Aux XX° et XXI° siècles


 

Le XXè siècle a été le siècle des martyrs par excellence. Jamais un si grand nombre de personnes n’ont donné leur vie par amour de Dieu que pendant ces 100 ans. Il est trop tôt pour savoir ce que le XXIè siècle va nous réserver, mais le martyre de 21 hommes sur une plage en Libye en 2015, celui du Père Hamel en France en 2016 et de beaucoup d’autres montrent que le martyre n’appartient pas au passé.

 

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Le martyre, une réalité contemporaine

 Selon une étude de Pew en 2017, un rapport demandé par le ministre des Affaires étrangères britannique en 2019, et un rapport de l’Aide à l’Église en Détresse de 2021 – pour n’en mentionner que quelques-uns – les Chrétiens sont le groupe le plus persécuté dans le monde, [1] même si la persécution en Occident est souvent limitée à des désavantages éducatifs et professionnels et dans quelques rares cas des procès et la prison, contrairement à ce qui se passe en Asie du Sud et de l’Est, au Moyen Orient et en Afrique, où le témoignage va jusqu’à la mort.

Marie, Reine des martyrs

Mais comment le martyre est-il lié à la Sainte Vierge ? Non seulement beaucoup de martyrs tel que St. Maximilien Kolbe ont aimé profondément Marie (qui lui a offert les grâces du martyre et du célibat, qu’il choisit toutes deux), mais elle est aussi le modèle pour tous les martyrs. Bien sûr, le Christ en est le modèle par excellence, mais Marie vient juste après Lui et a été appelée pour cette raison « Reine des martyrs » à travers les âges. St. Thomas d’Aquin nous dit que

Pour avoir la gloire du martyre, il est suffisant d’exercer l’obéissance dans sa forme la plus haute »[2].

Le martyre est une forme de témoignage et tout Chrétien est appelé à être témoin ; ceci implique d’accepter sa croix et le vide qui s’installe après le refus des divertissements idolâtres, et de vivre les vertus d’une manière héroïque. Le Pape Benoit XVI l’a dit pendant son audience du 11 août 2010 :

« Le martyre et la vocation au martyre ne sont pas le résultat d’un effort humain, mais ils sont la réponse à une initiative et à un appel de Dieu, ils sont un don de sa grâce, qui rend capables d’offrir sa propre vie par amour au Christ et à l’Eglise, et ainsi au monde. »[3]

La volonté humaine seule ne peut procurer cette grâce du martyre, ni le fanatisme meurtrier et idolâtre des terroristes. L’amour est toujours au cœur du martyre.

Aucun être humain n’a atteint la perfection de la Sainte Vierge. Debout sous la croix, elle voyait son Fils en agonie pendant qu’on se moquait de Lui ; cela n’était pas plus difficile pour elle que si elle y avait été pendue elle-même. La mort aurait été une libération. La Mater dolorosa est une image qui a hanté l’imagination des artistes et d’autres au cours des siècles. Lorsque Son Fils est monté aux Cieux, elle a dû rester sur terre comme présence et témoin pour l’Église si jeune. En dépit de la présence de Jésus dans l’Eucharistie, son absence à ses sens a dû être terriblement douloureuse pour elle. Bien que Marie n’ait pas versé son sang, son cœur a été brisé durant la Passion pendant qu’elle s’est unie au sacrifice du Christ, et il a dû rester ainsi jusqu’à la fin de sa vie. Marie avait toujours su à travers l’Écriture Sainte quelle grande souffrance attendait son Fils, ce qui a été confirmé par Syméon dans le temple[4], quand il lui prédit qu’un glaive transpercerait son cœur - ceci était déjà le début de son martyre. Saint Bernard appelle la Vierge Marie « plus que Martyre », dans le Sermon des Douze étoiles[5]:

« Sa douleur, comme un glaive violent, a donc traversé Votre Coeur, et nous pouvons Vous appeler, avec raison, plus que Martyre, puisque, en Vous, le sentiment de la compassion l'emporta si fort sur celui de la passion endurée par le corps. Ainsi soit-il. »

Il est donc naturel que la Vierge Marie soit invoquée sous le vocable de ‘Reine des Martyrs’ dans les Litanies de Lorette.

Les témoins marials modernes

Ainsi les martyrs des derniers cent ans sont d’une manière particulière les enfants de Marie, puisqu’ils ont versé leur sang pour l’amour de son Fils et sont passés par une kénose totale, comme elle. Ils sont pour cela des témoins non seulement de la bonté divine, mais aussi de la beauté et de l’amour de la Vierge Marie.

Mais qu’ils aient été des martyrs par le sang ou non, ils ont chanté ses louanges pendant un temps de grand trouble, un siècle de guerres mondiales, de camps de concentration, de persécutions et de morts violentes. Marcel Van, St. Kolbe, St. Edith Stein, St. Padre Pio, Frank Duff, St. Thérèse de Calcutta et St. Jean Paul II – pour n’en mentionner que quelques-uns – ont aimé la Sainte Vierge tendrement et ont répandu sa dévotion à travers le monde.

La phrase de Karl Rahner est bien connue que « le Chrétien du futur sera un mystique ou il n’existera pas du tout ». J’aimerais dire plutôt que « le Chrétien du futur aura une dévotion mariale ou il n’existera pas du tout ». La Sainte Vierge est en effet un bouclier et protège ses enfants avec son manteau contre les attaques du diable, les divisions et la confusion que celui-ci inspire, donnant à ses enfants la grâce de témoigner de son Fils en assumant les conséquences que ce témoignage implique.

Que la Sainte Vierge continue de nous protéger pendant ce XXIè siècle et de nous aider à témoigner pour son Fils,

et découvrons ces grands témoins marials des XXè et XXIè siècles…


 

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Pour en savoir plus

 

-Sur le Martyre de Marie selon st Bernard, dans l’Encyclopédie mariale 

-Sur la Vierge Marie, Reine des martyrs, dans l’Encyclopédie mariale

-Sur l’apparition de Marie Reine des Martyrs à Jean-b-yasutaro, dans l’Encyclopédie mariale

-Sur le testament de Christian de Chergé, dans l’Encyclopédie mariale

-Sur Marie, Reine des Martyrs, dans l'Encyclopédie mariale

 

Marie Meaney