Quatrième jour de la neuvaine à sainte Bernadette
12 février 2021

Jour 4 : « Pour les pécheurs ! »

 

La pauvreté n’est pas recherchée pour elle-même. Mais le cœur doit se laisser libérer par la pénitence, « pour les pécheurs » ! La pauvreté vécue par amour ouvre un chemin de réconciliation pour les hommes esclaves de la peur de perdre et du désir d’avoir.

 

Récit

Nous sommes ici au cœur du message, au cœur de la mission du Christ lui-même. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la Miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Évangile de Matthieu 9, 12-13.)

C’est en effet au cœur de la quinzaine des apparitions, durant le Carême, que Bernadette est amenée à faire des gestes déroutants : manger de l’herbe et boire de la boue, baiser la terre. « La Dame était si triste. On aurait dit qu’elle portait sur elle toute la misère du monde. Elle m’a dit d’aller boire à la fontaine et de m’y laver. » Il n’y avait pas de fontaine à la Grotte ; il a fallu que Bernadette gratte dans la boue pour faire jaillir une flaque d’eau sale, pour s’en barbouiller et manger quelques touffes d’herbe sauvage. La Dame disait : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Pour les pécheurs ! »

Comme les prophètes de la Bible, Bernadette mime la condition des gens à qui elle s’adresse, ces pécheurs qui ont échangé la belle station debout de l’homme sous le regard de Dieu pour la position à quatre pattes des bêtes dont le museau est tourné vers la terre. « Ils ont échangé ma gloire, à moi, le Dieu vivant, contre celle du bœuf, du mangeur d’herbe » (Ps 106, 20). Ils ont idolâtré le veau d’or.

La grâce, pour atteindre nos cœurs de pécheurs, doit traverser toutes les couches de l’égoïsme et du refus d’aimer. Nous sommes invités à vivre le sacrement de Réconciliation, qui nous fait retrouver la fraîcheur de notre baptême. Nous entendons « Je te pardonne » comme nous avons entendu « Je te baptise ». Un Dieu Père ne se résigne pas à la misère de ses enfants, il frappe à la porte de leur cœur, jusqu’à ce qu’enfin ils lui donnent la permission d’entrer.

Cette permission, il l’obtient de la créature qui s’est laissé entièrement pénétrer par la Miséricorde, avant même d’avoir péché. Marie immaculée, qui appartient tout entière au Règne de l’Amour et du Pardon, peut comprendre la misère d’un cœur qui refuse d’aimer. Elle accueille le Don parfait d’un Dieu qui ne se laisse pas arrêter par le Mal. Il ne vient pas le supprimer d’un coup de baguette magique, mais il le pénètre de l’intérieur, le prend sur lui et l’enlève en le clouant à la Croix.

Les disciples du Crucifié ne peuvent suivre un autre chemin. Bernadette, guidée par Marie, a tracé sur elle le signe de la Croix au jour de la première apparition. C’est encore le Crucifix qu’elle voudra garder dans son lit de malade, sa « chapelle blanche », après avoir fait enlever toutes les images pieuses : « Celui-là me suffit ! » Elle mourra à l’infirmerie Sainte-Croix le mercredi de Pâques… C’était le mercredi de Pâques que, lors de l’avant-dernière apparition, elle avait laissé la flamme du cierge lui traverser les doigts : elle devenait cierge pascal, lumière qui brûle et qui éclaire en y passant sa vie.

 

Méditation 

Nous pourrions aujourd’hui offrir un cierge au Seigneur et à sa Mère Marie, en signe de l’offrande de tout notre être que nous avons vécue au baptême. Nous-même, ou notre parrain, avons reçu un cierge ce jour-là, pour signifier la lumière que le Seigneur nous confiait. Lui seul peut dire, en effet : « Je suis la Lumière du monde » (Jean 8, 12), et pourtant dans son discours sur la montagne, il nous dit aussi : « Vous êtes la lumière du monde. » (Matthieu 5, 14.) Comme Marie, comme Bernadette, nous sommes appelés à laisser traverser notre pauvre vie pécheresse par la lumière du Pardon et de la Miséricorde. Nous devenons nous-mêmes messagers de l’Amour toujours offert. Nous transmettons une lumière qui ne nous appartient pas, et qui doit mystérieusement nous brûler et nous traverser pour éclairer et réchauffer ce monde.

 

Prière (qui peut nous aider à préparer notre confession)

Au jour de notre baptême, Seigneur, tu nous as plongés dans l’eau vive d’une nouvelle naissance, tu as illuminé notre cœur de la lumière de ton Ciel. Mais nous avons eu peur de faire confiance à ta lumière. Nous nous sommes laissé aller aux fantaisies de nos rêves, nous nous sommes perdus dans nos raisonnements enténébrés. Nous avons perdu Ta lumière.

Mais tu es venu sur nos chemins, tu as posé sur nous ton regard, et du haut de ta Croix tu nous donnes de nous voir dans tes yeux qui nous aiment et nous recréent. Nous voulons à nouveau nous plonger avec confiance dans la source qui jaillit de ton Cœur. Nous voulons vivre de ton pardon et de ta grâce, nous voulons en rayonner pour le bonheur de nos frères.

« En toi, la source de la Vie, par ta lumière nous voyons la lumière. » (Psaume 36, 10.)

 

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