Sixième jour de la neuvaine à Notre Dame du Mont-Carmel
12 juillet 2021

Jour 6 : Avec Édith Stein, rejoindre Marie dans le silence et la solitude



Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (1891-1942)

Édith est née le 12 octobre 1891 en Prusse, dans une famille juive de Breslau (Wroclaw). Dernière des sept enfants, elle a moins de 2 ans quand son père meurt. À l’adolescence, Édith cesse de croire et de prier. En 1913, elle étudie la philosophie à Göttingen auprès d’Edmund Husserl qui vient d’initier un nouveau courant philosophique : la phénoménologie. Cette démarche fournit une réponse à sa quête incessante de la vérité. Elle passe ensuite sa thèse et devient la première femme de son pays à obtenir un doctorat en philosophie.

En 1917, auprès de la veuve de son ami Adolphe Reinach, elle perçoit la force donnée par le Ressuscité. Puis à la lecture en 1921 du Livre de la Vie de sainte Thérèse d’Avila, elle comprend que la vérité qu’elle cherchait a un visage, celui du Christ Jésus. Édith reçoit le baptême dans l’Église catholique en 1922, malgré l’incompréhension de sa famille. Enseignante chez les dominicaines de Spire, elle donne de nombreuses conférences en Allemagne et en Europe sur les thèmes de l’éducation, de la femme et de la vocation.

En 1933, les lois du régime hitlérien lui interdisent tout enseignement. Elle décide alors de répondre à l’appel perçu au moment de son baptême ; elle entre au Carmel de Cologne sous le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix : elle a 42 ans. En 1939, pour ne pas mettre sa communauté en danger, elle rejoint le carmel d’Echt, en Hollande. Mais les nazis envahissent le pays et en 1942, Édith est arrêtée avec sa sœur Rosa. Le 9 août, le train où elle est entassée avec des milliers d’autres arrive à Birkenau (Auschwitz II). Tous sont gazés immédiatement…

Canonisée en 1998, cette grande figure intellectuelle et spirituelle a été déclarée co-patronne de l’Europe l’année suivante. Ses nombreux écrits philosophiques, théologiques et spirituels (Vie d’une famille juive, Science de la Croix, etc.) guident ceux qui, comme elle, cherchent la Vérité.


La Vierge Marie et Édith Stein 

« Marie, ton samedi Saint comment le penser autrement que dans un silence parfait ? Une fois le tombeau fermé, saint Jean t’a conduite dans la maison où lui-même trouvait l’hospitalité à Jérusalem. Cela s’est passé probablement dans le silence.

Le respect devant ta souffrance a dû les garder tous muets. Tu leur as seulement fait comprendre que tu voulais être seule. Il était bien sûr impossible d’aller comme d’habitude au sabbat et à la fête dans le Temple, parmi les gens qui l’avaient crucifié et qui te montreraient maintenant du doigt.

Être seule était l’unique soulagement. Il fallait qu’une fois les larmes trouvent leur compte. Si le Seigneur avait pleuré sur la mort de Lazare, ne devrais-tu pas toi aussi pleurer après tout ce qui était arrivé ? (...)

Ce que fit le Fils pour sa Mère en ce jour saint précédant l’aurore de la Résurrection, il n’est possible que de le pressentir…

Est-ce qu’avant le lever du jour, l’ange de l’Annonciation ne t'a pas guidée sans bruit depuis la maison de tes hôtes et conduite jusqu’au tombeau ? Est-ce qu’au tombeau l’Alléluia ne résonnait pas de la bouche des anges comme le Gloria dans la campagne de Bethléem ?

Dans l’aurore rougeoyante, ne s'est-il pas avancé hors du tombeau enveloppé de lumière resplendissante dans le jardin en pleine floraison comme au paradis ?

Personne ne nous a rapporté cette rencontre. Aucun œil humain n’a vu, aucune oreille n’a perçu, il n’est monté au cœur d’aucun homme ce que le Seigneur préparait à sa Mère qui l’aimait plus que tout ce que l’on ne pourra jamais concevoir.

Si le temps entre la Résurrection et l’Ascension était surtout consacré à la préparation de l’Église à venir, nous pouvons admettre que le Seigneur a initié sa Mère plus que tout autre à tous les mystères du Corps mystique.

Elle aurait dû mourir de douleur au pied de la Croix et de joie à la Résurrection si une grâce particulière de force ne l’avait gardée pour l’Église. » (Extrait de Le secret de la Croix – cahier de l’École cathédrale – Parole et silence)

 

Méditation

Solitude et silence. Voilà bien des réalités que nous pouvons mal comprendre et surtout avoir du mal à vivre de manière évangélique. Car il ne s'agit pas de nous replier sur nous-mêmes ou de fuir les autres. Ce silence dans la solitude est au contraire un moyen de nous rendre plus disponible et plus proche de nos racines plongées en Dieu, en son amour et en sa miséricorde.

Nous avons besoin de demander à Marie de nous aider à faire silence dans la solitude pour choisir de mettre notre confiance en Dieu seul afin qu’il nous transforme de l’intérieur. Exprimons notre désir d’être guéris et libérés par lui au plus profond de nous-même.

C’est alors que nos rencontres avec les autres seront plus profondes. Nous recevrons de Jésus sa qualité d’écoute et aussi la grâce de paroles justes : paroles d’encouragement, de bénédiction, de miséricorde puisées à la source : le Cœur doux et humble du Christ.

 

Prière 

Ô Mère très aimée,
je viens à tes pieds, ce soir, chercher le repos.
Trouver dans le silence, la sérénité dont mon âme a soif.
Après la fatigue du jour,
et la fièvre de l'action,
je viens à toi, ô Notre-Dame !

Havre de silence,
fontaine de paix,
abîme de douceur !
Je viens à toi, pour me renouveler l'âme,
pour oublier les soucis,
pour fuir la parole
et m'évader de la vie trépidante
dont ce soir, je suis lasse. 

Être à tes pieds, Marie !
T'aimer à plein coeur,
sans phrases, sans discours, en silence !
Ô Notre-Dame, je viens à toi,
que dans ton silence
le silence adorateur, mon âme se recueille !

Les amis de la prière (Québec) 

 

Chant

Vierge attentive à la Parole
Qui modèle ta vie,
Depuis le jour de cet appel
Qui ébranla ton cœur,
Accueille en ton silence
Comme un don de l’Esprit
Tous les enfants de Dieu
Qui errent dans la nuit.

Tu as compris que la Parole
De lumière et de vie
Serait un glaive incandescent
Qui brûlerait nos cœurs ;
Apaise notre angoisse
Quand le feu de l’Esprit
Vient libérer l’amour
Des ombres de la nuit.

Vierge imprégnée de la Parole
Qui éclaire nos vies,
Tu sais quel doute et quel péché
Peuvent saisir les cœurs ;
Sois proche de tout homme
Qui désire l’Esprit,
Réveille en nous la joie
De croire dans la nuit.

Sœur Marie-Claire (CFC)

 

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