La joie du don - Présentation de Marie au temple


Le Protévangile de Jacques, très ancien récit apocryphe, nous révèle, à travers un style populaire, des vérités profondes qui, traversant le temps, intéressent toujours nos contemporains. La joie du don est l’une de ces vérités profondes, que les papes saint Jean-Paul II et Benoît XVI ont d’ailleurs mise en lumière, et qui a donné lieu à un colloque en l’an 2000 à Lyon.

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La danse de Marie

L'auteur du Protévangile de Jacques nous dit que le don de Marie est prompt, ponctuel et sans retard, dès l'âge de 3 ans. Marie n'offre pas les « restes » mais les débuts.

« L'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : "Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu." Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple.

Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : "Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël."

Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit. » (Protévangile de Jacques, chapitre VII)

La joie du don de soi se manifeste à travers la danse de l'enfant. Marie se fait aimer de son peuple parce qu'elle danse avec grâce[1].

La joie du don : une expérience essentielle

Nous savons comment David s'est complu à danser ''de toutes ses forces'' (2 Sam 6, 14) près de l'arche de l'alliance et comment les psaumes voient la danse comme une rencontre joyeuse avec Dieu :

''Ils louent son nom avec des danses, et lui chantent des hymnes avec des cithares et des timbales'' (Ps 149, 3).

Saint Paul exhorte :

''Chacun donne selon ce que son cœur a décidé, non pas avec tristesse ni par force, parce que Dieu aime qui donne avec joie'' (2 Cor 9, 7).

Le pape Jean Paul II (1978-2005) écrit:

« Le sens le plus vrai et le plus profond de la vie est celui d'être don qui s'accomplit en se donnant»[2].

Un peu plus loin, il ajoute que

«la vie rejoint son centre, son sens et sa plénitude, quand elle se donne »[3].

Benoît XVI, dans son encyclique sociale Caritas in veritate, propose à la société d'aujourd'hui, épuisée et fatiguée par l'égoïsme et par le vide intérieur, ce médicament de l'expérience du don de soi :

«La charité dans la vérité met l'homme face à la stupéfiante expérience du don. La gratuité est présente dans sa vie sous de multiples formes, souvent non reconnues à cause de la vision uniquement productiviste et utilitaire de l'existence. L'être humain est fait pour le don qui en exprime et acte la dimension de transcendance»[4].

De même, quelques philosophes contemporains développent ce thème:

Le don est un choix, une manière d'être et de se positionner en tant que personne en face d'une autre personne. C'est un style de vie de l'homme capable de gratuité[5].

Le don fait toujours référence à l'autre[6].

Sources :

-J-N. Dumont (a cura di), Le Don. Colloque interdisciplinaire (Lyon, 24-25 novembre 2000), Édition de l'Emmanuel, Lyon 2001.

-Bogusław Gil (MIC), L'Immaculée Conception de Marie dans la perspective du don, dimension culturelle, biblique et théologique, Copyright © 2012


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Pour en savoir plus

Sur l’Immaculée et le don créateur de lien social, dans l’Encyclopédie mariale

-sur la gratuité, dynamique du don, dans l’Encyclopédie mariale

-sur la gratuité dans l’ encyclique Caritas in veritate, dans l’Encyclopédie mariale

-sur la gratuité dans l’encyclique Evangelium vitae, dans l’Encyclopédie mariale

F. Breynaert et l’équipe de MDN.