Réponses à 27 critiques de Thomas Guénolé  sur la crédibilité de la Bible
30 août 2026

La célèbre loi de Brandolini énonce que « La quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des absurdités est d'un ordre de grandeur supérieur à celle nécessaire pour les produire » et c’est ce qui empêche parfois de répondre sérieusement dans les débats où le temps de parole est équilibré.

Ainsi, lorsque le 25 mai 2026 sur la crédibilité de la Bible Thomas Guénolé a fait une présentation de 20 minutes dans laquelle il a listé 27 critiques de la crédibilité de la Bible, j'ai répondu à ce que je considérais comme les arguments les plus sérieux en promettant d’essayer de faire avant le 31 août (cf. à 2h29) une réponse plus complète sur chacun des points et c’est cette réponse qui est présentée ci-dessous.

Mais plus fondamentalement, il est bien clair que quand on regarde avec un « œil mauvais », on arrive toujours à condamner qui on veut, même Jesus, les Apôtres, Jeanne d’Arc, Socrates ou Soljenitsyne.

Lors des premiers débats on avait déjà entendu une liste d’affirmation saugrenues :

« Quand on lit vos textes sacrés, il faudrait, paraît-il, tenir compte du contexte historique »

« Si vos textes étaient inspirés par Dieu, ils offriraient forcément une morale universelle et intemporelle »

« Il ne faut pas interpréter », etc, etc.

Mais d’où sortent ces faux principes ? Sur quoi sont-ils fondés ?

Il faut bien sûr éviter des tas d’attitudes déraisonnables qui conduisent à mal lire la Bible :

  • Projeter les concepts du XXIème siècle et tout ce qu’on a en tête sur cette bibliothèque antique
  • Ne pas tenir compte des genres littéraires très divers proposés par des auteurs très divers
  • Penser que les mots et les images sont « clairs » ou devraient être claires et immédiatement compris
  • Regarder Dieu comme seul auteur et rejeter ainsi toute erreur humaine comme impossible,
  • Traquer les erreurs scientifiques, historiques ou philosophiques pour invalider la Bible
  • Ne pas tenir compte de la pédagogie divine et de la mission particulière confiée au peuple élu
  • Se placer avec orgueil au-dessus du texte et prétendre le juger plutôt que d’essayer de le comprendre
  • Avoir une conception magique de la préservation du texte ou de son inerrance
  • Croire que je peux comprendre seul sans le secours de la Tradition et sans un travail sérieux

Regarder avec un « œil mauvais » c’est :

  • Avoir beaucoup de parti pris,
  • Cumuler les erreurs de méthode,
  • Avoir des conceptions théoriques, simplistes, binaires et magiques de la Bible,
  • Se fonder sur des principes erronés et mal fondés,
  • Ignorer totalement le contexte culturel
  • Ignorer le contexte linguistique,
  • Méconnaître les buts de la Bible, sa nature et ses auteurs

Quand on part avec des axiomes aussi faux, il ne faut pas s’étonner que toute démonstration qui en découle soit complètement à côté de la plaque. Critiquer la Bible en la lisant avec les idées du XXIe siècle occidental, sans formation exégétique, sans connaissance des langues sémitiques, sans prise en compte de la tradition d'interprétation, etc. ce n'est pas de la rigueur intellectuelle. Ce n’est pas sérieux. C'est de l'amateurisme, aussi sincère soit-il.

Voici les différents arguments exposés par Thomas Guénolé et les réponses promises :

1 « Pour être crédible, c'est-à-dire digne de confiance, confiance, un texte doit remplir trois conditions au moins :

Ses affirmations factuelles doivent être exactes.

Il doit être cohérent, c'est-à-dire qu'il ne doit pas se contredire lui-même.

Et son texte doit avoir été transmis honnêtement, c'est-à-dire sans erreur grave ni falsification.

Je vais soutenir devant vous que la Bible ne remplit aucune de ces trois conditions et que, par conséquent, elle est indigne de confiance en tant que texte censé nous apporter de la vérité, et donc elle n'est pas crédible ».

Cette position est fausse pour quatre raisons :

1. Elle n’intègre pas le fait qu’il existe différents genre littéraires : par exemple, un poème, un récit mythique, une image phénoménologique (« le soleil se lève »), une hyperbole (« il pleut des cordes »), une apocalypse, une parabole, une fable de La Fontaine seraient exclus par cet a priori méthodologique.

2. Elle méconnait le fait que la Bible qui comporte 73 livres rédigés sur plus de 1000 ans tout sauf un livre monolithique et qu’elle se présente au contraire comme une bibliothèque de livres de natures très différentes.

3. Elle utilise le concept de contradiction sans l’avoir défini et ouvre la porte à toutes les interprétations pharisiennes qui procèdent de l’idolâtrie des mots.

4. Elle ne comprend pas le processus de révélation qui inclut aussi le process de transmission dans lequel l’interaction avec Dieu est aussi possible.

Aucun historien sérieux n'applique ces standards à Hérodote, à Tite-Live ou aux annales égyptiennes, dont on accepte pourtant la valeur historique malgré des exagérations rhétoriques, des reconstitutions de discours ou des lacunes chronologiques.

Il ne faut pas avoir une conception fondamentaliste de l'inspiration divine. L'inerrance porte sur ce que les auteurs affirment réellement, selon leur intention et leur genre littéraire, et sur la vérité que Dieu a voulu transmettre pour notre salut. Il faut déterminer le sens que l’auteur sacré a voulu exprimer et a effectivement exprimé, en tenant compte de son époque, de sa culture et de son genre littéraire. Quant aux erreurs de copistes, elles ne prouvent pas une erreur des textes originaux. La critique textuelle est nécessaire et elle permet de repérer les variantes et de reconstruire le texte avec une grande précision.

Il faut toujours se rappeler que les auteurs humains de la Bible n'étaient pas des sténographes divins, que Dieu a laissé les auteurs sacrés utiliser leurs propres mots et transmettre leur vision du monde ; que les auteurs humains de la Bible n'écrivaient pas des manuels scientifiques ; que le langage des apparences n'est pas une erreur ; que la diversité des genres littéraires bibliques permet de communiquer des faits vrais et historiques à travers l'utilisation d'un langage poétique ou symbolique et non littéral ; que des descriptions différentes ne sont pas des contradictions comme nous le verrons.

2 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle raconte des événements dont il n'existe aucune preuve archéologique alors qu'il devrait y en avoir. Par exemple, l'Exode qu'évoquait Olivier tout à l'heure, très bon exemple. On parle de la fuite d'Égypte d'un peuple entier, d'hommes en âge de combattre avec les femmes et les enfants pendant 40 ans. Il y a zéro preuve archéologique, malgré des dizaines d'années de fouilles pour essayer d'en trouver. Il n'y a pas de preuve archéologique de l'Exode, alors que compte tenu du caractère massif du phénomène dont on parle, le phénomène est forcément C'est un peu de l'événement massif, puisqu'on parle d'un peuple qui a été réduit en esclavage et qui ensuite s'en va. Ça fait nécessairement du monde. Il n'y a pas de traces archéologiques, aucune ».

Qu’est-ce qu’on aurait dû retrouver, sachant en plus qu’on a fouillé moins de 1% du territoire égyptien ? Quelles traces historiques ou archéologiques aurait dû laisser 2000 ans après le passage dans le désert d'un peuple nomade vivant sous des tentes ? Qu’est-ce qu’on a comme vestige d’Attila ou de Gengis Khan ? Le mot « Arabe » veut dire aussi « Nomade », comme le mot « Hébreu » : on sait que les Arabes ont existés et ont parcouru ces régions dans tous les sens mais pour les mêmes raisons, où sont traces historiques et archéologiques ?

Même l'archéologue sceptique Israel Finkelstein admet que « les sociétés nomades n'établissent pas de maisons permanentes... leurs ressources limitées ne facilitent pas la création d'une culture matérielle florissante susceptible de laisser de riches trouvailles archéologiques ».

De plus, en Egypte, l'absence de vestiges directs a par ailleurs une explication matérielle simple : les archives sur papyrus du delta du Nil, zone d'humidité constante, n'ont pratiquement aucune chance de survie sur trois mille ans. La totalité des archives officielles de la région orientale du delta pour le XIIIe siècle av. J.-C. a disparu, qu'il y ait eu ou non mention d'Hébreux.

Ce qui est certain par contre c’est :

- que l’histoire de l’Égypte atteste abondamment la présence de populations sémitiques venues du Levant, leur emploi comme serviteurs ou travailleurs, et des mouvements de populations par la frontière orientale. Par exemple, le papyrus Brooklyn 35.1446, témoigne de nombreux serviteurs portant des noms sémitiques,

- que l’Exode est le texte de la Bible qui contient de très loin la plus grande concentration de mots d’origine égyptienne,

- que la stèle de Mérenptah (vers 1208 av. J.-C.) atteste qu’un groupe nommé Israël est déjà présent en Canaan à cette date, conformément à la chronologie biblique,

- que l'égyptologue sir Alan Gardiner, généralement peu enclin à reconnaître l'historicité de l'Ancien Testament, affirme que « personne, parmi les historiens, ne pourrait douter qu'Israël se trouvait en Égypte sous une forme ou une autre ». Il explique l'absence de sources sur le départ par la situation des Israélites dans le pays de Goshen, où les crues annuelles du Nil recouvraient régulièrement les zones de nouvelles couches de sol, rendant les artefacts difficiles à retrouver,

- que les historiographies antiques passaient couramment sous silence les échecs de leurs commanditaires (par exemple, la bataille de Qadesh, revendiquée comme victoire par les deux camps opposés, Égyptiens et Hittites).

Cependant, il y a un sujet que je discute depuis des mois avec Lionel Robine, un rabbin juif orthodoxe qui a fait avec un autre rabbins 10 vidéos sur Torah Box pour répondre à une vidéo que j’avais faite sur la chaîne YouTube de Marie de Nazareth : «Jésus est bien le Messie attendu par Israël selon les prophéties bibliques ».
Au récit de l’Exode ont lit « Les fils d’Israël partirent de la ville de Ramsès en direction de Souccoth, au nombre d’environ six cent mille sans compter les enfants » (Ex 12,37) soit 2 à 3 M de personnes.

Mais c’est matériellement impossible :

  • S’ils marchaient à 4 de rang tous les 2 mètres, la file aurait fait 1500 km (le Sinaï est à 300 km).

  • A 5 km/h, il aurait fallu 12 jours et non quelques heures pour franchir la Mer Rouge (cf. Ex 14,27)

  • Dans les images classiques du campement, il y aurait 2000 personnes par tente …

Lionel et les juifs actuels croient qu’il faut prendre les chiffres de la Torah non de manière symbolique mais à la lettre : ce serait un miracle qui aurait duré 40 ans mais cela ne parait pas très raisonnable.

Une des solutions possibles est que le mot « eleph » qui signifie « mille » peut signifier aussi « clan » (Jg 6,15 ; 1 Sa 17,18). C’est une possibilité intéressante mais le passage de Nb 1,20-46 qui reprend et additionne les chiffres en détail tribu par tribu reste à comprendre.

3 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle raconte des événements contredits par la science. Par exemple, dans la Genèse, Dieu donne à Noé des consignes pour échapper au déluge. Il lui dit de construire un bateau. Et il est très précis dans ses recommandations. Pour ceux que ça intéresse, je vous invite à lire ce passage de l'Ancien Testament. Il lui dit: Voilà, tu dois faire telle hauteur, tel truc, etc. Moi, je n'y connais rien en navigation. Donc ce n'est pas moi qui vais vous dire que le bateau construit en suivant les recommandations de Dieu ne peut pas prendre la mer. Ce n'est pas à moi de vous le dire. C'est à l'étude de Ong et Ali en 1994, assez paradoxalement publiée par une revue créationniste qui s'appelle Journal of Creation. Ils ont eu l'ouverture d'esprit et l'honnêteté intellectuelle que je salue de publier cet article. Et cet article dit qu'en termes d'ingénierie navale, non, notamment en raison d'un phénomène dont je ne connaissais pas l'existence à titre personnel et qui s'appelle le problème de la poutre en flexion, la coque en bois se tort, prend l'eau et se brise. Donc, si vous suivez les consignes de Dieu pour faire votre bateau en bois façon arche de Noé, votre bateau va coulerJe ne vous parle même pas de faire entrer des dizaines de milliers d'espèces animales à un couple par espèce dans un bateau de cette taille ou dans n'importe quel bateau d'ailleurs ».

Des traditions de déluge catastrophique, indépendantes les unes des autres, se retrouvent dans plus de deux cents cultures à travers le monde, et une strate d'inondation majeure a été identifiée archéologiquement à Shuruppak, en Mésopotamie, vers 2900 av. J.-C.

Le mot hébreu eretz, traduit par « terre », peut aussi signifier « pays » ou « région », comme en Genèse 41,57, où « tout l'eretz vint en Égypte acheter du grain » sans que cela signifie que toute la planète s'y soit rendue. Le déluge correspond vraisemblablement à un événement « régional » qui a marqué la mémoire de l’humanité et il a donc un caractère historique mais la critique part d’une lecture créationniste fondamentaliste et transforme le récit biblique en traité scientifique, puis reproche au traité qu’il vient de fabriquer d’être mauvais. Or, il ne s’agit pas de décrire, au sens moderne, un événement d'ingénierie navale planétaire. Genèse 1–11 n'est ni un traité de zoologie (il ne peut s’agir de « toutes les espèces ») ni un manuel d'ingénierie navale.

Par ailleurs, l’étude citée n’a rien d’infaillible. Il n’est pas prouvé que l’Arche décrite n’aurait pas pu flotter.

4 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle contient également des anachronismes. Par exemple, la Genèse mentionne des chameaux comme animaux domestiques à l'époque des patriarches, c'est-à-dire vers moins 2 000, moins 1 500. Pharaon offre des chameaux à Abraham. Jacob possède des chameaux. Sauf que les analyses de radiocarbone d'Herez Ben Yossé de Joseph et de Lidar Sapir N de l'Université de Tel Aviv, ont conclu que le chameau n'a pas été domestiqué dans la région avant moins 1 000. Donc, il s'agit nécessairement de faits qui ont été inventés au moins 100, 100 ans, voire mille ans après l'époque à laquelle ils sont censés avoir lieu ».

L’idée que les chameaux n'auraient pas été domestiqués avant le Xe siècle av. J.-C., c’est-à-dire bien après l'époque des patriarches, est complètement fausse. Il n’y a aucun anachronisme sur les chameaux qui sont mentionnés en Gn 12, 14-16 ; 24, 63 ; 30, 43 ; 37, 25 :

- Des peintures rupestres et des illustrations sur poteries attestent que les chameaux étaient domestiqués à l'époque des patriarches, et même auparavant (Lidar Sapir-Hen et Erez Ben-Yosef, « The Introduction of Domestic Camels to the Southern Levant », Tel Aviv 40 (2013), p. 277-285).

- Des pétroglyphes de chameaux près d'Assouan et de Guézireh en Haute-Égypte ont ainsi été datés du IIIe millénaire av. J.-C.(cf. Michael Ripinsky, « The Camel in Dynastic Egypt », Journal of Egyptian Archaeology 71 (1985), p. 134-141).

- Dans son étude sur la domestication du chameau, Martin Heide conclut que l'usage du mot « chameau » dans les récits patriarcaux « peut désigner, du moins en certains endroits, le chameau de Bactriane » — un chameau à deux bosses qui migrait depuis les régions montagneuses d'Iran (cf. Martin Heide, « The Domestication of the Camel », Ugarit-Forschungen 42 (2011), p. 367-368).

- La domestication du chameau est attestée bien plus tôt que le X° siècle v J-C, en Arabie et dans le Golfe, régions avec lesquelles l'Égypte et les élites levantines entretenaient des contacts commerciaux et diplomatiques dès le IIe millénaire.

Dans le texte biblique, le chameau n'est jamais présenté comme bête de somme banale d'un berger cananéen, mais comme cadeau diplomatique offert par Pharaon (Genèse 12,16) ou comme bien de prestige possédé par un patriarche particulièrement fortuné (Genèse 24,10 ; 30,43) — c'est-à-dire un animal exotique et rare, importé par le commerce caravanier de longue distance, bien avant sa généralisation dans l'élevage local.

5 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle raconte des événements très marquants qui ne sont confirmés par aucune autre source extrabiblique. Aucune. Par exemple, Matthieu raconte le massacre de tous les enfants mâles de deux ans et de moins de deux ans dans la région de Bethléem, sur ordre du roi Hérode. Or, aucune source, en dehors de la Bible, ne mentionne ce massacre. Aucune. Pourtant, Flavius Joseph, qui est un historien juif très hostile à Hérode et qui raconte les crimes d'Hérode avec pas mal de détails, y compris l'exécution de ses propres fils, il ne mentionne nulle part ce massacre des nourrissons, des bébés, il n'en parle pas ».

Le « Massacre des innocents » correspond parfaitement au caractère paranoïaque et impitoyable du roi Hérode, rongé par la paranoïa dynastique, qui selon Josèphe, fit exécuter sa propre épouse Mariamne, plusieurs de ses fils (dont Alexandre et Aristobule), et un grand nombre de courtisans sur simple soupçon de complot. Josèphe cite le mot prêté à César Auguste selon lequel « il valait mieux être le cochon d'Hérode que son fils ». Au Ier siècle Bethléem devait avoir moins de 1000 habitants et n'était pas une grande ville. Le nombre de garçons de moins de deux ans concernés se serait donc compté en quelques dizaines tout au plus, non en centaines ou en milliers. Il s’agit donc d’un événement local, sans écho politique majeur, dans un empire où l'infanticide n'était pas perçu comme l'abomination morale qu'il représente aujourd'hui.

Par ailleurs, le silence de Josèphe ne prouve rien. Il ne dit évidemment pas tout. Par exemple, il ne parle nulle part de l'expulsion des Juifs de Rome par Claude en 49 apr. J.-C. (rapportée par Suétone et les Actes, mais absente de Josèphe et de Tacite), ni de l'affaire des boucliers dorés de Ponce Pilate (rapportée seulement par Philon d'Alexandrie). Le massacre n'avait aucune raison de retenir l'attention d'un historien comme Josèphe, dont le projet (les Antiquités judaïques et la Guerre des Juifs) se concentre sur les intrigues de cour, la politique dynastique et les grands conflits, pas sur les faits divers de province.

Le pape Léon XIII dénonçait le « double standard » consistant à accepter sans hésitation un document profane, mais à rejeter l'Écriture à la moindre absence de confirmation.

6 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle raconte des phénomènes qui violent les lois de la physique. Par exemple, dans la Genèse, Dieu crée la lumière au premier jour. Il ne crée le soleil, la lune et les étoiles qu'au quatrième jour. Or, je ne vous apprends rien, la lumière visible sur Terre, elle est produite par le soleil et les étoiles, donc ce n'est pas dans le bon ordre ».

Genèse 1 n’est pas un compte-rendu chronologique et scientifique de la formation de l'univers.

Cette vision erronée n'est pas nouvelle : le critique païen Celse la supposait pour s'en moquer déjà au IIe siècle, de même que les Manichéens au IVe siècle. Origène leur répondait : « Je ne suppose pas que quelqu'un doute que ces choses indiquent figurativement certains mystères, l'histoire ayant eu lieu en apparence, et non littéralement. » Saint Augustin proposait que l'auteur sacré ait pu « séparer dans le temps de son récit ce que Dieu n'a pas séparé dans le temps de son acte créateur ».

Selon la « théorie du cadre » (framework interpretation), les jours 1 à 3 créent les « domaines » (ciel, eaux, terre), les jours 4 à 6 en créent les « habitants » (astres, oiseaux et poissons, animaux terrestres), ce qui explique que le soleil, résidant du domaine créé au jour 1, ne soit peuplé qu'au jour 4. L'Écriture présente l'œuvre du Créateur « symboliquement comme une succession de six jours de "travail" divin » (CEC n° 337).

Le récit des sept jours est une composition liturgique et théologique très structurée à partir d’un donné culturel commun à toute la Mésopotamie, et sa fonction principale est polémique : elle désacralise systématiquement le soleil, la lune et les étoiles, divinités centrales des panthéons mésopotamien et égyptien contemporains, en les réduisant au rang de simples « luminaires » fabriqués par le Dieu unique — ils ne sont même pas nommés par leur nom propre (« le grand luminaire », « le petit luminaire »), afin d'éviter toute connotation divine.

Dans cette clé de lecture théologique et polémique, la « lumière » du premier jour n'est pas un phénomène physique isolé à faire correspondre au spectre électromagnétique, mais une catégorie théologique : l'irruption de l'ordre divin contre le chaos et les ténèbres primordiales, une lumière qui, dans plusieurs traditions juives et chrétiennes anciennes, est associée à la présence et à la gloire de Dieu lui-même plutôt qu'à une source astronomique. Chercher une cohérence physique entre les jours 1 et 4, c'est appliquer au texte un souci de séquence scientifique qu'il n'a jamais eu la prétention de donner.

7 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle raconte des catastrophes qui n'ont laissé aucune trace géophysique. Je ne reviens pas sur le déluge parce que j'essaie de varier mes exemples. Je vais vous prendre un autre cas qui est que dans Josué, le soleil arrête sa course sur Gabaon et la lune arrête la sienne sur la vallée d'Absalon. Ça suppose l'immobilisation de la Terre sur son axe et de la Lune sur le sien autour de la Terre. Admettons que cela ait eu lieu. Je ne l'admets pas parce que c'est contraire aux lois de la physique, mais admettons pour les besoins de ma démonstration. Ça suppose, entre autres conséquences, l'arrêt du cycle jour-nuit, le déclenchement de marées géantes et tout ça, donc, nécessairement constaté par toutes les civilisations du monde en même temps. Or, aucune source d'autres civilisations n'en parle. Aucune source chinoise, aucune source babylonienne, aucune source égyptienne, etc. Je vous rappelle ou je vous apprends, je ne sais pas si vous le saviez déjà, que les archives astronomiques chinoises, babyloniennes, égyptiennes, franchement précises sur cette période, mais bien, elles ne mentionnent absolument pas un tel événement qui, normalement, aurait dû attirer légèrement leur attention ».

Le XXème siècle nous a offert un phénomène très comparable avec le miracle du soleil de Fatima. Le même genre de critique pourrait être adresser à ce miracle constaté par des dizaines de milliers de personnes dans un rayon de 30 km : si le soleil avait bougé comme ils l’ont vu, il y aurait dû avoir des raz de marée géants et la Terre entière en aurait parlé. Mais non, au-delà de 30 km personne n’a rien vu. Est-ce qu’il ne s’est pourtant rien passé ? Non, évidemment comme le démontre très clairement le chapitre 21 du livre Dieu, la science, les preuves.

Comme disait Bossuet, « il faut tenir les deux bouts de la chaîne » si on veut être dans la vérité.

Le récit de Josué correspond certainement à un phénomène surnaturel du même type, localement vécu par des témoins mais n’impliquant pas le soleil dans sa réalité physique.

Autre possibilité, puisque le texte de Josué 10,13 cite explicitement sa propre source : « cela n'est-il pas écrit dans le Livre du Juste ? » (Séfer haYashar), un recueil poétique aujourd'hui perdu : l'auteur a pu vouloir signaler lui-même qu'il rapporte un chant de victoire, un genre poétique hyperbolique très codifié dans le Proche-Orient ancien, et non un rapport astronomique. Ce type d'hyperbole cosmique en contexte de victoire militaire est un lieu commun de la rhétorique royale antique : les annales égyptiennes et assyriennes emploient couramment des formules similaires (« le soleil s'arrêta », « les astres combattirent pour le roi ») pour célébrer une victoire décisive, sans qu'aucun historien n'en déduise une prétention à décrire un événement astronomique littéral.

Le même chapitre mentionne d'ailleurs, dans le verset qui précède immédiatement le passage cité, une chute de grêle providentielle qui tue davantage d'ennemis que l'épée israélite (Josué 10,11), un indice interne suggérant que l'auteur théologise une victoire militaire rapide et décisive (peut-être prolongée par une lumière inhabituelle, un phénomène de réfraction atmosphérique, ou simplement l'impression subjective d'une journée de combat qui « ne finit pas ») plutôt que de revendiquer un arrêt littéral de la mécanique céleste. Exiger une confirmation astronomique chinoise ou babylonienne d'un événement que le texte biblique lui-même présente comme un chant poétique cité en note de bas de page revient à mal identifier le genre littéraire de la source.

8 « La Bible n'est pas crédible, par ailleurs, parce qu'elle se contredit elle-même. Par exemple, dans Genèse 1, Dieu crée les animaux terrestres et ensuite, il crée l'être humain. Mais dans Genèse 2, Dieu crée l'être humain et ensuite, il crée les animaux terrestres. C'est une contradiction flagrante. Ça ne peut pas être les deux à la fois ».

Sur le plan strictement grammatical, la difficulté est facile à surmonter : plusieurs traductions reconnues (dont la New International Version) rendent le verbe de Genèse 2,19 par un plus-que-parfait : « Dieu avait formé » les animaux, une forme verbale parfaitement défendable en hébreu biblique classique compte tenu de la syntaxe narrative du texte, ce qui supprime la contradiction de séquence au niveau du texte source. Il y a donc reprise et changement de perspective, pas contradiction chronologique.

De plus ce sont deux récits différents composés à deux moments différents qui donnent chacun un éclairage différent sur la réalité de l’homme avec un langage symbolique, aucun ne revendique un caractère de récit historique.

9 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle se contredit sur des événements théologiquement très importants d'un point de vue chrétien. Par exemple, le nombre de femmes présentes au tombeau au matin de Pâques, pour l'événement que vous savez, varient selon les Évangiles Matthieu vous dit qu'il y en avait deux. Marc vous dit qu'il y en avait trois. Luc vous dit qu'il y en avait cinq. Et Jean ne mentionne que Maria Magdalena. Si on les avait emmenés comme témoins à un commissariat de police, on aurait conclu qu'il y a un problème. Ils ont tous vu quelque chose de différent, si tant est qu'il l'ait vu ».

Il n’y a aucune contradiction dans les Evangiles, dont le genre littéraire est celui du témoignage juridique sous serment. Et comme dans tous les témoignages, chacun décrit les choses de son propre point de vue et dit des choses évidemment différentes du voisin.

Aucun évangéliste ne dit « il n'y avait que ces femmes ». Matthieu en nomme deux, Marc trois, Luc trois puis « les autres », Jean focalise sur Marie Madeleine ; Jean lui-même lui fait dire « nous ne savons pas où on l'a mis ». Une liste partielle ne contredit pas une liste plus complète.

L'analogie policière employée dans la critique se retourne en réalité contre elle-même. En matière de témoignages indépendants, des relevés strictement identiques, mot pour mot, sur les détails secondaires, éveillent la suspicion de concertation ou de copie ; à l'inverse, des témoignages qui convergent et se complètent (tombeau vide, intervention angélique, primauté des femmes comme premières témoins) tout en exprimant de manière différente les détails secondaires (l’identité des différents acteurs) sont le signe classique de témoignages authentiquement indépendants.

Il suffit de lire le récit complet de la grande visionnaire Maria Valtorta pour voir qu’il existe au moins un déroulement cohérent de la venue des femmes au tombeau, en différents groupes successifs, qui rende compte exactement des témoignages, et qu’il n’y a évidemment aucune contradiction dans tout cela (https://valtorta.fr/glorification-de-jesus-et-marie/index.html)

Il faut enfin souligner que dans une société juive du Ier siècle où le témoignage d'une femme n'avait aucune valeur légale reconnue, le choix unanime des quatre évangélistes de faire des femmes les premières témoins de la résurrection est un indice supplémentaire d'authenticité historique : un rédacteur soucieux de crédibilité aurait plutôt inventé des témoins masculins.

10 « La Bible n'est pas crédible parce qu'il y a aussi des contradictions à l'intérieur d'un même Évangile. Parce qu'à la rigueur, on pourrait dire: Des évangiles différents ne s'accordent pas exactement, admettons. Mais en plus, il y a des contradictions dans le même évangile. Par exemple, dans Luc, tu citais Olivier Luc tout à l'heure, qui c'est vrai que Luc est précis. Et Luc, il dit que la naissance de Jésus a eu lieu sous le règne d'Hérode le Grand et lors du recensement romain de Quirinius. Et c'est intéressant parce que la fin du règne d'Hérode, pour cause de décès, c'est en l'an 4, et le début du recensement de Quirinius, c'est en l'an 6. Donc, il y a 10 ans d'écart, alors que la naissance de Jésus doit être contemporaine des deux à la fois. C'est une contradiction interne à l'Évangile de Luc ».

Cette difficulté chronologique est connue depuis longtemps par l'exégèse.

Le verset de Lc 2,2 est historiquement le plus problématique, en laissant entendre que Quirinius serait gouverneur de Syrie lors du recensement de la Nativité, vers 6 av. J.-C., alors que nous savons qu’il était gouverneur de Syrie de 6 à 9 ap. J.-C..

Les travaux historiques ont montré qu’il y avait bien un recensement général de population de tout l’empire romain, décidé en 8 av. J.C., puis un recensement fiscal limité à la Syrie en 6 ap. J.C. à l’occasion de l’intégration de la Judée à la province romaine, et dont parle Gamaliel dans le récit des Actes de Apôtres.

Pour le recensement général commencé en 8 av. J.-C., une mise en œuvre en 6 av. J.C. en Syrie est possible étant donnée l’ampleur de la tâche.

Certains chercheurs pensent que Quirinius aurait eu un premier mandat au moment du recensement général de population, donc vers 8 à 6 avant J.-C.: c’est possible, mais la démonstration n’est pas absolument convaincante.

Une autre explication est possible en partant du texte araméen et de l’origine orale du passage concerné. On peut comprendre l’araméen de la façon suivante : « ce premier recensement eut lieu dans la province de Quirinius, en Syrie », l’araméen ne faisant pas de distinction entre l’exercice du gouvernement et la région qui est gouvernée. Or ce verset fait partie d’un ensemble oral de l’Enfance de Jésus qui se termine avec l’épisode du recouvrement de Jésus au Temple (Lc 2,41-50), donc probablement finalisé à l’été 8 ap. J.-C. ou peu après. En oralité, on désigne les gens et les choses par la façon dont ils sont connus au moment où l’on finalise la composition orale. En 8 ou 9 ap. J.-C. la Syrie est bien connue comme la province gouvernée par Quirinius.

11 « La Bible n'est pas crédible, par ailleurs, parce que des versets ont été ajoutées au manuscrit d'origine. Je vais le répéter parce que c'est très grave. La Bible n'est pas crédible parce qu'elle a été falsifiée. Elle des versées ont été ajoutées au manuscrit d'origine. Je pourrais en fait utiliser uniquement cet argument, vous l'exposé en quelques minutes et m'arrêter là. La Bible n'est pas crédible parce qu'elle a été falsifiée. Par exemple, dans Jean, tout le Tout le monde connaît, en tout cas tout le monde ayant une culture chrétienne, même élémentaire, tout le monde connaît l'épisode de la femme adultère, dans Jean. Cet épisode est absent des plus anciens papyri grecs, par exemple P 66, P 75, et il est absent de tous les manuscrits grecs antérieurs au VIIIᵉ siècle. Et quand il apparaît dans les manuscrits ultérieurs, cet épisode apparaît à des endroits variables selon les copies. Ce qui fait conclure aux experts en critiques textuelles de la Bible, critique pas au sens dire du mal, au sens analyser avec un esprit critique, que c'est un ajout. D'abord instable dans son positionnement et qui ensuite finit par se stabiliser à un endroit qui est standardisé. C'est extrêmement grave en termes de possibilité de faire confiance en la Bible, puisqu'il Il y a des bouts qui ont été rajoutés en cours de route. »

Les faits de critique textuelle rapportés sont exacts, et l'exégèse catholique moderne ne les dissimule en rien : les éditions critiques catholiques du Nouveau Testament (dont la Bible de Jérusalem) signalent explicitement, en note, que ce passage est absent des plus anciens témoins grecs et que sa position est instable dans la tradition manuscrite. Il ne s'agit donc pas d'un fait caché, mais d'un fait pleinement intégré à l'enseignement biblique catholique depuis plus d'un siècle de critique textuelle scientifique, encouragée par le magistère lui-même depuis Divino Afflante Spiritu.

Tout d’abord, il convient de remettre les choses en proportion. Nous parlons ici des quatre textes évangéliques qui représentent 3800 versets, et qui sont les textes les mieux connus avec des sources particulièrement nombreuses et particulièrement anciennes par rapport à tous les autres textes de l’antiquité. Elles sont également particulièrement diversifiées (langues, régions) et malgré un contexte politique de l’époque très divisé en Orient et Occident, les différences d’un manuscrit à l’autre sont à la fois nombreuses (du fait du grand nombre de manuscrit) mais en fait d’ampleur très limitées : dans leur immense majorité un écart d’un mot ou de quelques mots liés à des coquilles (à la lecture ou à l’écriture), un oubli de copiste, un écart de traduction, très rarement un ajout.  En fait, les évangiles sont bien, de tous les textes de l’histoire humaine, les plus stables et les plus fiables.

La sensibilité des vélins aux micro-organismes (sauf en zone exceptionnellement sèche), les destructions des guerres, et les pratiques issues du judaïsme (on enterre les manuscrits sacrés usagés) font que nous ne disposons que peu de témoins antérieurs au Ve siècle.

Aucune de ces variantes n’a d’impact doctrinal : elles ne changent rien à ce qu’enseigne l’Eglise depuis toujours. Le message au travers des quatre textes évangéliques est tellement redondant qu’aucune division dans l’Eglise (malheureusement, il y en a eu) n’est lié au choix de telle ou telle variante dans ces textes. Et on ne saurait dégager des « familles » de variantes qui présenteraient un biais systématique. Il est donc aussi injustifié que malveillant de parler de « falsification ». Etant donnée la diffusion très rapide de l’Eglise et des évangiles, une telle « falsification » aurait nécessairement entraîné un schisme. Or il y a eu des schismes, mais jamais pour des questions de variante et encore moins pour cette péricope de la « femme adultère »

En l’occurrence, nous parlons ici de 13 versets (sur 3 800) présent dans certains manuscrits et absents dans d’autres. Ce que la critique appelle « falsification » relève en réalité d'un processus de transmission textuelle complexe mais documenté, qui n’a rien à voir avec une fraude intentionnelle : l'épisode est attesté très tôt par la tradition (une tradition rapportée par Papias, vers 110, selon Eusèbe de Césarée, et présente dans la Didascalie des Apôtres, IIIe siècle), qui a pu être transmis de façon orale ou dans des collections annexes avant d'être fixé par écrit à un endroit variable du texte évangélique, un phénomène de flottement documentaire connu pour d'autres péricopes anciennes de la tradition orale chrétienne.

La reconnaissance de son caractère canonique par l'Église ne repose donc pas sur le critère, étranger à la démarche patristique, du « manuscrit grec le plus ancien conservé », mais sur le discernement de la Tradition apostolique vivante : réception liturgique universelle et constante depuis l'Antiquité, cohérence théologique et stylistique avec le message évangélique de miséricorde, intégration stable dans la Vulgate depuis saint Jérôme (IVe siècle) et dans le texte canonique Byzantin (VIe). C'est exactement le même principe qui a permis à l'Église de discerner l'ensemble du canon scripturaire, dont aucun livre n'a été reçu sur le seul critère de l'ancienneté matérielle du plus vieux fragment retrouvé.

Si l’on détaille un peu plus la question, l’analyse de la structure de l’Evangile de Jean mais aussi le style du texte montre qu’effectivement, cette péricope ne faisait pas partie de la composition initiale du texte d’enseignement de l’Apotre Jean. En revanche, elle est parfaitement cohérente avec la série des « controverses » entre Jésus et les pharisiens, que l’on retrouve dans les trois évangiles synoptiques : elle en a la forme, le style et le vocabulaire. Nous avons toutes les raisons de croire qu’il s’agit bien d’un texte d’origine apostolique : il en a toutes les qualités.

Selon la tradition de l’Eglise de l’Orient, cette péricope aurait eu initialement sa place dans l’Evangile de Matthieu (le plus ancien, et le lectionnaire de la première communauté judéo chrétienne, dont l’ Eglise de l’Orient est l’héritière) — probablement entre le verset 19:2 qui se passe au gué du Joudain, et le verset 19:3, au Temple — puis en aurait été retiré pour éviter de laisser croire aux fidèles que l’adultère était quelque chose dont la gravité pouvait être relativisée. Il aurait été conservé à part, puis inséré dans le texte de Jean, texte destiné initialement à un enseignement spirituel de plus haut niveau, et donc appris par les confesseurs.

En tout cas, aucun exégète sérieux n’a jamais pensé qu’il s’agissait d’un texte apocryphe né en dehors de la tradition apostolique, au point que le groupe d’expert « Nestle Aland » l’a conservé dans le texte de Jean de leur édition critique, malgré tous les indices indiquant qu’il ne faisait certainement pas partie du texte initial de Jean.

12 « La Bible n'est pas crédible parce qu'un verset d'importance doctrinale énorme est une falsification des manuscrits anciens d'origine. 1 Jean 5, verset 7 à 8. Vous allez voir tout de suite en quoi il est important. Le Père, le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un. C'est le seul passage du Nouveau Testament qui définit explicitement et clairement la Sainte Trinité. Le seul. Or, il est absent de tous les manuscrits grecs avant le ... tout le monde est bien assis. Avant le XIVᵉ siècle. Le plus ancien manuscrit grec qui contient ce passage, c'est le GA 629, qui est daté de l'an 1362. D'ailleurs, l'avait exclu pour cette raison de ces deux premières éditions du Nouveau Testament, celle de 1516 et celle de 1519, et il ne l'a intégrée qu'à celle de 1522, sous pression de l'Église. Encore une fois, le problème des falsifications suffirait à trancher la question de la crédibilité de la Bible. On ne peut pas faire confiance à un texte qui a été falsifié. C'est aussi simple que ça ».

Les faits matériels avancés sont exacts et l'Église catholique les a elle-même pleinement intégrés depuis un siècle : le Saint-Office, sous Pie XI, a publié en 1927 une déclaration reconnaissant explicitement aux exégètes catholiques la liberté d'examiner de façon critique l'authenticité du Comma johannique, confirmant qu'il ne s'agit pas d'un texte johannique original mais d'une glose latine tardive, entrée secondairement dans certains manuscrits grecs. Les éditions catholiques modernes du Nouveau Testament (Bible de Jérusalem, Nova Vulgata avec apparat critique) relèguent ce texte en note ou le signalent comme non authentique. Rien n'est dissimulé sur ce point précis, contrairement à ce que suggère la présentation de l'objection.

Mais l'inférence tirée par la critique, que la doctrine trinitaire tout entière reposerait sur ce seul verset falsifié, est complètement fausse. Aucun théologien, à aucune époque, n'a fondé la doctrine trinitaire sur ce seul texte : la Trinité s'établit par l'ensemble convergent du témoignage néotestamentaire et notamment la formule baptismale trinitaire de Matthieu 28,19 (« au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »), le prologue johannique (Jean 1,1), les bénédictions pauliniennes (2 Corinthiens 13,13), etc, et la réflexion théologique patristique des IIe et IIIe siècles (Irénée de Lyon, Tertullien, qui forge le mot latin Trinitas dès l'an 200 environ) menée entièrement sans recours à 1 Jean 5,7. Le Comma n'a jamais servi, dans l'histoire de la théologie catholique sérieuse, que de proof-text commode dans certains catéchismes post-tridentins. Sa disparition des éditions critiques modernes n'a d'ailleurs suscité aucune crise doctrinale, précisément parce que rien d'essentiel n'en dépendait. Une vidéo publiée par 1000 raisons de croire montre que la divinité du Christ est affirmée de 1000 manières par le Nouveau Testament: https://www.youtube.com/watch?v=8ygiIFl0aMc&t=39s

13 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle raconte que Dieu ordonne des crimes abominables tout en affirmant que Dieu est bon. Olivier, tu sais que je ne suis pas d'accord avec cet argument de replacer dans le contexte historique. Ce n'est pas un argument. Même en admettant qu'il faut replacer les règles pénales de l'Ancien Testament dans leur contexte historique, ça ne change pas le fait que là, on est dans un cas où Dieu ordonne quelque chose lui-même et directement, et personne n'avait rien demandé. Dieu intervient et dit: Fais ça. On n'est pas dans l'accommodement avec le contexte historico-cultural. On est dans: Dieu intervient en personne et dit: Fais ça. Et donc, dans Samuel, Dieu ordonne le génocide du peuple d'Amalek. Il ordonne lui-même et explicitement de tuer les hommes, les femmes, les enfants, les nourrissons et alors étonnamment, les animaux domestiques. Aussi. Donc vraiment, on bute tout le monde ».

C'est l'une des difficultés morales les plus sérieuses de l'Ancien Testament, et il ne faut ni la minimiser ni l'esquiver : le document de la Commission biblique pontificale « La Bible et la morale » (2008) traite explicitement de ces textes de guerre sainte comme d'un problème herméneutique majeur qui appelle une lecture attentive, non une lecture littérale directe.

Un premier élément de réponse est philologique et comparatiste : le langage d'extermination totale (« vouer à l'anathème », « ne rien laisser en vie ») est une formule stéréotypée, bien attestée dans la rhétorique de guerre du Proche-Orient ancien en dehors même de la Bible, la stèle de Mésha, roi de Moab (IXe siècle av. J.-C.), revendique en des termes quasi identiques avoir « totalement détruit » Israël, un peuple qui continue pourtant visiblement d'exister ensuite. Le texte biblique lui-même trahit sa propre hyperbole rhétorique : des Amalécites réapparaissent plus tard dans la Bible, notamment à l'époque de David et d'Ézéchias, ce qui montre que le récit de 1 Samuel n'était pas compris littéralement par les rédacteurs bibliques ultérieurs eux-mêmes comme une extermination totale et effective.

Un second niveau de lecture, patristique et toujours en vigueur dans la tradition catholique depuis Origène, comprend ces récits de conquête de façon typologique et spirituelle, comme un combat contre le mal et le péché, plutôt que comme un modèle moral à imiter ; aucun magistère catholique n'a jamais invoqué ce texte pour justifier une violence réelle. Enfin, la théologie de la révélation progressive (déjà présente dans l'enseignement du Christ lui-même sur la répudiation mosaïque, « c'est à cause de la dureté de votre cœur », Matthieu 19,8) situe la pleine révélation de la bonté de Dieu dans le Christ (Hébreux 1,1-2), sans exiger que chaque page vétérotestamentaire reflète univoquement cette plénitude, un principe herméneutique constant de la tradition catholique, non une invention défensive.

14 « Alors, la Bible n'est pas crédible parce que l'argument de la révélation divine est une référence circulaire. Ça ne vous aura pas échappé. Qui dit que la Bible est inspirée par Dieu ? C'est la Bible. Autrement dit, la Bible est crédible parce que la Bible dit qu'elle est crédible. C'est une référence circulaire. En tant qu'argument, ça n'a aucune valeur ».

Cette critique est complètement fausse parce que Jésus et la Bible passent leur temps à évoquer les 1000 raisons de croire qu’ils donnent à travers une multitude de signes, miracles et prodiges.

Bien avant le temps du Christ, les Hébreux disaient déjà avoir enraciné leur foi dans de puissantes preuves surnaturelles, données par Dieu tout au long de leur histoire. Leur confiance en Moïse s’appuie ainsi sur le fait que Dieu lui accorde sa puissance pour accomplir de grands signes devant Pharaon, les faire sortir d’Égypte, leur faire traverser la Mer Rouge et les conduire au Mont Sinaï, où il se révèle à tous dans les éclairs, les tonnerres, et le tremblement de la montagne (Cf. Ex 7-13 ; Ex 19,16-25 qui disent susciter la foi : cf. Ex 14,31 ; Dt 4,32,35). Le fondement de la foi chrétienne, lui, s’appuie sur le plus grand miracle de tous les temps : la Résurrection du Christ. Pour les chrétiens, cet immense tremblement de terre, qui a coupé l’histoire en deux, n'a cessé de produire d'innombrables répliques surnaturelles à travers l'histoire : signes, miracles, prodiges, apparitions et prophéties accomplies, depuis le temps du Christ jusqu’au temps de l’Église, et jusqu’à nos jours.

Attention : il ne s’agit bien sûr jamais de preuves absolues, du type de celles qu’on ne trouve que dans les univers limités (démonstrations mathématiques ou « mat en trois coups » aux échecs), mais de preuves telles qu’on en rencontre dans le monde réel. Elles sont de même nature que celles que rassemble un journaliste dans une enquête, ou que produit un avocat lors d’un procès. Elles constituent ainsi, pour reprendre les mots du Catéchisme de l’Église catholique, « des arguments convergents et convaincants qui permettent d’atteindre à de vraies certitudes » (CEC no 31)

Depuis saint Thomas d'Aquin (les « préambules de la foi ») jusqu'au concile Vatican I (Dei Filius), la théologie catholique distingue explicitement les motifs de crédibilité, établis par des voies rationnelles et historiques indépendantes du présupposé de l'inspiration, et l'adhésion de foi proprement dite, qui vient ensuite.

15 « La Bible, par ailleurs, n'est pas crédible parce que l'événement fondateur du christianisme, enfin, c'est-à-dire la résurrection de Jésus de Nazareth, n'est confirmé par aucune autre source extrabibliques. Aucune. Une fois Quand on enlève les interpellations chrétiennes, c'est-à-dire des ajouts de textes par des copies chrétiennes tardives, les sources extrabibliques les plus contemporaines, souvent citées, Flavius Joseph, Tacite, ne rapportent pas l'existence de la Résurrection. Tacite vous dit: Un Christus a été exécuté sous Pilate et une communauté chrétienne existe à Rome. Tacite, il dit ça et c'est tout. Flavius Joseph, il vous dit qu'un certain Jésus a été condamné à mort sous Pilate et que ses disciples croient qu'il a ressuscité. C'est tout. Et donc, on a quelqu'un qui est ressuscité d'entre les morts et il n'y a aucune source, aucune extra biblique qui dit: Vous savez quoi, les gars ? Il y a quelqu'un qui a ressuscité d'entre les morts. Zéro, rien ».

Par nature, une apparition post-mortem privée n'est pas le genre d'événement qu'un chroniqueur romain ou un historien juif comme Tacite (Annales, XV, 44) ou Flavius Josèphe (Antiquités judaïques, XVIII), dont l'attention se porte sur la politique et les affaires d'État, aurait consigné même s'il y avait cru, de la même façon qu'aucune source païenne contemporaine ne rapporte en détail les expériences religieuses privées d'innombrables mouvements sectaires de l'Antiquité, sans que cela remette en cause leur existence historique.

Ce que l'on possède, en revanche, est d'une qualité et d'une précocité remarquables pour l'Antiquité : la lettre de Paul aux Corinthiens (1 Corinthiens 15,3-8) transmet un credo antérieur à la lettre elle-même, que la quasi-totalité des spécialistes, y compris des historiens non croyants, situent à moins de cinq ans de la crucifixion, un délai extraordinairement court comparé aux critères ordinaires de la recherche historique ancienne, où l'on accepte couramment des sources bien plus tardives (les biographies d'Alexandre le Grand par Arrien ou Plutarque datent de trois à quatre siècles après les faits). Un ensemble de « faits minimaux », reconnus par la grande majorité des historiens du Nouveau Testament, croyants comme non-croyants (mort de Jésus par crucifixion, conviction sincère des disciples d'avoir vécu des apparitions, conversion soudaine de Paul et de Jacques, tombeau trouvé vide) constitue la matière du débat historique réel : ce qui est discuté est l'explication de ces faits, non leur existence même. L'absence d'un hypothétique bulletin officiel romain n'est donc pas une absence significative au regard de la nature même de l'événement rapporté.

16 « Deuxièmement, et ça, c'est un point qu'on oublie souvent, moi, il me semble vraiment fondamental, dans Matthieu, le Nouveau Testament raconte que tous les morts, tous, sont sortis de leur tombeau au moment de la résurrection de Jésus. C'est dans le Nouveau Testament. Je vous invite à vérifier. Tous les morts qui sortent de leur tombeau, il me semble que c'est un événement qui ne passe pas inaperçu. Il n'existe aucune source extrabiblique confirmant cet événement extraordinaire: les morts sont sortis de leur tombeau ».

D’abord, Matthieu ne dit pas « tous les morts », mais « beaucoup de corps de saints ». Mais plus fondamentalement, il n’y avait aucun intérêt à dire cela s’il ne s’était pas passé quelque chose de tout à fait spécial. Dans le genre littéraire des Evangiles, qui est celui du témoignage véridique, iI ne s’agit sans doute pas d’un langage apocalyptique exprimant que la mort du Christ inaugure la résurrection eschatologique, mais d’un prodige historique local comparable à une apparition ou une vision qui a une signification à mettre en rapport avec l’Ecriture (la vision des ossements desséchés d'Ézéchiel 37, par exemple).

Il faut noter en parallèle que la tradition du Talmud rapporte, pour la même année (30, c’est-à-dire 40 ans avant la destruction du Temple) des événements extraordinaires assez similaires à ceux rapportés par Matthieu : tremblement de terre remarquable qui ébranle le Temple, porte du Temple qui s’ouvre toute seule, arrêt définitif des miracles liés à la fête de Kippour…  

17 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle reprend des fictions littéraires plus anciennes qui, elles-mêmes, reconnaissent sans aucun problème qu’elles sont des fictions. Par exemple, le déluge de Noé, c'est une reprise des éléments clés de l'épopée de Gilgamesh et du Un poème datera à 6. Il y a une décision divine d'exterminer l'humanité. Un seul juste est choisi. Il y a la construction d'un bateau, il y a l'embarquement des animaux, il y a un envoi d'oiseau pour tester la décrue et il y a une démarche sacrificielle finaleMoi, je voudrais dissiper un malentendu. Ce n'est pas parce que je dis que ce sont des fictions, que je ne dis pas, par ailleurs, que ce sont de très belles fictions. Ce n'est pas le même sujet. Ça ne les empêche pas d'avoir une valeur morale, philosophique, tout ce que vous voulez. Simplement, ce n'est pas l'expression d'une vérité, non. Et donc, en l'occurrence, l'épopée de Gilgamesh et le poème d'Atraasis, ce sont des textes littéraires de fiction, reconnus comme tels par eux-mêmes, comme l'Odyssée, par exemple. Et vous vous retrouvez avec ces textes-là, transposés plus ou moins exactement dans la Bible, et qui sont donc bien des fictions qui sont dans la Bible. La Bible n'est pas crédible parce qu'elle répète le même récit avec des variantes. Donc, c'est un motif littéraire et fictionnel et pas un récit de la réalité ».

La parenté littéraire entre le récit biblique et les traditions mésopotamiennes du déluge (Épopée de Gilgamesh, tablette XI ; poème d'Atrahasis) est un fait bien établi : la Mésopotamie précède et influence culturellement Israël, et une circulation de motifs narratifs communs n'a donc rien de surprenant ni de scandaleux. Mais un lien de parenté littéraire entre plusieurs versions d'une même tradition n'établit pas, en lui-même, que l'événement sous-jacent n'a aucun ancrage réel : plus de deux cents traditions de déluge catastrophique, largement indépendantes les unes des autres, ont été recensées à travers le monde par l'anthropologie comparée, ce qui s'explique le plus naturellement par un souvenir collectif diffus de catastrophes hydrologiques majeures réélaborées différemment par chaque culture.

Le texte biblique, loin d'être une simple copie, opère une réécriture théologique radicale et délibérée du matériau commun : monothéisme contre polythéisme (un seul Dieu juste agit, contre un panthéon divisé et versatile agacé par le bruit des hommes dans Atrahasis), motivation morale explicite (la méchanceté humaine, Genèse 6,5) contre caprice divin, alliance et signe de l'arc-en-ciel contre absence de dimension contractuelle durable. Cette transformation théologique profonde d'un matériau narratif partagé est précisément ce que l'on attend d'une tradition religieuse retravaillant un fonds culturel commun pour l'orienter vers sa propre théologie : un phénomène de composition littéraire, non une preuve de pure invention. Enfin, l'Église catholique n'a jamais exigé de lire ce récit comme un compte-rendu scientifique littéral : le qualifier de « fiction » au sens moderne du terme méconnaît la catégorie de genre « historique figuré » explicitement reconnue par la Commission biblique pontificale pour Genèse 1-11.

18 « Par exemple, le Massacre des Innocents dans Matthieu, c'est un souverain qui a peur qu'un nouveau né renverse un jour son trône et donc il ordonne de tuer tous les nourrissons mal, mais l'enfant prédestiné est épargné. En termes cinématographiques, c'est donc un remake du Massacre des Nouveau-Nés hébreu par Pharaon dans l'Exode, en remplaçant Moïse par Jésus ».

La lecture typologique n'est pas une découverte de la critique moderne mais une intention explicitement revendiquée par Matthieu lui-même, qui présente Jésus tout au long de son évangile comme le « nouveau Moïse » (structure en cinq discours faisant écho au Pentateuque, citation directe d'Osée 11,1 « d'Égypte j'ai appelé mon fils » appliquée à la fuite en Égypte). Reconnaître cette intention littéraire est donc un constat exégétique standard, non une concession embarrassante.

Mais un façonnage typologique délibéré d'un événement réel selon un schéma littéraire connu est une pratique historiographique documentée dans toute l'Antiquité, et n'implique nullement l'invention du fait rapporté : les historiens romains présentent couramment Auguste selon la typologie de Romulus, Flavius Josèphe façonne ses propres récits selon des typologies bibliques explicites, sans que cela conduise à nier l'historicité des événements ainsi mis en forme. La question de l'historicité du massacre des Innocents doit donc être tranchée sur ses propres mérites, indépendamment de son habillage littéraire, et sur ce plan, comme développé au point 5, l'épisode est cohérent avec le profil psychologique attesté d'Hérode le Grand (exécutions de sa femme et de plusieurs de ses fils sur simple soupçon de complot) et son silence chez Josèphe s'explique aisément par l'échelle réduite de l'événement (un village d'un millier d'habitants) au regard du projet historiographique de cet auteur, centré sur la politique de cour.

19 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle se contredit sur la doctrine chrétienne, ce qui, quand on y réfléchit, est complètement fou. Dans les Romains, l'homme est sauvé par la foi sans les œuvres. Donc l'important, c'est d'avoir la foi. Ce n'est pas ce que tu fais. L'important, c'est d'avoir la foi. C'est une position, c'est des débats de théologiques importants, etc. Qu'est-ce qui compte vraiment pour le salut de votre âme ? Est-ce que c'est d'avoir la foi ? Est-ce que c'est les actes que vous avez, etc. ? Sauf que Jacques, derrière un autre passage de la Bible, l'homme est sauvé par les œuvres et pas par la foi. La foi ne suffit pas. C'est une contradiction doctrinale. Ce n'est pas la seule, mais c'est un exemple parmi d'autres ».

Dans la Somme théologique, saint Thomas d’Aquin a écrit 2700 articles pour expliquer des difficultés bien plus complexes et il n’y a ici aucune contradiction sur la doctrine dans les deux passages évoqués.

Il y a simplement deux réponses complémentaires à deux problèmes pastoraux distincts. Paul, dans l'épître aux Romains, combat une dérive légaliste consistant à faire des « œuvres de la Loi », au sens précis des marqueurs identitaires juifs comme la circoncision ou les prescriptions alimentaires, la condition d'accès au salut, indépendamment de la foi au Christ ; Jacques, de son côté, combat la dérive inverse, une foi purement verbale et intellectuelle, sans traduction concrète dans la charité, qu'il juge « morte » (Jacques 2,17).

Les deux auteurs convergent en réalité sur le fond dès lors qu'on lit chaque lettre dans son ensemble plutôt que sur un seul verset isolé : Paul lui-même insiste sur le fait que seule « la foi opérant par la charité » a de la valeur (Galates 5,6) et que chacun sera jugé selon ses œuvres (Romains 2,6-8 ; 2 Corinthiens 5,10), tandis que Jacques ne nie jamais que le salut vienne de la grâce, mais affirme que la foi authentique se manifeste nécessairement par des actes, exactement la formule paulinienne d'Éphésiens 2,8-10 (« sauvés par la grâce, par le moyen de la foi (…) créés pour de bonnes œuvres »). La contradiction ne surgit qu'en isolant un verset de chaque lettre hors de son contexte polémique propre.

20 « La Bible n'est pas crédible parce que la fin d'un Évangile a été ajoutée par un rédacteur ultérieur. Ça, on n'a vraiment pas de doute, parce que je vous parle de Marc. Et c'est un bout rajouté dans lequel il y a un point doctrinal très important. Donc c'est vraiment grave comme falsification. À la fin de l'Évangile selon Marc, celui qui ne croira pas sera condamné. C'est un point doctrinal, la damnation des non-croyants du simple fait qu'ils ne croient pas. Ce n'est pas du tout un sujet anecdotique. Bien. Or, cette fin est absente des deux plus anciens manuscrits complets du Nouveau Testament, qui sont le Codex Sinaiticus et le Codex Vaticanus. Et donc, les experts en critiques textuelles ont conclu que Marc XVI s'arrêtait initialement au verset 8 et que la qui était un ajout. Donc encore une falsification ».

Les faits de critique textuelle sont exacts et parfaitement assumés par l'exégèse catholique : la finale longue est effectivement absente des deux plus anciens manuscrits complets (Sinaiticus et Vaticanus, IVe siècle), une autre finale courte circule dans certains témoins, et déjà des Pères de l'Église comme Eusèbe de Césarée et saint Jérôme notaient l'absence de ce passage dans de nombreuses copies grecques de leur temps. Cette question n'a donc rien d'une découverte moderne dissimulée par l'Église.

Le point d'attention est ailleurs : l'attestation de cette finale longue est en réalité très ancienne indépendamment des deux grands manuscrits invoqués : elle est déjà citée par Irénée de Lyon vers 180 après J.-C. et intégrée au Diatessaron de Tatien vers 170, soit un bon siècle avant même la copie du Sinaiticus et du Vaticanus. Le critère retenu par l'Église pour reconnaître le caractère canonique d'un passage n'est donc pas uniquement « quel est le plus ancien manuscrit matériellement conservé », mais le discernement de la Tradition apostolique vivante, attestée par la réception patristique et liturgique continue à travers toute l'Église ancienne (principe explicité en Dei Verbum, §9-10). C'est ce même principe, non un critère de commodité, qui a permis à l'Église de fixer l'ensemble du canon scripturaire et les Bibles catholiques modernes signalent d'ailleurs cette finale par une note explicative, en toute transparence. Enfin, aucune doctrine chrétienne essentielle ne dépend exclusivement de ces versets. Donc, variante, oui ; destruction de la crédibilité, non.

Comme pour la femme adultère dans Jean, l’analyse de la structure du texte de Marc avec les outils de la rhétorique sémitique apporte des éléments complémentaires : selon ce critère, la fin longue de Marc (16:9-20) fait visiblement partie de la structure primitive : au centre l’apparition de Jésus qui vient reprocher aux apôtres leur manque de foi malgré le témoignage des femmes et celui des disciples d’Emmaüs (16:9-14), puis la scène de l’envoi depuis le Thabor (16:15-18) qui vient en symétrie de la rencontre des deux femmes avec un ange au tombeau, rappelant ce rendez-vous en Galilée (16:2-8), et enfin un récit très synthétique de l’Ascension en forme d’épilogue (16:19-20) qui répond par contraste au verset où les femmes sortant du repos du sabbat, préparent l’onction pour Celui qu’elles croient mort (16 :1). Un texte initial s’arrêtant au verset 16:8 n’aurait aucun sens selon une logique de composition que l’on retrouve partout dans le texte mis par écrit par Marc. Le caractère manifestement différent du style des derniers versets montre une composition certes un peu plus tardive, postérieure à l’Ascension et à l’effusion de l’Esprit sur les apôtres, mais n’infirme en rien le caractère apostolique du passage.

Une des explications possibles à l’absence de certains manuscrits peut être lié au caractère très critique vis-à-vis des apôtres et en particulier de Pierre et de Jean, des versets 9 à 14 : les premières communautés ont pu vouloir éviter de rapporter une telle critique. Mais le critère « d’embarras ecclésiastique » (on ne raconte pas sur soi une critique « embrassante » si elle est fausse) plaide au contraire pour l’authenticité du passage.

De même que pour la femme adultère, malgré des indices textuels divergents, le groupe d’experts Nestlé Alland a conservé la finale longue de Marc dans son édition critique.

21 « La Bible, par ailleurs, n'est pas crédible parce que l'Ancien Testament est une compilation purement circonstancielle. Le royaume hébreu de judas a été conquis par Babylone au VIᵉ siècle avant notre ère. L'essentiel de l'Ancien Testament, aucun historien ne le conteste, ça. Aucun. C'est une compilation et une mise en ordre et une réécriture partielle des textes religieux du clergé du royaume de judas en tant qu'auteur. Ce clergé était en en exil forcé à Babylone, au VIᵉ siècle avant notre ère, après la conquête babylonienne du royaume de judas. Ça explique d'ailleurs, un, l'insistance extrêmement forte, pour ne pas dire lourdingue, dans l'Ancien Testament, sur tous les marqueurs identitaires, les interdits alimentaires, le Shabbat, etc. Si vous n'avez pas lu l'Ancien Testament, en lisant l'Ancien Testament, vous constatez une extrême abondance de prescriptions sur: Mange ceci, ne mange pas cela, habille-toi comme ceci, ne fais pas ci, etc. Ils sont en train de s'adresser à diaspora en exil forcé pour conserver l'identité de leur royaume qui a été conquis. Donc c'est purement circonstanciel. Et puis surtout, ça explique, sinon vous ne comprenez pas, l'hostilité obsessionnelle de l'Ancien Testament pour Babylone. Je ne peux plus compter le nombre de fois où l'Ancien Testament vous dit que Babylone va être brûlé, rasé, détruit, défoncé, etc. Ils en remettent une couche d'ailleurs par la suite dans le Nouveau Testament. Mais dans l'Ancien Testament, L'hostilité envers Babylone est colossale. Pourquoi Babylone ? Parce que c'est le clergé de Juda en exil à Babylone qui est en train d'écrire ».

Le fait que la Torah et les livres historiques d'Israël aient atteint leur forme écrite définitive au terme d'un long processus rédactionnel, culminant substantiellement durant et après l'exil babylonien, est un résultat bien établi de la recherche historico-critique et l'exégèse catholique l'a pleinement intégré depuis que Divino Afflante Spiritu (1943) a explicitement encouragé le recours aux méthodes critiques modernes, à rebours du modèle fondamentaliste d'une rédaction mosaïque intégrale et immédiate.

Mais un long processus de compilation et de rédaction finale n'équivaut pas à une invention pure et circonstancielle du contenu : les éditeurs finaux ont manifestement travaillé à partir de sources bien plus anciennes. Le texte biblique lui-même cite explicitement des sources antérieures perdues, comme le « Livre des guerres du Seigneur » (Nombres 21,14) et certains passages, comme le Cantique de Débora (Juges 5), sont datés par la linguistique historique de plusieurs siècles avant l'exil, sur la base d'un hébreu archaïque impossible à imiter tardivement. Les réalités juridiques, les toponymes et les coutumes reflétées dans plusieurs textes correspondent d'ailleurs à des réalités du Bronze récent ou du premier âge du Fer, non à celles de la période perse.

L'insistance sur les marqueurs identitaires et l'hostilité envers Babylone constituent, en tout état de cause, une réaction attendue et compréhensible d'une communauté réélaborant théologiquement un traumatisme national réel (conquête, déportation), non la preuve d'une fabrication ex nihilo. Enfin, ce modèle de composition longue, par strates successives, n'a jamais posé de problème doctrinal à la théologie catholique de l'inspiration, qui situe l'inspiration dans le texte canonique final tel que reçu et authentifié par la communauté de foi, et non dans un modèle de dictée verbale instantanée. Un modèle que Providentissimus Deus rejetait déjà explicitement en 1893.

L'exil a donc effectivement joué un rôle majeur dans la rédaction et la mise en forme du corpus. Mais une rédaction/édition à l'époque exilique ne signifie pas que c’est une invention de l'époque exilique. Des traditions, textes, lois, prophéties et données religieuses sont antérieurs. Une rédaction tardive peut conserver un matériau beaucoup plus ancien.

22 « La Bible n'est pas crédible parce que les auteurs des Évangiles du Nouveau Testament sont anonymes. C'est quand même un problème. C'est-à-dire que les quatre Évangiles sont des textes anonymes. L'attribution à Matthieu, Marc, Luc et Jean, c'est un ajout tardif. Ajout tardif, c'est la façon polie de vous dire: C'est une falsification supplémentaire. On a attribué des textes à des gens qui n'en sont pas les auteurs. Typiquement, le consensus des chercheurs sur ce sujet, c'est que l'auteur de l'Apocalypse, ce n'est pas Jean l'Apôtre, c'est Jean de Patmos. Ce n'est pas le même et ce n'est pas la même époque. Mais quand bien même on ne serait pas d'accord avec cette affirmation-là, moi, je n'ai pas de problème avec ça. »

Les Évangiles sont traditionnellement attribués à Matthieu, Marc, Luc et Jean, et ces attributions sont très sérieusement étayées.

Grâce aux citations des Pères de l’Église dits « apostoliques » (Il s’agit de Clément mort en 96 ; Ignace qui rédige ses lettres en 107 ; et Polycarpe en 120 ; mais aussi Irénée de Lyon vers 170, pour les plus anciens.), il est possible d’établir que les Évangiles circulèrent avant la fin du premier siècle, et que les écrits du Nouveau Testament faisaient déjà autorité. Les textes ne mentionnent pas explicitement leurs noms, ce qui est normal dans une culture d’oralité, car ils transmettent un enseignement qui n’est pas le leur et ne se présentent jamais comme des « auteurs » au sens moderne du terme. Cependant, la tradition est unanime : l’Évangile de Matthieu a été mis par écrit par Matthieu l’apôtre, l’Évangile de Marc par Marc traducteur de Pierre, l’Évangile de Luc par Luc, secrétaire d’André puis médecin et compagnon de Paul ( Col 4,14), et l’Évangile de Jean par Jean, fils de Zébédée. Certains ont soutenu que le texte de Jean avait eu plusieurs auteurs successifs, dont un « prêtre Jean ». Mais pour Irénée, il n’y a aucun doute, il n’y a qu’un seul Jean évangéliste, que l’on appelle aussi « le disciple bien aimé » et l’Apôtre. Par exemple au Livre I, 8, 5, p. 57 : « Jean, le disciple du Seigneur, a fait connaître », puis, p. 59 : « Ce Sauveur, Jean l’appelle encore Fils, Vérité, Vie, Logos qui s’est fait chair », il s’agit donc bien aussi de l’Évangéliste, puis, en p. 61 : « Jean aurait, suivant leur système, mentionné simplement la première Ogloade, en laquelle ne se trouve point encore le Christ, le Maître de Jean. En réalité, ce n’est point encore de leurs syzygies que parle l’apôtre, mais de notre Seigneur Jésus-Christ qu’il sait être le Verbe de Dieu. Et Jean lui-même (…) ajoute cette précision : "Et le Verbe s’est fait chair" ». (cf. l’édition de la traduction d’Adelin Rousseau, Irénée de Lyon, Contre les hérésies, Cerf, Paris, 1984). Voir aussi : https://www.mariedenazareth.com/questions-de-foi/fiabilite-et-conservation-des-evangiles/jean-rassemble-pour-les-disciples-les-plus-avances-les-paroles-de-revelation-particulieres-du-christ/jean-absent-de-jean-lhypothese-impossible-critique-du-livre-de-jean-staune

Toutes les sources externes dont nous disposons confirment ces mêmes attributions. Dès le IIe siècle, saint Irénée (180), Clément d’Alexandrie (150-215), Tertullien (160-220), Papias (70-155) et le fragment du Muratori (vers 160-170), ce qui constitue un degré de certitude exceptionnel pour l’Antiquité (Brant Pitre, spécialiste du Nouveau testament, fait remarquer, dans son ouvrage The Case for Jesus, qu’aucune copie anonyme des évangiles ne circule sans la mention de son attributaire. Il en constitue la liste « The Manuscript Evidence: No Anonymous Gospels » à retrouver sur https://jonathanmclatchie.com/who-wrote-the-gospels-rabbi-tovia-singer-has-no-clue/). Pour beaucoup d’œuvres antiques connues, l’auteur n’est souvent mentionné que par une personne (Par exemple, pour les Annales de Tacite, seul saint Jérôme atteste que Tacite en est bien l’auteur et ce, trois cents ans après la publication de la version originale. Pourtant, personne ne remet en cause le fait que Tacite ait bien écrit cet ouvrage), sans qu’aucune tradition ou témoignage ne contredise leur attribution avant le XVIIIe siècle et l’idéologie rationaliste (La critique rationaliste allemande Hermann Samuel Reimarus, David Friedrich Strauss et Ferdinand Christian Baur ne s’appuie pas sur la découverte de nouveaux manuscrits affirmant d’autres auteurs. Elle ne remet en cause les attributions traditionnelles qu’à partir d’hypothèses philosophiques).

Aucun document ancien ne propose d’autres auteurs. De plus, si on avait décidé d'attribuer les Évangiles à des auteurs, jamais on n’aurait jamais choisi Matthieu (un collecteur d’impôts), Marc ou Luc (deux inconnus). Il est donc logique de considérer l’attribution traditionnelle des Évangiles comme véridique.

23 « En tout cas, les quatre Évangiles sont écrits entre l'an 65 et l'an 100, approximativement. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Bart Ehrman, par exemple, c'est-à-dire des scientifiques experts de ces questions-là. Je ne me permettrais pas de l'affirmer de ma propre autorité, ça me paraît bien sûr, sinon ce ne serait pas sérieux. On est d'accord avec ça. »

Parmi les arguments mettant en doute la qualité des textes évangéliques, figure la date de leur mise par écrit. Nous n’avons pas de manuscrit datant du premier siècle, et de nombreux exégètes du XXe siècle datent la rédaction de Matthieu et Luc après l’an 70 (date de la destruction du Temple par les Romains), puis les Actes nettement après 70, et enfin l’Évangile de Jean encore plus tardivement.

Pourtant, le grand exégète allemand Adolph von Harnack (1851-1930), père de l’exégèse historico-critique, affirmait, à partir de 1908, qu’au moins Marc, Luc et les Actes devaient être achevés au début des années 60 (Adoph von Harnack, Beiträgezur Einleitung in das Neue Testament, III, Die Apostel­geschichte, Exkurs V. Die Zeit der Apostelgeschichte, 1908, p. 217-221). Il considérait que la composition de Luc a précédé nécessairement les Actes, et que Marc a précédé Luc. Simon-Claude Mimouni, historien contemporain non chrétien, en est venu aux mêmes conclusions ( Simon-Claude Mimouni, « La datation des Actes des Apôtres : avant ou après 70 ? », In : Judaïsme ancien, 11, 2023).

Les Actes des apôtres sont manifestement une chronique précise de la vie de l’Église à Jérusalem jusqu’en 44, date de la mort d’Hérode Agrippa, puis des « actes de Paul » jusqu’à son arrivée à Rome vers 60 pour une comparution devant Néron (ou plus certainement Sextus Afranius Burrus, préfet du prétoire à l’époque). Mais entre 60 et 70, il y a une accumulation d’événements essentiels pour l’Église :

  • le procès de Paul devant Néron et son verdict,
  • le martyre de Jacques le Mineur, évêque de Jérusalem,
  • la persécution violente de Néron à Rome,
  • le martyre de Pierre et de Paul à Rome,
  • la mort de Néron,
  • la destruction du Temple de Jérusalem.

Tous ces événements sont connus par des sources externes. Si certaines dates sont débattues, il n’y aucun doute que tous ces événements sont arrivés avant 70. Or, des Actes finalisés après 70 auraient forcément fait mention de tout cela. Or, aucun de ces événements n’y est mentionné.

De même si Luc, Matthieu et Jean ont été fixés après 70, pourquoi aucun de ces textes ne fait-il état de la destruction du Temple en 70, alors que Jésus l’avait annoncée ?

Ainsi, l’hypothèse la plus plausible est qu’à la date où Luc finalise les Actes des Apôtres, le procès de Paul qui doit déposer devant Néron vers 61 est encore en attente. Les Évangiles de Marc, Matthieu et Luc sont donc dans cette logique antérieurs à 61.

Quant à l’idée que l’Évangile de Jean serait déconnecté des Évangiles synoptiques, elle ne résiste pas à l’analyse. On peut noter par exemple que l’Évangile de Jean ne parle pas de l’institution de l’Eucharistie alors qu’il décrit tout ce qui s’est passé avant et tout ce qui s’est passé après. Est-ce que cela lui aurait-il échappé ? Bien sûr que non, mais comme les synoptiques en ont parlé, Jean n’a pas besoin de répéter.

Inversement, les Évangiles synoptiques ne parlent pas de la mort et de la résurrection de Lazare, le plus grand miracle effectué par Jésus, mis en scène de manière très spéciale, qui a eu un grand effet sur tout Jérusalem (Cf. Jn 11,1-45 et Jn 12). Cela leur aurait échappé ? Évidemment non, mais comme Jean en parlait, ils n’ont pas jugé nécessaire de le faire.

Ces deux exemples illustrent bien la coordination réelle entre les deux types d’Évangiles. Mais il faut aussi pointer la grande différence entre eux : car les synoptiques s’adressent à tous, alors que saint Jean propose une formation spirituelle plus approfondie. Jésus faisait un enseignement à plusieurs niveaux avec les foules, les disciples, les Apôtres, et parmi eux, trois Apôtres privilégiés. Les auteurs des Évangiles font de même.

Eusèbe de Césarée explique que Jean a tenu à transmettre son enseignement oralement sa vie durant : « Alors que déjà Marc et Luc avaient publié leurs Évangiles, Jean, dit-on, avait employé, pendant tout ce temps, la prédication orale » (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 24, 7). Mais cet enseignement oral n’empêche en rien qu’ait été conservée par Jean et par l’Église « mère » de Sion, une version écrite de référence. En revanche, Jean n’acceptera une publication et une diffusion de son enseignement oral par écrit que vers la fin de sa vie.

24 « La Bible n'est pas crédible parce que le tri, vous avez sans doute déjà entendu parler du tri, c'est-à-dire il y a des textes qui sont canons et il y a des textes qui ne le sont pas. Et donc la Bible n'est pas crédible parce que le tri du canon, parmi des textes de valeurs équivalentes, en particulier de valeurs archéologiques équivalentes. Vous trouvez des textes, vous savez, le manuscrit de la Mère Morte, etc. Vous trouvez des textes de valeurs archéologiques équivalentes. Vous êtes l'Église, Vous faites le tri et alors que les textes ont une valeur équivalente, vous en validez certains et d'autres, vous ne les validez pas. Mais sur quels critères ? Le critère fondamental de l'Église pour trier, ça a été leur degré de compatibilité avec les doctrines que l'Église avait déjà. Ça s'appelle une démarche de falsification par omission. Ok, ce texte-là, en fait, il n'est pas d'accord avec ce que je dis déjà, donc on va le mettre de côté. Par exemple, l'Évangile, c'est une coïncidence, l'Évangile selon Thomas. C'est une centaine de paroles attribuées à Jésus et il n'y a aucune raison archéologique de l'exclure alors que les Évangiles canons, eux, pendant ce temps, sont validés. Je n'exprime pas une jalousie tardive exprimée par Thomas par ma voix. On est d'accord, ce n'est pas l'exorciste, les trucs comme ça. Et pourquoi l'Évangile, selon Thomas, est invalidé ? Parce qu'il contredisait des doctrines de l'Église, notamment le rôle d'intermédiaire obligatoire de l'Église entre les croyants et Dieu, car Le royaume de Dieu est en toi, pas dans les palais. Ça, c'est dans l'Évangile selon Thomas ».

Les Évangiles apocryphes sont peu crédibles, intenables historiquement. Face à la multitude de textes relatant des faits et gestes de l’histoire de Jésus qui sont apparus, l’Église a exercé une certaine vigilance pour éviter que ne soient transmis comme paroles de vérité des textes qui ne seraient pas fiables dans leur entièreté. N’ont été retenus que les livres que l’on appelle « canoniques », c’est-à-dire appartenant à la liste des textes qu’elle reconnaît comme étant de la main des Apôtres, ou de leurs collaborateurs directs. Les textes non reconnus sont ainsi nommés « apocryphes ». On retrouve dans ces apocryphes des textes qui cherchent à compléter ou concurrencer les récits des quatre textes canoniques : ainsi, l’Évangile de Pierre, l’Évangile de Thomas et le Protévangile de Jacques.

Certains apocryphes ont cependant été reconnus par l’Église comme contenant une part de tradition authentique : ainsi, le Protévangile de Jacques a-t-il été inscrit dans le canon des Églises orthodoxes. Ce texte, qui rapporte notamment l’enfance de la Vierge Marie, a pu éclairer la mariologie et la liturgie.

On trouve également des actes d’apôtres, quelques épîtres, des Apocalypses. À la lecture, les Évangiles apocryphes sont très différents des Évangiles canoniques : ils sont beaucoup moins détaillés, moins factuels, moins crédibles. Ce ne sont pas des récits historiques structurés, avec un ancrage géographique et politique précis, et une narration sobre. Beaucoup présentent des dialogues secrets, des révélations ésotériques, des récits merveilleux et certains dépeignent le personnage de Jésus de façon curieuse ou anecdotique. Les événements ajoutés sont parfois grotesques : l’Évangile de Thomas, par exemple, présente Jésus comme un magicien, s’amusant à tuer des oiseaux pour les faire revivre ensuite, ou faisant mourir un garçon qui l’avait bousculé (Évangile de l’enfance, dit « selon Thomas », chap. II :» Jésus traversait une autre fois le village, et un enfant, en courant, lui choqua l’épaule. Et Jésus irrité lui dit : "Tu n’achèveras pas ton chemin". Et aussitôt l’enfant tomba et mourut »). Le Royaume des cieux n’y est pas présenté comme un lieu d’amour et de paix, mais semblable à un homme assoiffé de meurtre (« Le Royaume du Père est pareil à un homme qui veut tuer un grand personnage. Dans sa maison, il a dégainé l’épée et il l’a plantée dans le mur pour s’assurer que sa main serait ferme. Ensuite, il a tué le personnage. » (Évangile du Pseudo Thomas, 102).

Les Évangiles apocryphes ne mentionnent presque aucun des détails géographiques, culturels et topographiques que l’on retrouve dans les vrais Évangiles. Ils ne reflètent en aucun cas la culture juive de Palestine d’avant 70, ni leurs coutumes, ni leur langue. Cette imprécision révèle que ces écrits ont des sources plus tardives, et que leurs auteurs n’ont pas eu réellement connaissance de ce que Jésus avait fait ou ont voulu s’en écarter. On y retrouve parfois les idées de la secte gnostique, qui pense que le mal s’identifie à la matière et le bien à l’esprit. Or, cette hérésie s’est développée vers la seconde moitié du IIe siècle. Le gnosticisme est un ensemble de mouvements religieux et philosophiques qui se développent au cours des IIe et IIIe siècles dans les limites de l’Empire romain. Il professe que la connaissance (en grec : gnôsis) des mystères de l’humanité, du divin et du monde, est possible et nécessaire au salut de l’âme après la mort. À cette gnose s’est ajoutée une conception dualiste du monde, reflétée dans certains textes apocryphes.

L’écrivain athée Ernest Renan avouait lui-même que les Évangiles apocryphes étaient « de plates et puériles amplifications, ayant les Évangiles canoniques pour base et n’y ajoutant rien qui ait du prix » (Ernest Renan, Vie de Jésus, Paris, 1863, p. 43).

L’historien Peter Williams en conclut : « Au lieu d’être des arguments contre l’authenticité des quatre Évangiles, les Évangiles apocryphes confortent en fait leur historicité, parce qu’ils montrent ce qui arrive quand les auteurs inventent des histoires. Ils servent en quelque sorte d’expérience de laboratoire, et viennent attester de la fiabilité des Évangiles canoniques » (Peter Williams, « Les Évangiles fondés sur des témoignages oculaires : Nouvelles preuves », dans le Bulletin de l’Association Jean Carmignac, éd. F.X. de Guibert, no 63, Paris, septembre 2014, p. 10).

La qualité des quatre Évangiles dits canoniques est vraiment unique.

25 « La Bible n'est pas crédible parce qu'elle fonde des règles pénales sur des bases scientifiquement et biologiquement fausses, ce qui est quand même un problème. Par exemple, dans les nombres, pour vérifier si une femme soupçonnée d'adultère est effectivement coupable d'adultère, il faut lui faire boire de la poussière diluée dans l'eau après y avoir écrit une malédiction. C'est n'importe quoi. Dans le Deutéronome, une femme qui n'a pas saigné au premier rapport conjugal, ça veut dire qu'elle n'est pas vierge et donc elle est passible de la peine de mort. Alors, je passe sur l'aspect moral de condamner une femme à la peine de mort parce qu'elle n'est pas vierge au mariage. Je signale simplement qu'on peut parfaitement ne pas saigner au premier rapport sans être vierge. Pardon. On peut parfaitement ne pas saigner au premier rapport et avoir quand même été vierge au premier rapport. C'est un constat de science biologique. Et donc, c'est encore un énième exemple parmi tant d'autres où la Bible affirme quelque chose qui est faux. Sauf que là, ça a des conséquences pénales impliquant la peine de mort. Donc non, la Bible n'est pas fiable ».

Concernant l'ordalie de Nombres (Nb 5,11-22), sa fonction, replacée dans son contexte juridique proche-oriental, est en réalité protectrice plutôt qu'accusatrice : l'« eau amère » n'est pas un poison mais de l'eau ordinaire mélangée à de la poussière du sol et à l'encre lavée d'un texte, un rituel non toxique qui ne peut physiquement nuire à une femme innocente, à la différence des ordalies fluviales bien plus violentes attestées dans d'autres codes juridiques contemporains, comme le Code de Hammurabi (§132), où l'épouse accusée devait être jetée dans le fleuve. Le rituel biblique visait précisément à soustraire une femme accusée à tort à la vindicte incontrôlée d'un mari jaloux, en renvoyant le jugement à Dieu par une procédure sans danger physique. C’est donc une avancée relative dans son environnement culturel plutôt qu'une régression.

Concernant Deutéronome 22,28-29,, la théologie morale catholique, suivant l'enseignement classique de saint Thomas d'Aquin sur les « préceptes judiciaires » de l'Ancienne Loi (Somme théologique, Ia-IIae, q. 104-105), enseigne de longue date que ces dispositions pénales et civiles relèvent d'une législation circonstancielle propre à la situation ancienne d'Israël, abrogée en tant que droit civil positif, et non d'un enseignement moral intemporel contraignant pour les chrétiens, à la différence de la loi morale proprement dite, jugée universelle et permanente. Aucun document du magistère catholique n'a jamais défendu, ni hier ni aujourd'hui, la peine de mort pour perte de virginité comme un précepte divin encore valide ; cette distinction entre législation civile ancienne et enseignement moral permanent est un principe herméneutique constant, non une parade improvisée face à la critique.

26 « La Bible, par ailleurs, n'est pas crédible parce que l'extrême fragmentation des chrétiens dans le monde, entre interprétations différentes, prouve son manque de clarté. Si la Bible était inspirée par Dieu, elle devrait produire une doctrine claire et identique chez tous les croyants de bonne foi. Je ne vous parle même pas des gens qui critiquent, je vous parle des croyants entre eux. Or, on constate le contraire des dizaines de milliers de doctrine différentes, totalement ou partiellement »

Il convient d'abord de mesurer l'unité doctrinale réelle qui existe effectivement : le Symbole de Nicée-Constantinople, confessant la Trinité, l'Incarnation, la résurrection du Christ, l'autorité du canon scripturaire, est professé en commun par l'écrasante majorité des quelque 2,3 milliards de chrétiens dans le monde, catholiques, orthodoxes, orientaux (de l’autre coté de la frontière de l’empire romain) et protestants historiques confondus. La fragmentation institutionnelle en dénominations distinctes, réelle et regrettable, s'explique historiquement bien davantage par des facteurs politiques et humains : le schisme de 1054, largement déterminé par des rivalités géopolitiques et juridictionnelles entre Rome et Constantinople ; les conditions historiques précises de la Réforme du XVIe siècle, mêlées à l'essor des nationalismes naissants, à l'imprimerie et aux intérêts des princes territoriaux, que par une prétendue obscurité intrinsèque du texte biblique lui-même.

L'Écriture elle-même anticipe et déplore cette division comme une blessure contraire à la volonté du Christ, non comme la preuve d'un échec de la révélation : Jésus prie explicitement pour l'unité de ses disciples (Jean 17,20-23), une prière qui suppose précisément que cette unité n'est pas automatique mais dépend de la docilité humaine, sujette au péché et à l'orgueil. L'ecclésiologie catholique (Lumen Gentium) tient d'ailleurs que le Christ a institué une autorité d'enseignement vivante et visible, le Magistère en succession apostolique, précisément parce qu'un texte seul, aussi inspiré soit-il, requiert une communauté interprétative faisant autorité pour préserver l'unité doctrinale dans la durée. Dans cette perspective, le fait même de la fragmentation confirme plutôt la thèse catholique (certaines communautés se sont historiquement séparées de cette autorité interprétative vivante) qu'il ne l'infirme.

27 « Et donc, en conclusion, la Bible raconte des événements de masse dont il n'existe aucune preuve archéologique. Elle raconte des événements contredits par les preuves scientifiques. Elle contient des anachronismes. Elle raconte des événements très marquants qui ne sont confirmés par aucune autre source extrabiblique. Elle raconte des phénomènes qui violent les lois de la physique. Elle raconte des catastrophes qui n'ont laissé aucune trace géophysique. Elle se contredit elle-même, y compris sur des événements théologiquement très importants, y compris à l'intérieur du même Évangile. Des versets ont été ajoutés après coup au manuscrit d'origine, y compris le seul verset sur lequel est fondé le dogme de la Sainte Trinité, excusé du peu. Elle raconte que Dieu ordonne des crimes abominables tout en affirmant que Dieu est bon. Elle affirme qu'elle est une révélation inspirée par Dieu sans jamais le prouver. La résurrection de Jésus de Nazareth n'est confirmée par aucune autre source extrabiblique. La Bible reprend des fictions littéraires plus anciennes, j'ai bien dit des fiction. Elle répète le même récit avec des variantes, donc c'est bien une fiction dans les deux cas. Elle se contredit sur la doctrine chrétienne. La fin d'un évangile a carrément été rajoutée par un rédacteur ultérieur. L'ancien Testament est une compilation purement de circonstances par un clergé de l'Antiquité qui était en exil à Babylone. Les auteurs des Évangiles du Nouveau Testament sont anonymes et les auteurs affichés ne sont pas les auteurs. Le tri du canon de l'Église a invalidé des manuscrits de valeurs équivalentes à ceux qui l'a validé, uniquement sur critère de convenance pour l'Église elle-même, etc. Et donc, enfin, l'extrême fragmentation que je citais tout à l'heure. Et donc, pour toutes ces raisons cumulées, mais la plupart suffiraient toutes seules, la Bible n'est pas crédible ».

Un argument cumulatif n'est puissant que si ses composantes le sont. Additionner vingt objections faibles à quelques difficultés réelles ne produit pas une démonstration de falsification.

Jésus parlait de l’Ecriture et de son autorité comme une évidence

  • Indestructibilité : « L’Ecriture ne peut être annulée » (Jn 10,35) - « Pas un iota de la Loi ne passera » (Mt 5,18)
  • Inspiration : « David a dit sous l’action de l’Esprit Saint » (Mt 22,43 et Mc 12,36 sur Ps 110)
  • Nécessité divine : « Il faut que les Ecritures s’accomplissent » (Mt 5,17 : Lc 24,44, Mc 14,49, Jn 13 ; 17; 19)
  • Autorité ultime : « Il est écrit » (Mt 4) - « Vous laissez de côté le commandement de Dieu » (Mc 7,8)
  • Christocentrisme : « Moïse a écrit de moi » (Jn 5,46) - « Tout ce qui est écrit de moi »

Les Apôtres aussi :

  • Inspiration : « Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, … » (2 Tim 3,16)
  • ... de l’Esprit Saint : « Dieu a dit » est répété très souvent
  • Interprétation : « Aucune prophétie de l’Ecriture n’est objet d’interprétation personnelle » (2 P 1,20)
  • « Parole de Dieu » : « Non une parole humaine mais ce qu’elle est réellement » (1 Th 2,13)

L’Eglise fait de même : « Toutes les assertions de l’auteur sacrés doivent être tenues pour vraies car elles sont des assertions de l’Esprit saint » (Dei Verbum11). Encore faut-il bien comprendre le mot « vrai » et tout comprendre correctement à partir de la Torah orale et de la Tradition de l’Eglise.

En résumé :

La Bible a préparé la venue du Messie par d’innombrables prophéties qui ont façonné un peuple.

Elle a proposé ne vision du monde révélée qui permet une vraie relation à Dieu (1 seul Dieu, pas de demi-dieux, pas d’esclaves par nature, pas d’idolâtrie de la nature)
 

Elle a proposé de grandes « vérités inatteignables » connues seulement par Révélation

Seuls les hébreux parmi tous les peuples de l’Antiquité, bien plus grands et évolués qu’eux (Sumériens, Égyptiens, Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains), ont su par révélation que :

  • Le Soleil et la Lune ne sont que des luminaires.
  • L’Univers a été créé à partir de rien et a eu un début absolu.
  • Le monde n’a pas été créé d’un coup, mais progressivement.
  • L’Univers aura une fin et le temps est unidirectionnel et non cyclique.
  • L’homme est issu de la matière mais reçoit un souffle divin.
  • Dans le processus de création, l’homme est le sommet et il est apparu en dernier.
  • Tous les hommes sont issus d’une même souche, ce qui fonde leur égalité.
  • Il n’y a pas de sous-hommes et d’esclaves « par nature ».
  • Il y a eu d’autres lignées humaines qui se sont éteintes.
  • Il n’y a pas de divinités ni dans les astres, ni dans les fleuves, ni dans les sources, ni dans les forêts.
  • Il n’y a pas de demi-dieux ou de héros : les rois, pharaons et empereurs ne sont que des hommes
  • Il faut rejeter toutes les formes d’idolâtrie, qui dominaient la vie des peuples de l’Antiquité.
  • L’astrologie et les rites magiques ne sont que des superstitions.

La Bible a eu un impact décisif pour conduire le monde à un nouveau paradigme

A travers la pédagogie divine, tout va être rectifié et corrigé

Tous les peuples de l’Antiquité vivaient d’une manière qui nous paraît aujourd’hui très barbare parce que nos valeurs sont issues de l’héritage des Hébreux et de l’accomplissement chrétien sur tous les sujets :

  • La dignité particulière de toute personne humaine, « image de Dieu » :
  • La reconnaissance des « personnes » par rapport à la tribu :
  • L’amour du prochain, le respect de tous et les « droits de l’homme » :
  • Le rejet de la violence : grâce au christianisme
  • L’abandon des sacrifices et des meurtres rituels : abandon progressif même si pas fini
  • La place de la femme : grâce au christianisme
  • Le rejet de l’esclavage : seulement par les principes du christianisme
  • La valorisation du logos et de la démarche rationnelle : Etienne Tempier (1277) permet une libération
  • Le développement de la science moderne : le monde chrétien est très en avance dès le XV° siècle
  • La civilisation : issue du christianisme

La pédagogie divine s’adapte à la situation des peuples et des personnes et conduit à réguler les pratiques barbares et à poser les principes fondamentaux qui conduiront aux évolutions civilisationnelles majeures.

Rejeter la Bible au nom de la morale, c’est absurde.

La Bible est la nourriture de multitudes qui ont tout quitté pour cette Parole, elle est le livre de tous les records et c’est de loin le livre qui a eu la plus grande influence sur le monde

La Bible est d’abord un best seller absolu et sans équivalent :

  • La Bible est de très loin le livre le plus lu, le plus traduit et le plus diffusé de tous les temps.
  • On estime à plus de 5 à 7 milliards le nombre d'exemplaires distribués - un chiffre qu'aucune autre œuvre n'a jamais approché et le record est reconnu par le Guinness World Records.
  • L'écart avec les autres est abyssal : la Bible devance le Coran (3 milliards mais presque seulement en don gratuit), le "Petit Livre Rouge" de Mao Zedong (2 milliards imprimés en 1964 et aussi en don gratuit), Don Quichotte (500 millions), et la saga d’Harry Potter (450 millions d’ex.)
  • Et le phénomène est sans fin : les ventes aux États-Unis et en France ont augmenté de 20% ces dernières années, un phénomène que certains appellent le "boom biblique".

C’est également le livre le plus traduit de l’Histoire :

  • Aujourd'hui, des traductions complètes ou partielles existent dans plus de 2400 langues, rendant son contenu accessible à plus de 90% de la population mondiale.
  • La Bible a été le 1er livre traduit et aussi le 1er livre imprimé après 15.000 manuscrits antiques

Son influence dans la transformation du monde et dans la civilisation, dans la culture, la musique, la littérature, le droit, l’éducation, la langue et les expressions quotidiennes est aussi absolument sans égal.

« On juge l’arbre à ses fruits » (Mt 7,20) or c’est la Bible qui a façonné la civilisation.

Quel est le but de la Bible ?

Faire connaître et aimer Dieu qui se révèle amour et relation

La révélation a pour but de faire connaître les réalités invisibles & de mettre en relation avec elles.

  • Elle culmine dans l’affirmation que Dieu est « amour » (1 Jn 4,8.16) & relations de personnes.
  • Et que l’homme qui a été créé « à son image et à sa ressemblance » (Gn 1,26) est donc aussi naturellement fait pour aimer, être aimer et faire aimer, à travers des relations de personnes.

Pascal distinguait « trois ordres » (Pensées n°270-308-793-670) :

  • L’ordre du corps et de la matière – mais « De tous les corps ensemble on ne saurait en faire réussir une petite pensée. Cela est impossible et d'un autre ordre. »
  • L’ordre de l’esprit, de la raison et de la pensée – mais « De tous les corps et esprits on n'en saurait tirer un mouvement de vraie charité, cela est impossible, et d'un autre ordre surnaturel »
  • L’ordre du cœur, de la foi et de l’amour : « L'unique objet de l'Écriture est la charité »

Vivre de la vie de Dieu, ce n’est donc pas accumuler des connaissances théoriques mais c’est s’engager dans une relation spirituelle pour grandir dans l’amour et le don de soi comme les saints et à leur image.

Dieu ne veut pas nous bourrer de connaissance, mais il invite à créer une relation en plénitude avec lui.

La Bible et toute la révélation n’a pas d’autre objectif que de favoriser cette rencontre en vérité.

Pour toutes ces raisons, la Bible a une crédibilité unique, comme il a été démontré dans le débat.

Bonne lecture et n'hésitez pas à nous faire des remarques en écrivant à contact@mariedenazareth.com

Bien amicalement,

Olivier Bonnassies

NB : ce texte a été fait rapidement pour être dans les délais promis mais il sera actualisé et amélioré régulièrement et en fonction des remarques, critiques ou demandes de complément reçues.

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