Jeune femme juive, Édith demande le baptême


Sainte Édith Stein (1891-1942), jeune femme juive, se convertit au catholicisme et fut baptisée le 1° janvier 1922, à Bergzabern (Allemagne). Elle reçut le prénom de Thérèse-Hedwige et fit sa Première Communion en ce même jour.

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Enfance et adolescence

Quand, le 12 octobre 1891, Édith Stein naquit à Wroclaw (à l'époque Breslau), la dernière de 11 enfants, sa famille fêtait le Yom Kippour, la plus grande fête juive, le jour de l'expiation. "Plus que toute autre chose cela a contribué à rendre particulièrement chère à la mère sa plus jeune fille". Cette date de naissance fut pour la carmélite presque une prédiction.

Son père, commerçant en bois, mourut quand Édith n'avait pas encore trois ans.

Sa mère, femme très religieuse, active et volontaire, ne réussit pas à maintenir chez ses enfants une foi vivante. Édith perdit la foi en Dieu : "En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier".

Jeune étudiante, elle entra dans l'organisation "Association Prussienne pour le Droit des Femmes au Vote".

Philosophe, assistante de Husserl

En 1913, elle fréquente les cours d’Edmund Husserl à l'université; elle devint son disciple et son assistante et elle passa aussi avec lui sa thèse. Ses disciples comprenaient sa philosophie comme un retour vers le concret : "Retour à l'objectivisme". La phénoménologie conduisit plusieurs de ses étudiants et étudiantes à la foi chrétienne, sans qu'il en ait eu l'intention.

À Gôttingen, Édith Stein rencontra aussi le philosophe Max Scheler. Cette rencontre attira son attention sur le catholicisme.

Cependant elle n'oublia pas l'étude qui devait lui procurer du pain dans l'avenir. En janvier 1915, elle réussit avec distinction son examen d'État.

La première guerre mondiale, l'expérience de l'empathie

Alors qu'éclatait la première guerre mondiale, elle écrivit : "Maintenant je n'ai plus de vie propre". Elle fréquenta un cours d'infirmière et travailla dans un hôpital militaire autrichien. Pour elle se furent des temps difficiles. Elle soigna les malades du service des maladies infectieuses, travailla en salle opératoire, vit mourir des hommes dans la fleur de l'âge. À la fermeture de l'hôpital militaire en 1916, elle suivit Husserl à Fribourg-en-Brisgau, elle y obtint en 1917 sa thèse "summa cum laudae" dont le titre était : "Sur le problème de l'empathie".

La conversion d’Édith Stein

Il arriva qu'un jour elle put observer comment une femme du peuple, avec son panier à provisions, entra dans la cathédrale de Francfort et s'arrêta pour une brève prière.

"Ce fut pour moi quelque chose de complètement nouveau. Dans les synagogues et les églises protestantes que j'ai fréquentées, les croyants se rendent à des offices. En cette circonstance cependant, une personne entre dans une église déserte, comme si elle se rendait à un colloque intime. (…) Je n'ai jamais pu oublier ce qui est arrivé. Ce fut le moment pendant lequel mon irréligiosité s'écroula et le Christ resplendit"

écrira-t-elle.

Premières intuitions

À l'automne 1918, Édith Stein cessa d'être l'assistante d'Edmund Husserl. Ceci parce qu'elle désirait travailler de manière indépendante. Pour la première fois depuis sa conversion, Édith Stein rendra visite à Husserl en 1930. Elle eut avec lui une discussion sur sa nouvelle foi à laquelle elle aurait volontiers voulu qu'il participe. Puis elle écrira de manière surprenante :

"Après chaque rencontre qui me fait sentir l'impossibilité de l'influencer directement, s'avive en moi le caractère pressant de mon propre holocauste".

En 1921,après la lecture de la vie de Thérèse d'Avila, elle écrit:

"Quand je refermai le livre je me dis : ceci est la vérité."

Baptême

Le 1° janvier 1922, Édith Stein se fit baptiser et reçut sa Première communion.

"J'avais cessé de pratiquer la religion juive et je me sentis de nouveau juive seulement après mon retour à Dieu".

À la fête de la Chandeleur (Présentation de Jésus au temple), elle reçut la confirmation de l'évêque de Spire dans sa chapelle privée.

Ensuite, elle se rendit à Wroclaw et avoua à sa mère: "Maman, je suis catholique".

Les deux se mirent à pleurer. Hedwige Conrad-Martius écrivit : "Je vis deux israélites et aucune ne manque de sincérité" (cf. Jn 1, 47).

Sources et bibliographie :

W. Herbstrith, Édith Stein, la puissance de la Croix. Paris : ed. Nouvelle Cité, 1982.

C. Rastoin, Édith Stein et le mystère d'Israël, Ad Solem, 1998.

F. Gaboriau, Lorsque Édith Stein se convertit, éditions Ad Solem, 1997.

Y. Moix, Mort et vie d'Édith Stein. Paris : éditions Grasset et Fasquelle 2008.

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Pour en savoir plus

-sur sainte Édith Stein (1891-1942), dans l’Encyclopédie mariale

-sur la spiritualité de sainte Édith Stein, dans l’Encyclopédie mariale

-sur Marie et le judaïsme, dans l’Encyclopédie mariale

 

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