L'Immaculée conception (Bossuet +1704)

L'Immaculée conception (Bossuet +1704)

Nous venons d'apprendre de Tertullien que le Verbe divin, longtemps devant qu'il se fût revêtu d'une chair humaine, se plaisait, pour ainsi dire, à se revêtir par avance de la forme et des sentiments humains ; tant il était passionné, si j'ose parler de la sorte, pour notre misérable nature.

Quel sentiment plus humain que l'affection envers les parents ? Par conséquent le Fils de Dieu longtemps avant que d'être homme, aimait Marie comme sa mère ; il se plaisait dans cette affection : il ne cessait de veiller sur elle ; il détournait de dessus son temple les malédictions des profanes : il l'embellissait de ses dons, il la comblait de ses grâces, depuis le premier instant où elle commença le cours de sa vie, jusqu'au dernier soupir par lequel elle fut terminée.

C'est la conséquence que je prétendais tirer de ces savants principes de Tertullien. Elle me semble fort véritable ; elle établit, à mon avis, puissamment l'Immaculée Conception de Marie.


Jacques-Bénigne Bossuet (+1704)

Extrait de : Jacques-Bénigne Bossuet, premier sermon sur l'Immaculée Conception, tiré de « Florilège de Notre Dame », par Renée Zeller, 1947, Ed. de l'Arc, p. 11-13.