St Jean Eudes (1601-1680), fondateur

St Jean Eudes (1601-1680)

Saint Jean Eudes a été, comme saint Bernard, et, plus tard, saint Louis-Marie Grignon de Montfort, un homme dont toute la vie et le ministère ont été marqués par Marie. Sa grâce propre a été d'être l'Apôtre du Cœur de Jésus et de Marie. 

C'est à ce titre, qu'à sa canonisation (1925), il fut appelé : 

« Père, Apôtre et Docteur du Culte liturgique des Cœurs de Jésus et de Marie ». 

Qui est cet homme ? 

Enfance

Il est né en 1601, à Ri, un village proche d'Argentan, en Normandie. 

Dans son « Mémorial », il note « les principales faveurs reçues de Dieu, par son Fils Jésus-Christ, et par sa très Mère, dont je le dois louer incessamment ». 

Il remercie d'abord pour sa famille chrétienne ; de ses parents, il a appris que ceux-ci, n'ayant pas d'enfant, firent un pèlerinage à N.-D. de Recouvrance, puis revinrent en reconnaissance pour l'offrir au Christ et à sa Mère. Jean Eudes ratifie cette consécration, quand il écrit : «Je suis tout à toi, Seigneur Jésus ! je suis tout à toi, ô Notre-Dame !». 

Jeune homme

Ce jeune garçon eut la chance de recevoir, chez les Pères Jésuites de Caen, une solide formation humaine et spirituelle. 

A 17 ans, il est reçu à la Congrégation de Notre-Dame, "en laquelle, dit-il, Notre Seigneur me fit de très grandes grâces, par l'entremise de sa très Mère". 

Nous pouvons entrevoir quelque chose de cette grâce, quand il écrit, cinquante ans plus tard, dans le « Contrat d'alliance avec la très Mère de Dieu » : 

« ... N'est-ce pas merveille que vous vouliez bien être l'épouse du dernier de tous les hommes, qui a bien osé vous choisir, dès ses plus tendres années, pour sa très unique Epouse ? » 

Prêtre puis missionnaire

Toute la vie et le ministère de Jean Eudes seront sous le signe de Marie. 

Rentré à l'Oratoire, en 1623, où il est reçu par le Père de Bérulle, il va commencer son ministère en Normandie, se portant au service des pestiférés. 

Jean Eudes emportait, dans ses Missions, une très belle statuette de la « Vierge Mère », représentant Marie allaitant l'Enfant. Jean Eudes a toujours associé Marie à son ministère, comme le Fils l'a rendue sa coopératrice en l'œuvre de la rédemption du monde. 

Fondateur

Au cours de nombreuses Missions, il est témoin de l'ignorance des baptisés et de beaucoup de misères physiques et morales, en particulier chez les femmes, victimes de la prostitution. Pour elles, il ouvre, à Caen, en 1641, une maison "Notre-Dame du Refuge" : c'est l'origine de la Congrégation "Notre-Dame de Charité", dont est issu "Le Bon Pasteur d'Angers", fondé par sainte Marie-Euphrasie Pelletier (1835). 

Jean Eudes quitte l'Oratoire pour fonder, le 25 mars 1643, la "Congrégation de Jésus et Marie" (= Les Eudistes). L'objectif premier de Jean Eudes était de former des pasteurs, comme le Concile de Trente l'avait déjà demandé une centaine d'années auparavant. Il ouvre le premier Séminaire de Normandie, à Caen, puis ceux de Coutances, Lisieux, Rouen, Evreux et Rennes. 

La Fête liturgique du Cœur de Marie

C'est au cours de la grande Mission d'Autun qu'il fit célébrer pour la première fois, en 1648, la Fête liturgique du Cœur de Marie. C’est aussi à partir de cette même année qu’il fonde un tiers-ordre : la Société du Cœur de la Mère admirable, dont seront issus plusieurs congrégations dont les Petites Sœurs des Pauvres, fondées par sainte Jeanne Jugan (1839).

La Fête liturgique du Cœur de Jésus

Toute la maturité spirituelle du Missionnaire se concentre sur la proclamation de l’amour de Dieu manifesté dans le Cœur de son Fils, Jésus. Pour le manifester, saint Jean Eudes célèbre publiquement pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise une Messe en l’honneur du Cœur de Jésus le 20 octobre 1672 à Caen.

Jusqu'au 19 août 1680

Jusqu'à la limite de ses forces, Jean Eudes continuera encore à prêcher des Missions, dans l'Ouest, et aussi en Bourgogne, à Paris et devant le Roi. 

Saint Jean Eudes mourut à Caen le 19 août 1680. 

L'Eglise l'a proclamé saint en 1925. 


Extraits de : DE PAS R., Saint Jean Eudes et la Vierge Marie, dans « Nouveaux cahiers marials » 31, (août 1993), pp.12-16, p. 12-13