Le signe du Nouveau-Né (Lc 2, 10-12)

Le signe donné - interprétations

"Un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche" a valeur de "signe" (Lc 2, 12)... En quel sens ?

Le signe des tendres soins de Marie et Joseph.

Il y a un détail dans le récit de Luc qui devrait attirer l'attention. L’ange dit aux bergers :

« Et ceci vous servira de signe: vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. » (Lc 2,12)

cependant les bergers vont voir, Luc il n'écrit pas qu’ils trouvèrent un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. L'évangéliste dit que les bergers

« trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche.» (Lc 2,16)

Est-ce que la substitution [enveloppé de langes / Marie, Joseph] est le fait du hasard ? Il ne semble pas.

Quelques passages de l'ancien testament semblent offrir l'explication.

Le pseudo-Salomon s'exclame:

« J'ai été élevé dans les langes et parmi les soucis. » (Sg 7,4)

Puis, avec un langage pittoresque, Job 38,8-9 dit que la mer, dès l'instant où le Créateur l'appela à l'existence, expérimenta la sollicitude paternelle de Dieu qui lui donna les nuages pour vêtement et le brouillard pour langes.


Ezéchiel dit de Jérusalem, qui synthétise tout Israël

« Nul n'a tourné vers toi un regard de pitié, pour te rendre un de ces devoirs par compassion pour toi. Tu fus jetée en pleine campagne, par dégoût de toi, au jour de ta naissance. » (Ez 16, 5)

Ces passages de l'AT disent, chaque à sa manière, qu'un enfant enveloppé de langes depuis la naissance est une créature amoureusement soignée par ses proches, maman et papa. Pour Jésus, ce furent Marie et Joseph. Marie est inséparable de Joseph, son époux (Lc 1,27) et père juridique de l'enfant (Lc 1,27; 2,4; 3,23; 4,22).

L’enfant emmailloté de langes, c’est le signe que l’enfant est amoureusement soigné par ses proches qui prennent souci de lui. En effet, lorsque l’Ecriture dit « J'ai été élevé dans les langes et parmi les soucis. » (Sg 7,4), c’est pour exprimer la tendresse des parents qui soignent et prennent souci de l’enfant. De la sorte, voir le signe des langes signifie trouver Marie et Joseph.

Le signe de la virginité de Marie.

Luc accorde une importance particulière à un détail :

« Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche. »

(Lc 2,7)

Le fait que saint Luc prenne le temps de parler du geste d’envelopper l’enfant de langes (tellement évident) et non pas de cet autre détail, tout aussi normal, de laver l’enfant pourrait suggérer la naissance virginale.

Or, au verset 16, il est dit que les bergers voient d’abord Marie, puis Joseph, avant de voir le nouveau né.

« Ils trouvèrent Marie, Joseph, ainsi que le nouveau-né, déposé dans la mangeoire. »

(Lc 1, 16)

Le fait que Joseph soit nommé en second indique qu’il n’est pas le père et que l’enfant a été conçu virginalement, c’est un signe, un signe de la divinité de Jésus qui est Seigneur.

Le signe que Jésus, d'origine glorieuse, participe à notre vie, du berceau à la tombe.

La gloire de Dieu qui « enveloppe » les bergers semble faire contraste avec les langes qui « enveloppent » l'enfant.

Le messie nouveau-né est de nature divine, c'est le Christ Seigneur (Lc 2,11). Mais de son origine rien de glorieux ne transparaît à l'extérieur.

Maintenant qu'il est né pour nous, pour tout le peuple (vv. 10.11), il se rend solidaire de notre condition. Si, comme Dieu, il s'enveloppe de lumière, (cf Ps 104,2), maintenant, comme fils de l'homme, il est enveloppé de langes.

L’enveloppement de bandes de Jésus à peine né (Lc 2,7.12) rappelle un autre enveloppement de bandes pour son Corps inanimé (Lc 23,53). Marie enveloppe de bandes l'enfant et le dépose dans la mangeoire (Lc 2,7) et Joseph d’Arimatie enveloppe le corps de Jésus dans un linceul et le dépose dans le sépulcre (Lc 23,50.51.52.53).

Cette similitude des situations pourrait signifier que le messie se rend réellement participant de notre vie du berceau à la tombe.

Conclusion

En ces parents, l'évangéliste désigne les premiers témoins de l'incarnation. Avec sollicitude, ils ont donné au Fils de Dieu tous les soins nécessaires à sa croissance et à son développement comme fils de l'homme.

De ceci se rendent compte les bergers qui sont aussi le symbole des premiers évangélisateurs de la communauté chrétienne, qui méditent Noël à la lumière pascale.


Article rédigé à partir de : A.SERRA, Bibbia, in Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.226-227.