Marie, incorruptible comme l’Arche d’Alliance


Dans son ouvrage À l'écoute de Marie, Françoise Breynaert propose une réflexion sur l’arche d’Alliance et son analogie avec la Femme de l’Apocalypse, analogie qui a d’ailleurs été établie dès les premiers siècles par l’auteur du récit apocryphe Transitus Mariae, rapportant l’Assomption de Marie.

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Le temple céleste est ouvert, l’Arche d’Alliance apparaît (11, 19) et aussitôt est donné le grand signe de la Femme et du dragon (12,1). La Femme est l'Église et elle est aussi Marie. À travers ce qui est dit de l’Arche, Dieu prépare son peuple à la compréhension de l’Assomption de Marie.

L'arche incorruptible

L’Arche était un coffret de bois à l’intérieur duquel étaient gardées les deux tables de la loi. L’Arche était considérée comme le symbole privilégié de la présence de Dieu au milieu de son peuple à la suite de l’alliance au Sinaï. Cette arche fut gardée dans le temple de Salomon.

La Bible dit que quand Nabuchodonosor, roi de Babylone conquit Jérusalem en 597 av J-C, il emporta tous les trésors du temple et du palais royal ; il réduisit en pièces tous les objets d’or que Salomon avait mis dans le temple[1]. Puis, dans le siège définitif de 587, le souverain brûla le temple et il le dépouilla de tous les objets précieux qui servaient au culte[2].

Cependant, par un respect pudique, on ne parle pas de l’Arche d’Alliance parmi les objets pillés.

L’incorruptibilité de l’arche d’alliance

Dans le 2ème livre des Maccabées (2ème siècle avant J-C) une tradition rapporte qu’au moment de la destruction du temple, docile à un oracle divin, le prophète Jérémie prit l’Arche d’alliance et la cacha dans une grotte[3].

Dans l’Apocalypse de Baruch[4] (apocryphe de la fin du 1er siècle après J-C), nous lisons que ce fut un ange envoyé par Dieu qui enleva du temple ces objets sacrés, et les mis dans un endroit caché de la terre, avant que les Babyloniens n’abattent le temple.

Quelques témoignages de rabbins disent que l’Arche a disparu et qu’elle est destinée à durer jusqu’au monde futur[5] .

Ainsi, l’Arche, en tant que signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple est réputée incorruptible. L’Alliance de Dieu avec Israël est éternelle, donc l’Arche aussi. Elle est peut-être même, s’il le faut, au ciel[6].

L'arche et le signe de la Femme[7]

L’Apocalypse de saint Jean fait le lien entre l’Arche d’Alliance au ciel[8] et le signe grandiose de la Femme revêtue de soleil[9], une Femme qui doit aussi être glorifiée comme femme-épouse de l’Agneau[10] .

Nous comprenons désormais l’importance majeure de ce lien entre l'Arche d'Alliance et le signe de la Femme.

La tradition judéo-chrétienne ne s’y trompera pas

En effet, très prisé par la liturgie orientale, le récit apocryphe judéo-chrétien "Transitus Mariae" raconte l’Assomption de Marie et il fait justement référence à l’Arche d’Alliance : pendant que les apôtres portaient le corps de Marie, les mains de ceux qui voulurent offenser Marie devinrent sèches, comme dans la Bible la main de celui qui toucha l’Arche d’Alliance sans être qualifié[11].

Dans les Litanies de Lorette, on invoque la Vierge Marie sous le vocable d’Arche d’Alliance.

Sources :

-Cf. A.SERRA, “Assunta”, Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.148-149

-A. SERRA, Echi di Apocalisse 12 nel Transitus Mariae ? Theotokos 8 (1/2000), pp 245-260.

-F. Breynaert, À l'écoute de Marie, tome II, Brive 2007


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Pour en savoir plus

-sur L'arche d'Alliance, figure de Marie (Ex 25), dans l’Encyclopédie mariale

-sur Le signe de la Femme, dans l’Encyclopédie mariale

-sur le dogme de l’Assomption défini par l’Église, dans l’Encyclopédie mariale

-sur le dogme de l'Assomption (J. Ratzinger), dans l’Encyclopédie mariale

-sur l'Assomption dans la tradition de l'Église, dans l’Encyclopédie mariale

-sur l’Assomption dans les liturgies, dans l’Encyclopédie mariale

-sur les Litanies dites de Lorette, dans l'Encyclopédie mariale

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