Tomás Carrasquilla (Colombie, 1859-1940)

Tomás Carrasquilla (Colombie, 1859-1940)

Tomás Carrasquilla Naranjo est né à Santo Domingo (département d'Antioquia) en 1858 et il est mort à Medellin, le 19 décembre 1940. Il a exercé des professions très simples (tailleur, greffier...) avant de devenir un écrivain proche des populations : il décrit les coutumes des gens, sans commentaires.

Il est donc plutôt de l'école romantique, mais l'avènement de la modernité ayant été une réaction contre les coutumes locales traditionnelles, cet écrivain est resté peu connu.

L'un de ses contes, Salve Regina, retrace fidèlement les coutumes de son département (Antioquia) :

« Sa besogne terminée, elle resta seule dans le silence auguste de cette église de la Vierge, qui invitait à la prière. Elle éprouvait le besoin d'implorer le secours de Marie. On la vénérait comme patronne dans ce sanctuaire et sous le plus beau de ses titres : l'Immaculée Conception.

Devant son image, vénérée par tous, si intimement liée à la vie de chacun, Régina avait éprouvé dès l'enfance des aspirations vertueuses et des élans de pureté. Qui d'autre aurait pu l'aider dans son abattement ? Dès qu'elle fut seule, elle tira la cordelière, écarta le voile de la niche. La statue, nimbée d'or, sur son piédestal d'argent, se détachait sur un fond de nuages et d'azur.

A genoux, avec des soupirs et des larmes, des phrases hachées, des oraisons jaculatoires improvisées, elle priait, elle suppliait sa Vierge bien-aimée, refuge des pécheurs, d'accueillir l'égaré sous son manteau, et de le rendre digne d'une femme pure ; ou bien alors d'arracher d'un cœur jusque là sans tache ce qui le souillerait irrémédiablement. » [1]


[1] Extrait de : Tomás Carrasquilla Naranjo, Salve Regina. Cité dans : Marie dans la littérature colombienne, par J.M. Pacheco, s.j., dans Hubert du Manoir, Maria, tome 2, Beauchêne, Paris 1952, p. 340