Huitième jour de la neuvaine à sainte Bernadette
16 février 2021

Jour 8 : « J’aime ce qui est petit ! »

 

Nous sommes conviés à penser et bâtir le monde à partir des plus petits. Sans cela, nous construisons une machine à broyer les plus faibles d’abord et tous les autres ensuite. Le service mutuel, comme l’Hospitalité à Lourdes, nous fait grandir en humanité.

 

Récit

« J’aime ce qui est petit. » Bernadette disait cela à propos des agneaux qu’on lui donnait à garder à Bartrès. Il ne s’agit pas de sentiment seulement, mais de la conscience qu’elle-même fait partie de ces personnes qui ne comptent guère aux yeux du monde. « C’est parce que j’étais la plus ignorante que le Sainte Vierge m’a choisie. » Elle sait qu’elle n’est « bonne à rien ». Elle sait aussi qu’il faut « beaucoup d’humiliations pour faire un peu d’humilité ». Mais nous l’avons vu, Bernadette ne s’attriste pas de ne pas faire partie des « importants ». Au contraire, elle a compris que notre importance vraie nous est donnée par le regard d’amour qui est posé sur nous.

 

Méditation 

Notre existence n’est pas assurée en nous-mêmes, nous dépendons des autres, de ceux à qui nous devons la vie, de tous ceux et celles à qui nous pouvons tendre la main sur la route. Quand nous croyons pouvoir nous suffire à nous-mêmes, alors nous nous coupons de ce qui nous fait vivre : nous sommes gonflés d’orgueil, ou nous sombrons dans le découragement.

« À ce moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : "Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ?" Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux et il déclara : "Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux. Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi." » (Matthieu 18, 1-5.)

L’enfant n’est pas montré en exemple parce qu’il serait plus pur ou innocent que les adultes, mais simplement parce qu’il ne peut pas se passer des autres, il n’est pas « autosuffisant ». Ainsi, il ressemble à Jésus, qui est Dieu, certes, mais comme Fils : il se reçoit de toujours à toujours, du regard d’amour de son Père, et il dépend en tout de lui, il existe dans un va-et-vient d’amour, qui n’est autre que l’Esprit Saint : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. » (Jean 5, 19-20.)

Il en sera de même des chrétiens : « Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur. » (1ère Épître aux Corinthiens 1, 26-31.)

Ce passage de saint Paul a été choisi comme première lecture de la messe de sainte Bernadette. La grande leçon de Lourdes, à travers ces deux petites femmes qui avaient rendez-vous à la Grotte de Massabielle, à l’écart de la ville, et loin des lieux de décision, à travers les foules qui ont répondu à l’invitation de Marie, est une leçon d’humanité, une leçon d’humilité, une leçon de vérité. C’est l’Évangile qui nous est rendu.

 

Prières

Pourrions-nous aujourd’hui laisser remonter à nos cœurs ces moments de notre existence où nous nous sommes sentis humiliés, méprisés peut-être, comptés pour rien ? Nous sommes peut-être restés amers… Nous avons peut-être gardé quelque rancœur… Voudrions-nous rejoindre Marie et Bernadette, et Jésus lui-même ? Il nous fait signe :

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Matthieu 11, 28-30.)

 

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