Les vies ‘révélées’ de Jésus ou Marie

Les vies ‘révélées’ de Jésus ou Marie

Certains mystiques disent recevoir une « vision » ou une « dictée » de la vie de Jésus ou de Marie, par exemple Marie d'Agréda (1602-1665)[1], Anne Catherine Emmerich (1774-1824)[2], Maria Valtorta (1897-1961)[3], et d'autres encore de nos jours.

Ces récits « révélés » ont ensemble « des concordances profondes et des divergences parfois incompatibles ». Ces récits s'expliquent par « leur pénétration de l'Evangile ou d'autres sources », les apocryphes, la tradition populaire, les connaissances historiques. Il n'est « pas nécessaire de les justifier par un apport formellement divin et surnaturel », mais on ne peut pas non plus exclure que tel ou tel aspect vienne « de lumières ou influences du ciel »[4].

Pie XII disait de Marie Valtorta : « Publiez l'œuvre telle quelle. Il n'y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu'elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront. »

La méditation de chacun va plus ou moins loin au-delà des textes, quoique dans le sens du texte.[5]

Le catéchisme de l'Eglise catholique (CEC) enseigne ceci :

66 "L'Economie chrétienne, étant l'Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n'est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ" (DV 4). Cependant, même si la Révélation est achevée, elle n'est pas complètement explicitée; il restera à la foi chrétienne d'en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles.

67. Au fil des siècles il y a eu des révélations dites "privées", dont certaines ont été reconnues par l'autorité de l'Eglise. Elles n'appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n'est pas d'"améliorer" ou de "compléter" la Révélation définitive du Christ, mais d'aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'histoire. Guidé par le Magistère de l'Eglise, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l'Eglise.

La foi chrétienne ne peut pas accepter des "révélations" qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l'achèvement. C'est le cas de certaines Religions non-chrétiennes et aussi de certaines sectes récentes qui se fondent sur de telles "révélations". »

(CEC 66-67)

Les liens ci-dessous vous donneront des extraits et des comparaisons entre les récits « révélés », dans le contexte d'un panorama qui fait aussi le lien avec l'Ecriture et la tradition.


[1] Marie d'Agréda, La cité mystique de Dieu (première édition espagnole en 1670) Téqui, Paris 2000

[2] Anne Catherine Emmerich, La vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, 2006

[3] Maria Valtorta, L'Evangile tel qu'il m'a été révélé, Centro Editoriale Valtortiano, 1985

[4] Cf. R. Laurentin, F-M. Debroise, La vie de Marie d'après les révélations des mystiques, Presses de la Renaissance, Paris 2011, p. 248

[5] Cf. R. Laurentin, F-M. Debroise, Ibid., p. 248

Françoise Breynaert