Le culte de Marie


« Désormais toutes les générations me déclareront bienheureuse ! » (Luc 1, 48)

Ces paroles du Magnificat résonnent comme une prophétie, lorsque l’on évoque la dévotion suscitée par la Vierge Marie. Le culte envers la Vierge Marie apparaît en effet dès l’aube de l’Église, et se perpétue au fil des siècles, dans le monde entier et dans ‘une admirable continuité’, comme l’écrit le saint pape Jean-Paul II[1].Ce constat- qui atteste de la pérennité de ce culte marial- est d’ailleurs un témoignage en soi de la solidité des fondements de cette dévotion, qui est encore actuellement très présente dans toute la chrétienté et dans le monde entier.

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Une dévotion très ancienne

Le saint pape Jean- Paul II affirmait, au cours de l’ audience générale du 11 mai 1983[2] :

« On peut dire qu’en demandant à son disciple préféré de considérer Marie comme sa Mère, Jésus a fondé le culte marial. Jean s’est empressé de faire la volonté du Maître : à partir de ce moment, il prit Marie chez lui, et il lui a témoigné une affection filiale qui répondait à son affection maternelle, inaugurant ainsi une relation d’intimité spirituelle qui contribuait à approfondir celle qu’il avait eue avec le Maître, dont il retrouve les traits caractéristiques sur le visage de sa Mère. C’est pourquoi le mouvement de dévotion mariale a commencé au Calvaire. »

Marie est priée par les Chrétiens depuis l'aube de l'Église. D'abord parce que, comme l'enseigne la Bible (et en particulier l'Evangile selon saint Luc) la vierge de Nazareth est la Mère du Christ Jésus, Fils de Dieu qui s'est incarné en son sein virginal pour le Salut de l'humanité ; ensuite parce que Marie est aussi notre Mère à tous, depuis que Jésus Lui-même, du haut de la Croix, lui a confié l'apôtre Jean et à travers lui, tous les êtres humains destinés à devenir enfants de Dieu, faisant ainsi de sa Mère, notre Mère universelle (cf Jn 19, 26).

La dévotion envers la Vierge Marie – qui était déjà présente chez les premiers Chrétiens - a cependant évolué au fil des siècles. Son histoire s’inscrit dans à la fois dans la Tradition et dans la dévotion populaire.

 Une Mère universelle, tendrement aimée et célébrée

Aujourd'hui, c'est sous toutes les latitudes du globe et dans toutes cultures et langues que des multitudes, hommes et femmes de toutes conditions, prient la Vierge de Nazareth comme on se tourne vers une Mère tendre et très aimée. L’Église a en elle un véritable modèle de vénération, comme le dit la Constitution Lumen Gentium de Vatican II (LG65) :

«  Intimement entrée dans l’histoire du salut, Marie rassemble et reflète en elle-même d’une certaine façon les requêtes suprêmes de la foi et lorsqu’on la prêche et l’honore, elle renvoie les croyants à son Fils et à son sacrifice, ainsi qu’à l’amour du Père. L’Église, à son tour, poursuivant la gloire du Christ, se fait de plus en plus semblable à son grand modèle en progressant continuellement dans la foi, l’espérance et la charité, en recherchant et accomplissant en tout la divine volonté. C’est pourquoi, dans l’exercice de son apostolat, l’Église regarde à juste titre vers celle qui engendra le Christ, conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge précisément afin de naître et de grandir aussi par l’Église dans le cœur des fidèles. La Vierge a été par sa vie le modèle de cet amour maternel dont doivent être animés tous ceux qui, associés à la mission apostolique de l’Église, coopèrent pour la régénération des hommes. »[3]

Pour mesurer l’ampleur de cette dévotion, il n'est que de découvrir la place qu’occupe la Vierge Marie dans la liturgie catholique et orthodoxe, les innombrables prières mariales[4]  qui ont été composées, comme par exemple les grandes hymnes de la tradition la plus ancienne de l'Église (entre autre la fameuse Hymne acathiste à la Mère de Dieu, datant du VIIè siècle) ; la plus connue des prières mariales de tous les temps, le chapelet et son développement dans le Rosaire  , etc. La dévotion mariale s’est également affirmée dans d’autres traditions : Martin Luther, par exemple, a commenté le Magnificat  pour la gloire de la Vierge. En outre, le rôle de l’art[5] dans la propagation de cette dévotion est considérable : il a lui aussi magnifié la Vierge Marie, bénéficiant des progrès de la mariologie et contribuant lui aussi à diffuser l’évolution de la doctrine mariale au cœur de cette dévotion, dans toute la chrétienté. Depuis l’art paléochrétien jusqu’à nos jours, à travers toutes sortes de techniques, auxquelles sont liées des traditions (icônes byzantines, fresques, art du vitrail, etc), ces innombrables développements en tous domaines de l'art marial permettent de  mesurer, autant que de diffuser, la vitalité du culte rendu à la Vierge Marie.

Marie est vénérée, car Dieu seul est adoré

Cependant le culte que les Chrétiens rendent à la Vierge Marie n'est pas de même nature que celui rendu à Dieu lui-même : Marie n'est pas une divinité que l'on adore ; l'adoration est réservée à Dieu seul. Marie est une créature que l'on vénère. Pourtant, le culte rendu à la Vierge Marie est supérieur à celui rendu à tous les autres saints, car Marie de Nazareth est bien la seule parmi toutes les créatures que Dieu a créées, à pouvoir porter ces titres de gloire : "Mère de Dieu", Mère du Rédempteur", "Mère de l'Église", "Reine du Ciel et de la terre"... On parle donc d’un culte d’« hyperdulie », hommage particulier qui lui est rendu en raison de sa sainteté exceptionnelle et de la place qu’elle occupe dans l’économie du salut.

 Marie nous guide vers son Fils

Comme le font remarquer les saints et les Docteurs de l'Église : Marie ne garde pas pour elle les enfants qui lui sont confiés ; elle n'a de cesse au contraire, que de les conduire à son Fils, au point que l'on pourrait résumer la finalité du culte envers Marie dans l'Église, ainsi :

                                    "A Jésus, par Marie".

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Pour en savoir plus

Sur les spiritualités mariales, dans l'Encyclopédie mariale

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Organisation de la section

La première partie de l’étude se centre sur les fondements du culte marial : les grands documents du magistère définissent la spécificité de ce culte et l’inscrivent dans l’histoire de la dévotion mariale. L’étude de la nature de ce culte marial définit la nature du culte de vénération rendu à la Vierge Marie, et permet de comprendre comment la maternité intégrale de Marie nous place dans une relation filiale envers elle, comment sa sainteté nous invite à l’imitation de ses hautes vertus, comment sa médiation nous incite à la prier avec confiance. Ces prières revêtent différentes formes, selon les occasions: prières de louange, de demandes, prières d’exorcisme, etc. Le déploiement de cette dévotion dans le monde permet une ouverture sur la façon dont cette dévotion mariale est vécue par lÉglise orthodoxe, dans la liturgie, et dans les différentes traditions protestantes et anglicanes.  Il est ainsi possible de mesurer l’universalité de ce culte marial.

 

 

 

 

 

 

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