Accord anglican-catholique sur l'Assomption (ARCIC)


Le 2 février 2004, la Commission internationale anglicane - catholique romaine (ARCIC), instance de dialogue œcuménique établie en 1967, a présenté un document commun « Marie : grâce et espérance dans le Christ. » La doctrine de l'Assomption de Marie y est présentée comme pleinement conforme à l'Écriture, quelques exemples paradigmatiques d’eschatologie anticipée sont présentés et la Vierge Marie est présentée comme type de l’Église et tenant une place particulière dans l’économie du salut.

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[L'Assomption de la Vierge Marie est pleinement conforme à l'Écriture]

53. L'espérance de l'Église est fondée sur le témoignage qu'elle a reçu concernant la gloire présente du Christ.

L'Église proclame que le Christ n'a pas seulement été ressuscité corporellement du tombeau mais qu'il a été exalté à la droite du Père, pour participer de la gloire du Père[1].

Dans la mesure où les croyants sont unis au Christ dans le baptême et participent aux souffrances du Christ[2] , ils ont part, par l'Esprit, à sa gloire et sont ressuscités avec lui en anticipation de la révélation finale[3].

C'est la destinée de l'Église et de ses membres, les « saints » choisis dans le Christ « avant la fondation du monde », d'être « saints et irréprochables » et d'avoir part à la gloire du Christ[4].

Paul parle pour ainsi dire rétrospectivement depuis le futur quand il dit :

« ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiées ; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés »[5] .

Dans les chapitres suivants de Romains, Paul explique ce drame à plusieurs facettes qu'est l'élection par Dieu dans le Christ, le considérant dans la perspective de sa fin : l'inclusion des païens de sorte que « tout Israël sera sauvé »[6] .

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56. Marie, une pure vierge, a porté Dieu incarné dans son sein. Son intimité corporelle avec son Fils allait de pair avec sa fidélité à le suivre et sa participation maternelle dans le don victorieux qu'il a fait de lui-même (Luc 2, 35). Tout cela est clairement attesté dans l'Écriture, comme nous l'avons vu.

[Quelques exemples paradigmatiques d’eschatologie anticipée]

On ne trouve pas dans l'Écriture de témoignage direct au sujet de la fin de la vie de Marie.

Cependant certains passages donnent des exemples de personnes qui ont suivi fidèlement les desseins de Dieu et ont été attirés dans la présence de Dieu. De plus, ces passages offrent souvent des touches discrètes ou des analogies partielles qui peuvent éclairer le mystère de l'entrée de Marie dans la gloire.

Par exemple, le paradigme[7] biblique de l'eschatologie anticipée apparaît dans le récit d'Étienne, le premier martyr (Actes 7, 54-60). Au moment de sa mort, dont les traits sont semblables à celle de son Seigneur, il voit « la gloire de Dieu » et Jésus « le Fils de l'homme » non pas siégeant pour le jugement mais « debout à la droite de Dieu » pour accueillir son serviteur fidèle.

Semblablement, le voleur repentant qui fait appel au Christ crucifié reçoit la promesse spéciale de se trouver immédiatement avec le Christ dans le paradis (Luc 23, 43).

Élie, le serviteur fidèle de Dieu, est enlevé par une tornade dans le ciel (2 Rois 2, 11) et d'Hénoch il est écrit qu'il « avait reçu le témoignage qu'il avait été agréable à Dieu » comme homme de foi et qu'à cause de cela il

« fut enlevé afin d'échapper à la mort et on ne le retrouva pas parce que Dieu l'avait enlevé ».[8]

À l'intérieur d'un tel paradigme d'eschatologie anticipée, on peut aussi voir Marie comme la disciple fidèle pleinement présente avec Dieu dans le Christ. De cette façon, elle est un signe d'espérance pour toute l'humanité.

[Le rôle de l'Assomption dans l'économie du salut]

57. Le paradigme de la grâce et de l'espérance déjà préfiguré dans Marie sera accompli dans la nouvelle création dans le Christ quand tous les rachetés participeront à la pleine gloire du Seigneur[9]. L'expérience chrétienne de la communion avec Dieu dans la vie présente est un signe et avant-goût de la grâce et de la gloire divines, une espérance partagée par l'ensemble de la création[10]. Le croyant individuel et l'Église trouvent leur consommation dans la nouvelle Jérusalem, l'épouse du Christ[11].

Quand, au fil des générations, les chrétiens d'Orient et d'Occident ont médité l'œuvre de Dieu dans Marie, ils ont discerné dans la foi (cf. Don 29) qu'il sied que le Seigneur l'ait réunie pleinement avec lui : dans le Christ elle est déjà une nouvelle création dans laquelle « le monde ancien est passé et une réalité nouvelle est là » (2 Corinthiens 5, 17).

Vue dans une telle perspective eschatologique, Marie peut être considérée à la fois comme type de l'Église et comme une disciple qui tient une place spéciale dans l'économie du salut.

Source :

Commission internationale anglicane - catholique romaine (ARCIC),

« Marie : grâce et espérance dans le Christ », 2 février 2004, § 53.56.57


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Pour en savoir plus

-sur les anglicans et les deux dogmes récents (ARCIC), dans l’Encyclopédie mariale

-sur le dogme de l’Assomption défini par l’Église, dans l’Encyclopédie mariale

-sur le dogme de l'Assomption (J. Ratzinger), dans l’Encyclopédie mariale

-sur l'Assomption dans la tradition de l'Église, dans l’Encyclopédie mariale

-sur l’Assomption dans les liturgies, dans l’Encyclopédie mariale

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