Le consentement de Marie selon Origène (185-253)

Foi et disponibilité de Marie - Origène et Lc 1,38

Origène (†253) décrit la foi et la disponibilité de Marie en s'appuyant sur la finale du récit de l'Annonciation.

« Marie avec toute sa générosité dit à l'ange : "Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole" (Lc 1, 38).

L'ange, ayant reçu la profession de foi de la Vierge, la quitta.

Elle "partit chez sa cousine montant en toute hâte dans la région des montagnes" (Lc 1, 39), forcée par l'Esprit qui était venu sur elle avec la puissance du Très- Haut.

Puisque l'ange lui avait dit : "Voici que ta cousine a conçu", elle partit se réjouir avec elle puisqu'elle aussi avait conçu contre toute attente.

C'est pourquoi, comme si elle était convaincue de ce qu'elle avait appris au sujet d'Élisabeth, elle dit : Voici la servante du Seigneur. »

(Origène Fragment 16 sur Homélie Luc 7,2)

« Voici, dit-elle, la servante du Seigneur, c'est comme si elle disait : Je suis une tablette pour écrire, que l'écrivain écrive ce qu'il veut ; qu'il fasse ce qu'il veut, le Seigneur de l'univers. »

(Origène Fragment 17 sur Homélie Luc 7,4)[1]

Dans le Fragment 16, Origène relit les paroles de Marie comme signe de la "générosité" de la Vierge, ou comme "profession de foi", sa conviction après avoir entendu tout ce qu'est été arrivé à Elisabeth.

Le Fragment 17, qui se trouve ad litteram chez Eusèbe, Athanase et Antipatros de Bostra, paraphrase élégamment la réponse de Marie.


[1] H. CROUZEL, Origène, Homélies sur l'Evangile de saint Luc: sources chrétiennes 87, Paris Cerf 1961, p. 477


A. Gila