Septième jour de la neuvaine à sainte Bernadette
15 février 2021

Jour 7 : « Femme eucharistique ! »

 

« Moulue comme un grain de blé » sur son lit de souffrance, Bernadette devient, comme Marie, une « femme eucharistique ». Elle rejoint Jésus dans le bonheur de son offrande.

 

Récit

Marie s’est faite à Lourdes la catéchiste de Bernadette, elle l’a préparée à sa première communion. Il ne s’agit évidemment pas d’un geste rituel séparé de la vie courante. Tout en Marie est unifié : elle est la Mère de Jésus, attentive aux besoins des hommes, du commencement de la mission à Cana jusqu’à son accomplissement sur la Croix. Bernadette grandira en même temps dans le service des plus pauvres et dans l’amour de Jésus.

À l’automne 1857, Bernadette, qui souffre trop de son asthme, part à Bartrès chez Marie Laguës, qui avait été sa nourrice. Marie Laguës, malgré ses promesses, laisse de côté le soin du catéchisme, car à la ferme, le travail n’attend pas. Elle essaiera bien de faire apprendre à Bernadette quelques formules du livre, mais son élève n’y comprend rien : « Tu es trop bête, tu ne feras jamais ta première communion !... Ma pauvre fille, tu ne vaux même pas le pain que tu nous coûtes ! »

Sa marraine, la tante Bernarde, témoigne : « Elle a beaucoup souffert de ne pas aller à l’école et de ne pas pouvoir se préparer convenablement à la première communion. » Alors Bernadette décide de rentrer à Lourdes. Un matin de janvier, elle confie à son amie Jeanne Marie : « Dis à mes parents que je désire revenir à Lourdes pour me préparer à communier. » Peu importent la puanteur du Cachot, les maigres rations dans l’assiette, peu importent les privations ou même ce que diront les propriétaires de la ferme, ici, à Bartrès… Bernadette a pris sa décision ! Quand elle fera ses adieux à Bartrès, le jeudi 21 janvier, elle dira avec assurance : « Monsieur le curé veut me faire faire ma première communion. » Elle en a le sentiment et la certitude.

Trois semaines après, le jeudi 11 février, aura lieu la première des rencontres avec la petite Dame, qui, de jeudi en jeudi, va lui faire découvrir le Mystère de la foi, au long d’un chemin pascal : tout d’abord la joie de se savoir aimée et reconnue, « comme une personne qui parle à une autre personne », dans une série de rendez-vous à partir du jeudi 18 février… C’est ensuite l’épreuve de la souffrance devant la condition des pécheurs, pour qui jaillira la source de la guérison et du pardon, le jeudi 25 février. Le jeudi 4 mars conclura ces trois semaines d’apparitions ; et il faudra encore trois semaines de silence avant que la Dame ne révèle son nom, le jeudi 25 mars, jour de l’Annonciation.

Bernadette est ainsi conduite amoureusement jusqu’au jeudi de la Fête-Dieu, le 3 juin, où elle fera sa première communion, ayant bien conscience que le cadeau de Dieu est là, plus que dans ces visites à la Grotte, qui ne se renouvelleront plus. « Je n’étais rien, et de ce rien, Dieu a fait une grande chose, oui, puisqu’il a fait en quelque sorte un Dieu par la sainte communion. » Bernadette ne tire pas sa gloire d’être la voyante de Lourdes, elle est bienheureuse d’être enfant de Dieu, de ne faire plus qu’un avec Dieu par le Don qu’il fait de lui-même, chair et sang.

Dès lors, toute la vie de Bernadette est une vie eucharistique, une vie consumée dans l’amour à chaque instant. Elle sait reconnaître dans les pauvres le corps abîmé de Jésus, elle-même se voit bientôt, « moulue comme un grain de blé » sur son lit de malade, où la souffrance mystérieusement ne fait pas obstacle au bonheur : « Je suis plus heureuse sur mon lit de douleurs, avec mon Crucifix, qu’une reine sur son trône. » Bernadette n’est pas masochiste, mais sa souffrance est transfigurée de l’intérieur par la présence de Celui qu’elle aime.

 

Méditation 

« Mon Jésus ! Oh que je l’aime ! » Est-ce que cette invocation pourra devenir notre prière de chaque instant ? Alors nous deviendrons nous aussi homme ou femme eucharistique. Voilà notre identité la plus profonde. Nous devenons nous-mêmes en nous laissant prendre dans l’offrande de Jésus, en devenant nous aussi nourriture et source de joie pour nos frères, un bon pain livré, du bon vin versé pour la vie du monde.

 

Prières

Laissons-nous aujourd’hui habiter par ces paroles du disciple que Jésus aimait :

« Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque a de la haine contre son frère est un meurtrier, et vous savez que pas un meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’Amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. » (1ère Épître de Jean 3, 14-18.)

Saurons-nous saisir l’occasion de nous préparer à une vraie communion par une bonne confession, par la joie d’un acte de charité ? Que Marie nous aide comme elle a aidé Bernadette à lui ressembler.

 

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