Marie et la Béatitude des pauvres


« Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le royaume des Cieux est à eux» (Mt, 5,1). La Vierge Marie réalise en elle cette béatitude.

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La pauvreté devant Dieu

Pour saint Hilaire de Poitiers (v.315-367), Père et Docteur de l’Église,  la pauvreté dont parle d'abord Jésus est la pauvreté vis-à-vis de Dieu, conscience de l'homme de sa propre impuissance devant son Créateur et Seigneur dont il a reçu en cadeau la vie, il dont il doit attendre les bienfaits pour grandir vers une condition plus haute et plus spirituelle. Mais l'Évangile exige davantage. La pauvreté devant Dieu est le premier pas, la base de la vie chrétienne.

La pauvreté devant le prochain

Mais pour être des chrétiens "authentiques",  il faut accompagner la pauvreté devant Dieu avec la pauvreté devant le monde et devant le prochain. Être pauvre devant le monde signifie renoncer au succès, à l'affirmation du moi, à la richesse, et la pauvreté devant le prochain implique pour saint Hilaire la "communion de vie fondée sur le lien de l'amour universel."

Il est intéressant de remarquer qu’il n’y a aucun éloge de la "pauvreté sociale". Elle n'est pas voulue par Dieu - écrit st Basile - mais elle est le fruit du péché. On insiste par contre sur le partage des biens : le superflu des riches appartient aux pauvres.

Et finalement nos premiers Pères dans la foi soulignent avec acuité que tous les pauvres ne sont pas bienheureux parce que la pauvreté n'est pas en elle-même une réalité positive : la pauvreté sans la liberté ne donne pas la vie ; sont bienheureux les pauvres devenus tels par l'imitation de Jésus-Christ. Le vrai pauvre est celui qui non seulement ne possède pas, mais qui ne désire pas posséder.

Si Dieu préfère les pauvres, relève st Ambroise, évêque de Milan, c’est parce qu'il a conscience qu'ils ont, plus aisément que les personnes aisées, la faim de sa Parole qui appelle à la fraternité : qui a faim souffre avec qui a faim, il donne et  devient ainsi juste.

Les pauvres, de plus, dit st Jean Chrysostome, sont considérés comme des maîtres de vie en ce qui concerne l'art de supporter les douleurs : ils se trouvent à l'entrée des églises pour être un exemple et pour rappeler à la miséricorde.

La mère de Jésus

L'évangile de Luc montre Marie habitant Nazareth, une humble bourgade, couchant son nouveau-né dans une mangeoire pour animaux, offrant au temple l'offrande des pauvres.

L'évangile de Jean montre que Marie aide à la cuisine durant un mariage à Cana (et donc voit les manques), et, elle se laisse offrir, au moment de la mort de Jésus un tombeau, un linceul, un mélange de myrrhe et d'Aloès...

Les Pères syriaques en particulier présentent la pauvreté comme la qualité spécifique de la personnalité humaine et religieuse de la mère de Jésus : "Fille de pauvres", humble fille de pauvres gens", "celle qui était parmi les gens d’humble condition", celle qui a gardé l'humilité qui rend pauvres en esprit, "et qui est semblable à elle dans l'humilité."

Source :

Angelo GILA, Il pensiero dei Padri della Chiesa su s. Maria e la Beatitudine dei poveri, in Santa Maria “Regina Martyrum” Quaderno di spiritualità dell’ordine dei Frati servi di Maria Provincia di Piemonte e Romagna, Anno IV – N°2 (11) – 2001, p.21-27.

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Pour en savoir plus

-sur Les Béatitudes, selon Matthieu et Luc, dans l’Encyclopédie mariale

–sur Marie et les Béatitudes, dans l’Encyclopédie mariale

-sur Marie et la pauvreté (St Odilon de Cluny), dans l’Encyclopédie mariale

- sur Notre Dame de la Pauvreté, dans l’Encyclopédie mariale

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