Sixième jour de la neuvaine à sainte Bernadette
14 février 2021

Jour 6 : « Il suffit d’aimer ! »

 

« Il suffit d’aimer ! » C’est tellement simple, même si ce n’est pas facile pour nos cœurs craintifs ou endurcis. Ce sera le programme, la vocation de Bernadette tout au long de sa vie. C’est ainsi qu’elle devient « sainte Bernadette ».

 

Récit

La sainteté de Bernadette ne repose pas sur les expériences extraordinaires qu’elle a vécues à la Grotte de Massabielle, mais sur l’obéissance de son cœur dans l’ordinaire des jours. On a pu lui dire que l’on connaissait son secret : « C’est que tu dois te faire religieuse. – Oh ! répond-elle, c’est bien plus sérieux que cela ! » Bernadette commence par aller à l’école et cherche son chemin de vie. L’école est aussi un hospice pour les pauvres. Bernadette n’est pas étrangère à ce voisinage. « La vocation des Sœurs de Nevers est précieuse, car elle fait aimer les pauvres… Ce sont les amis de Dieu. » Aussi a-t-elle voulu les rejoindre, grâce à l’expérience du soin des plus délaissés. « Elle s’exerça à soigner quelques vieux bien dégoûtants, précise l’abbé Pomian. Elle s’y appliqua avec charité. Le goût lui vint. » Il s’agit donc bien d’un attrait. Bernadette ne s’approchera pas des malades en se bouchant le nez. Et elle sait que cette proximité libère de l’égoïsme et du vrai malheur, de la pire des prisons, qui nous enferme en nous-mêmes. 

Bernadette nous révèle la véritable histoire de notre monde et de nos vies, celle que les manuels ni les médias ne racontent, ce pays de l’âme et ce pays des pauvres qui nous découvrent déjà comme un coin du Ciel, un peu du visage et du Cœur de notre Dieu. Seul le réalisme de l’Amour bien concret peut nous découvrir ce pays de l’intérieur du cœur, à travers les gestes d’un quotidien qui se laisse provoquer à aimer l’invisible. N’attendons pas alors le récit d’une étonnante expérience mystique : l’anecdote rapportée par Julie Garros, une ancienne compagne de Bernadette à Lourdes, rentrée comme elle à Nevers, nous fait découvrir le Ciel au plus creux de la terre.

« Un jour, Bernadette me chargea de promener Mère Anne-Marie Lescure, qui était aveugle. Elle me dit : – "Tu en auras soin comme si c’était le Bon Dieu." Je réponds : – "Ah ! Il y a bien de la différence." Je lui demandai pourquoi cette malade n’avait pas tout son costume religieux. Elle me dit : – "Tu viendras voir ce soir". J’y allai et je vis la plaie de cette malade, peuplée de vers que Bernadette recevait dans un plat. Je ne pus supporter le spectacle. Bernadette me dit : – "Quelle Sœur de Charité tu feras ! Tu as peu de foi." »

 

Méditation 

Nous devinons peut-être alors d’où vient cette joie mystérieuse éprouvée quand notre cœur devient capable de s’ouvrir au spectacle de la faiblesse et du dénuement. Ce spectacle nous provoque à agrandir notre âme aux dimensions mêmes du Cœur de ce Dieu qui crée à partir de rien, et qui aime ce qui n’est pas aimable, qui se donne à qui le refuse. Nous participons au jaillissement de la vie.

Est-ce que, par hasard, tout doucement, nous ne nous sommes pas habitués à l’injustice, à la souffrance et au malheur ? Est-ce que nous réagissons seulement avec colère ? La révolte ne vaut sans doute pas mieux que la résignation : nous ne construisons pas davantage cet autre monde que nous voulons.

Bernadette nous invite, avec l’Évangile, à dire oui à ce que Dieu permet, même la souffrance : en vérité, avec Bernadette, nous disons oui alors à ce Dieu qui manifeste encore sa présence, jusque dans la souffrance et dans la mort. Et il nous partage sa puissance de Vie. Il ne nous installe pas dans notre pauvreté, il nous la fait vivre avec dignité et il la transfigure de l’intérieur. Dans ce partage, cet échange d’amour, la vie et la mort sont transformées : les pauvres découvrent un nouveau compagnon de route qui est Dieu lui-même. Ils sont alors les acteurs d’un monde nouveau en train de naître.

Voulons-nous en être ?

 

Prières

Comme Bernadette a simplement agi comme cela lui était demandé, sans attendre pour elle une faveur quelconque, – elle a agi simplement en aimant –, ainsi Marie sa Mère et son modèle s’est laissé conduire sur les pas de l’Amour incarné en son Fils. Elle a accepté d’être séparée de lui pour que les pécheurs que nous sommes entrent dans l’espace ouvert par son sacrifice. Elle nous unit à Jésus dans son offrande d’amour, dans le Don total qu’elle fait d’elle-même. Aujourd’hui, nous nous laissons entraîner avec Bernadette et la petite Thérèse dans cette aventure mariale qui a le goût du Ciel.


« Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
Et tu consens pour nous à t’éloigner de lui.
Aimer c’est tout donner et se donner soi-même
Tu voulus le prouver en restant notre appui.
Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
Il savait les secrets de ton Cœur maternel,
Refuge des pécheurs, c’est à toi qu’il nous laisse
Quand il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel. »

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

 

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