Les miracles eucharistiques

Les miracles eucharistiques

Quelques repères pour comprendre (1)

Saint Thomas d'Aquin utilise le mot « transsubstantiation » qui vient du mot « substance » : dans la consécration eucharistique du pain et du vin, il y a changement de substance, c'est à dire d'être (« Ceci est mon corps » dit Jésus).

La substance du pain a changé. Mais le Christ reste le Christ. Le sacrement de l'Eucharistie n'enferme pas le Christ dans un lieu donné, dans une forme donnée. Le Christ reste présent dans la gloire divine, et par le sacrement de l'Eucharistie il nous attire à lui et nous unit à sa divinité.

Ce langage est toujours d'actualité (catéchisme de l'Eglise catholique de 1998, § 1376).

Cette précision du langage permet de comprendre les miracles eucharistiques :

Un miracle eucharistique ne concerne donc pas le pain, mais concerne la forme que revêt le Christ. Si le pain consacré se conserve mille ans, s'il s'élève tout seul, s'il saigne, aucune solution ne sera trouvée dans l'étude de la farine ! Mais tout cela a pour origine le Christ qui manifeste sa présence à travers les "formes" et les "accidents". (Somme Théologique, III Qu.76 et 77)

Les miracles eucharistiques obligent à réfléchir avec sérieux sur la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. (2)

Parmi les publications diffusées lors du 48ème Congrès eucharistique international en programme du 10 au 17 octobre à Guadalajara au Mexique, l'on trouve également le "Petit catéchisme eucharistique".

Zenit : En appendice au volume « Petit catéchisme eucharistique » vous avez inséré les principaux miracles eucharistiques. Pourquoi ?

Antonia Salzano : Nous avons publié ceux qui sont reconnus par l'Eglise. La raison est simple. Nombreux sont ceux qui ne savent même pas ce qu'est un miracle eucharistique, ils ne l'imaginent même pas.

La seule connaissance de l'existence de ces miracles les oblige à réfléchir avec sérieux sur la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie.

De nombreuses personnes sont fascinées par les apparitions véritables ou présumées, mais l'Eucharistie c'est Dieu qui est présent parmi nous tous les jours; cela est donc plus important que les autres apparitions.

Malheureusement de nombreuses personnes ne le savent pas, parce que si elles le savaient, ces personnes feraient la queue pour rentrer dans les Eglises comme elles font la queue devant les sanctuaires.

Zenit : Quels miracles eucharistiques peut-on présenter comme les plus incroyables ?

Antonia Salzano : Le miracle eucharistique de Lanciano est extraordinaire (3). C'est le plus ancien, il remonte au VIIIème siècle et a vu les espèces sacrées se transformer en chair et en sang. Un miracle face auquel la science moderne également s'est inclinée. L'analyse de l'hostie transformée en chair a révélé qu'il s'agit de tissu du myocarde.

Le miracle de Sienne est également impressionnant. Les hosties consacrées faites d'une normale farine de froment, volées et puis retrouvées en août de l'année 1730, ne se sont pas détériorées avec le temps. Seules celles qui étaient consacrées sont restées intactes, alors que celles qui ne l'étaient pas se sont abîmées avec le temps.

La science moderne a cherché de toutes les manières d'expliquer ce phénomène, mais elle a dû admettre qu'il s'agissait d'un miracle. Pour nous croyants, il s'agit d'une présence réelle permanente, dont témoignent ces hosties conservées intactes depuis trois cents ans.


(1) Sur l'Eucharistie, lire saint Thomas d'Aquin, Somme théologique Pars III, questions 73-81.

Sur les miracles eucharistiques, lire en particulier les questions 76 et 77. (cf. article ci dessous).

(2) Propos recueillis par Antonio Gaspari.

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(3) Cf. Bruno SAMMACICCIA, Il miracolo Eucaristico di Lanciano, Libreria del Santuario del Miracolo Eucaristico di Lanciano, 1973. Cet ouvrage a été traduit en français par Roland Bourdariat et publié en 1977 aux Editions du Cèdre, Paris.

N.B. Une carte géographique récapitule, à Paray-le-Monial, en France, 132 lieux du monde où se sont vérifiés des miracles eucharistiques. Parmi ces villes, se trouvent (avec la date du miracle) :

- Lanciano (750)

- Trani (1000),

- Ferrare (28 Mars 1171),

- Alatri (1228),

- Douai (Nord de la France) 1254 (l'hostie conservée jusqu'aujourd'ui)

- Florence (30 décembre 1230 et 24 mars 1595),

- Bolsena près d'Orvieto (1264) (l'hostie saigne dès la consécration)

- Offida (1273),

- Gruaro (1294),

- Cascia (1330),

- Macerata (25 avril 1356),

- Bagno di Romagna (1412),

- Turin (6 juin 1453),

- Asti (25 juillet 1535 et 10 mai 1718),

- Morrovalle (17 avril 1560),

- Veroli (26 mars 1570),

- Sienne (14 août 1730),

- San Pietro a Patierno (27 janvier 1772).


Synthèse F. Breynaert