Deuxième jour de la neuvaine à sainte Bernadette
10 février 2021

Jour 2 : « Seigneur, donne-nous un cœur de pauvre ! »

 

Dieu veut nous faire un cœur de pauvre, un cœur confiant. C’est à partir de notre petitesse qu’il opérera son œuvre de sanctification et de Salut. Il ne s’appuie pas sur nos états de service, il veut que nous soyons ouverts à sa Miséricorde.

 

Récit

Bernadette n’attirait pas les regards. Elle aurait pu disparaître de Lourdes sans que beaucoup s’en inquiètent. Et après les apparitions, à Nevers, on ne la remarquait pas. « Bernadette, ce n’est que ça ! » pouvait s’exclamer une jeune fille nouvellement arrivée au couvent Saint-Gildard. Au bout de plusieurs jours, elle ne l’avait pas encore remarquée, pas plus que le vicaire de Lourdes quand finalement elle avait pu se rendre au catéchisme : « Je dus faire l’appel, et quand elle se leva, à l’appel de son nom, alors je connus Bernadette Soubirous. » Il ne l’avait pas vue, elle ne lui était pas apparue.

Bernadette ne s’explique pas, elle attire. Elle s’est sentie aimée à la Grotte, elle rayonne de la lumière et de l’amour reçus. Mais il faut savoir ouvrir son cœur, seul capable de voir ce qui reste invisible aux yeux, ce qui n’est plus du domaine de l’apparence superficielle. Ainsi, Bernadette nous déstabilise. Ainsi, les gens de Nazareth, dans l’Évangile, n’avaient pas noté en Marie, en Jésus, quelque chose de particulier. D’ailleurs, « Que peut-il sortir de bon de Nazareth ? », s’interrogeait Nathanaël (Jean 1, 46).

Les gens de Nazareth n’arrivent pas à reconnaître en Jésus un prophète : « N’est-il pas le fils du charpentier ? Nous connaissons son père et sa mère… D’où lui vient cette sagesse ? » (Matthieu 13, 54-55). La puissance de Dieu est d’un autre ordre que l’efficacité de l’homme. Dieu n’est pas un surhomme ; il est un homme, un homme vrai, à la différence de nous autres pécheurs. Il ne renie pas son appartenance à notre nature, mais il la restitue dans sa vérité.

Le mystère de Bernadette échappe à sa supérieure. « C’est une religieuse ordinaire », dira d’elle Mère Marie-Thérèse. « J’avais au noviciat des novices devant lesquelles je me serais mise à genoux plutôt que devant Bernadette… Je ne comprends pas que la Sainte Vierge se soit montrée à Bernadette. Il y a tant d’autres âmes, si délicates et si élevées… Enfin ! » Sa simplicité est, de fait, beaucoup plus utile à son témoignage que des phrases ou des attitudes extraordinaires qui étonneraient mais ne toucheraient pas notre cœur.

Bernadette se laisse regarder par Marie de Nazareth qui recherche sa compagnie à la Grotte, elle se laissera toucher par les plus pauvres, par ceux qui ont besoin d’être aimés.

« Et l’Église, qui aime et préfère ce que Jésus a aimé et préféré, ne peut être en repos tant qu’elle n’a pas rejoint tous ceux qui connaissent le rejet, l’exclusion et qui ne comptent pour personne. Au cœur de l’Église, vous nous permettez de rencontrer Jésus, car vous nous parlez de lui, non pas tant par les mots, mais par toute votre vie. Et vous témoignez de l’importance des petits gestes, à la portée de chacun, qui contribuent à édifier la paix, rappelant que nous sommes frères et que Dieu est notre Père à tous. » 

Dans son discours du 6 juillet 2016, le pape François rappelle ainsi le choix qui s’impose à l’Église, quand elle se veut fidèle à la richesse de la vie que Jésus lui propose. En cette neuvaine, nous sommes donc invités à ouvrir les yeux de notre cœur. Nous risquons de nous laisser prendre au piège du scintillement d’apparences trompeuses et de passer à côté de la vérité des êtres et des choses, nous risquons de manquer l’essentiel de notre vie. Demandons la grâce de laisser apparaître à notre regard la beauté de l’âme des pauvres que Dieu a placés à nos côtés, demandons la grâce d’entendre leur appel : c’est Dieu lui-même qui nous invite à nous laisser transfigurer par lui.

 

Méditation 

« Tu as un cœur de pauvre… si tu sais écouter Bernadette, qui relaye pour nous la voix de Jésus dans l’Évangile. Elle nous conduit sur la route des Béatitudes, spécialement cette première balise sur le chemin du bonheur : "Heureux vous les pauvres…"

Tu es pauvre si tu acceptes de recevoir, si tu acceptes d’avoir besoin des autres, d’avoir besoin de Dieu… si tu veux essayer d’avoir un regard qui ne juge ni ne condamne, mais qui appelle et qui espère, un regard qui donne le goût de vivre et invite à aller de l’avant.

Tu es pauvre de cœur si tu n’as pas réponse à tout, et si tu acceptes de ne pas avoir toujours raison.

Tu es pauvre si tu es attentif aux autres sans les accabler de conseils, sans dire toujours : "À ta place je ferais comme cela." Tu es pauvre quand tu acceptes de rester à ta place, conscient qu’il est impossible de se mettre vraiment à la place des autres.

Tu es pauvre si tu sais que le temps de se taire est le temps où l’autre veut parler.

C’est parce que nous nous savons nous-mêmes pauvres que nous avons accès au cœur des pauvres, et Dieu peut réaliser, avec notre pauvreté, des choses admirables. » (Extrait du livret des catéchèses de Lourdes, 2019.)

 

Prière

Que Marie se fasse le relais de notre désir, qu’elle fasse de notre maison aujourd’hui une arche de Salut pour les pauvres et les petits. Qu’elle guide nos pas et dessille nos yeux. Notre humble Nazareth doit devenir demeure de Dieu.

« Ô Marie, garde-nous dans ton Cœur immaculé.
Fais de notre maison un foyer, un refuge pour les pauvres et les petits,
pour qu’ils y trouvent la source de toute vie,
un refuge pour ceux qui sont éprouvés,
afin qu’ils soient infiniment consolés.
Ô Marie, donne-nous des cœurs attentifs, humbles et doux,
pour accueillir avec tendresse et compassion
tous les pauvres que tu envoies vers nous.
Donne-nous des cœurs pleins de miséricorde
pour les aimer, les servir,
éteindre toute discorde
et voir en nos frères souffrants et brisés
l’humble présence de Jésus vivant.
Seigneur, bénis-nous de la main de tes pauvres
Seigneur, souris-nous dans le regard de tes pauvres
Seigneur, reçois-nous un jour dans l’heureuse compagnie de tes pauvres.
Amen ! »

 

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