Troisième jour de la neuvaine à Notre Dame du Mont-Carmel
09 juillet 2021

Jour 3 : Élisabeth de la Trinité - avec Marie, adorer le don de Dieu



Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

Élisabeth de la Trinité entre au Carmel de Dijon à sa majorité en 1901. La Vierge Marie est naturellement présente dans sa vie depuis son enfance. 

Enfant, elle ne cesse de demander des grâces à Marie, invoquée comme l’Immaculée Conception. Rappelons qu’à la fin du XIXe siècle, ce vocable se répand fortement dans les prières adressées à Marie suite à la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception le 8 décembre 1854 ; et entrée au Carmel, Élisabeth voit en Marie le modèle de sa vie contemplative.

Elle écrira : « Il me semble que l'attitude de la Vierge durant les mois qui s'écoulèrent entre l'Annonciation et la Nativité est le modèle des âmes intérieures, des êtres que Dieu a choisis pour vivre au-dedans, au fond de l'abîme sans fond. Dans quelle paix, dans quel recueillement Marie se rendait et se prêtait à toutes choses ! Comme celles qui étaient les plus banales étaient divinisées par elle ! Car à travers tout la Vierge restait l'adorante du don de Dieu ! Cela ne l'empêchait pas de se dépenser au-dehors lorsqu'il s'agissait d'exercer la charité ; l'Évangile nous dit que Marie parcourut en toute diligence les montagnes de Judée pour se rendre chez sa cousine Élisabeth. Jamais la vision ineffable qu'elle contemplait en elle-même ne diminua sa charité extérieure. Car, dit un pieux auteur, si la contemplation s'en va vers la louange et vers l'éternité de son Seigneur, elle possède l'unité et ne la perdra pas. Qu'un ordre du Ciel arrive, elle se retourne vers les hommes, compatit à toutes leurs nécessités, se penche vers toutes leurs misères ; il faut qu'elle pleure et qu'elle féconde. Elle éclaire comme le feu ; comme lui, elle brûle, absorbe et dévore, soulevant vers le Ciel ce qu'elle a dévoré. Et quand elle a fait son action en bas, elle se soulève, et reprend, brûlante de son feu, le chemin de la hauteur. » (Ciel dans la Foi, 40)

« “Nul n'a vu le Père, nous dit saint Jean, si ce n'est le Fils et ceux auxquels Il a plu au Fils de le révéler.” » Il me semble que l'on peut dire aussi : “Nul n'a pénétré le mystère du Christ en sa profondeur, si ce n'est la Vierge.” Jean et Madeleine ont lu bien loin dans ce mystère, saint Paul parle souvent de "l'intelligence qui lui en a été donnée”, et pourtant, comme tous les saints restent dans l'ombre quand on regarde aux clartés de la Vierge !... Elle, c'est l'inénarrable, [c'est] le secret qu'elle gardait et repassait en son cœur [et] que nulle langue n'a pu révéler, nulle plume n'a pu traduire ! Cette Mère de grâce va former mon âme afin que sa petite enfant soit une image vivante, « saisissante », de son premier-né, le Fils de l'Éternel, Celui-là qui fut la parfaite louange de la gloire de son Père. » (Dernière Retraite, 2)


La Vierge Marie et sainte Élisabeth 

Dès le milieu de l’année 1903 apparaissent les premiers symptômes de la maladie d’Addison, maladie digestive qui emportera Élisabeth le 9 novembre 1906. Elle rejoint Marie au pied de la Croix alors qu’elle est aux prises avec de très grandes souffrances. Marie l’aide à traverser la souffrance et à lui donner un sens en l’orientant vers Jésus qui habite nos souffrances par amour pour notre Salut. Marie nous aide à rendre fécond tout ce que nous vivons en communion avec Jésus en vue du Salut de tous. Dans sa prière, Élisabeth donne une place de choix aux litanies de Lorette adressées à Notre Dame Porte du Ciel.

Élisabeth nous enseigne ainsi une manière de contempler la Vierge Marie :

« Après Jésus-Christ, sans doute à la distance qu'il y a de l'Infini au fini, il est une créature qui fut aussi la grande louange de gloire de la Sainte Trinité. Elle répondit pleinement à l'élection divine, dont parle l'Apôtre : elle fut toujours “pure, immaculée, irrépréhensible” aux yeux du Dieu trois fois saint. Son âme est si simple. Les mouvements en sont si profonds que l'on ne peut les surprendre. Elle semble reproduire sur la Terre cette vie qui est celle de l'Être divin, l'Être simple. Aussi elle est si transparente, si lumineuse qu'on la prendrait pour la lumière, pourtant elle n'est que le miroir du Soleil de justice.

“La Vierge conservait ces choses en son cœur” : toute son histoire peut se résumer en ces quelques mots ! C'est en son Cœur qu'elle vécut et en une telle profondeur que le regard humain ne peut la suivre. Quand je lis en l'Évangile “que Marie parcourut en toute diligence les montagnes de Judée” pour aller remplir son office de charité près de sa cousine Élisabeth, je la vois passer si belle, si calme, si majestueuse, si recueillie au-dedans avec le Verbe de Dieu. Comme Lui sa prière fut toujours celle-ci : “Ecce, me voici !” Qui ? “La servante du Seigneur”, la dernière de ses créatures : elle, sa Mère ! Elle fut si vraie en son humilité, parce qu'elle fut toujours oublieuse, ignorante, délivrée d'elle-même. Aussi, elle pouvait chanter : “Le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses, désormais les nations m'appelleront bienheureuse.” 

Cette Reine des vierges est aussi Reine des martyrs ; mais c'est encore en son cœur que le glaive la transperça, car chez elle tout se passe au-dedans !... Oh ! qu'elle est belle à contempler durant son long martyre, si sereine, enveloppée dans une sorte de majesté qui respire à la fois la force et la douceur... C'est qu'elle avait appris du Verbe lui-même comment doivent souffrir ceux que le Père a choisis comme victimes, ceux qu'Il a résolu d'associer au grand oeuvre de la rédemption, ceux qu'il “a connus et prédestinés pour être conformes à son Christ”, crucifié par amour.

Elle est là au pied de la Croix, debout, dans la force et la vaillance, et voici mon Maître qui me dit : “Ecce Mater tua”, Il me la donne pour Mère... Et maintenant qu'Il est retourné au Père, qu'Il m'a substituée à sa place sur la Croix afin que “je souffre en mon corps ce qui manque à Sa passion, pour Son corps qui est l'Église”, la Vierge est encore là pour m'apprendre à souffrir comme Lui, pour me dire, pour me faire entendre ces derniers chants de son âme que nul autre qu'elle, sa Mère, n'a pu surprendre. » (DR 40-41)

 

Méditation

Demandons à Élisabeth la grâce de désirer accueillir Marie bien davantage dans toutes les réalités de nos vies pour qu'avec elle, nous orientions TOUT vers le Cœur de son Fils Jésus.

 

Prière 

Dans tes mains avec confiance,
Ô Marie, ô mon espérance,
J’abandonne tous mes désirs,
Ma vocation, mon avenir
Jésus, Toi que j’adore, ô Toi que j’aime
Oui, je bénis ta volonté.
(Extrait de la poésie 65)

 

Chant

Salut, Reine des Cieux
Salut, Reine des Anges
Salut, Tige féconde
Salut, Porte du Ciel
Par toi la lumière a brillé sur le monde
Réjouis-toi Vierge glorieuse
Belle entre toutes les femmes
Salut, Splendeur radieuse
Implore le Christ pour nous ! 

 

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