one's own dignity, and therefore, among other things, letting oneself be guided by the virtue of temperance.

A really beautiful person

I think, too, that this virtue demands from each of us a specific humility with regard to the gifts that God has put in our human nature. I would say "humility of the body" and that "of the heart." This humility is a necessary condition for man's interior harmony: for man's interior beauty. Let everyone think it over carefully; and in particular young men, and even more young women, at the age when one is so anxious to be handsome or beautiful in order to please others! Let us remember that man must above all be beautiful interiorly. Without this beauty, all efforts aimed at the body alone will not make—either him or her—a really beautiful person.

Christian morality has never been identified Stoic morality

Is it not just the body, moreover, that undergoes considerable and often even serious damage to health, if man lacks the virtue of temperance, of sobriety? In this connection, the statistics and files of hospitals all over the world, could say a great deal. Also doctors who work on the advisory bureaus to which married couples, fiancés and young people apply, have great experience of this. It is true that we cannot judge virtue on the exclusive basis of the criterion of psychophysical health; there are many proofs, however, that the lack of the virtue, of temperance, sobriety, damages health.


Pope John Paul II

Excerpt from the Audience General, November 22, 1978

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