La Présentation de Marie au Temple dans l'art


 

Le Protévangile de Jacques, puis le Livre de la Nativité de Marie et, plus tard, la Légende dorée rapportent qu’Anne et Joachim amenèrent leur fille Marie, alors âgée de trois ans, au Temple de Jérusalem pour y être présentée et consacrée à Dieu. Le Temple était situé sur une montagne et il fallait gravir quinze degrés pour y accéder, en référence aux quinze psaumes graduels. Marie gravit les marches sans leur aide, et resta dans le Temple jusqu’à ses quatorze ans, avant d’en sortir pour y être mariée à Joseph et devenir la mère de Jésus.

 

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La représentation de cet épisode de la vie de Marie est un thème iconographique riche. Dans les enluminures du XVès, comme dans les icônes, il est souvent lié soit à la Nativité de Marie, soit à l’Annonciation et à la Visitation, et il a été souvent représenté dans la peinture italienne de la Renaissance.
Quelques éléments sont importants dans cette figuration : outre l’escalier et la présence des parents de Marie et des jeunes filles portant une lampe citées dans le Protévangile de Jacques, du grand prêtre et d’autres personnes, la représentation de la fillette comporte elle-même plusieurs variantes, destinées à mettre en valeur, par une figuration symbolique, certains traits essentiels de la personne de Marie : son sacrifice et celui de ses parents, sa joie spirituelle, son zèle à monter les marches du temple, montrant ainsi son offrande totale à Dieu, etc.

Le texte du Protévangile

Dans le texte du protévangile de Jacques, au chapitre VII, on peut lire:

« Or l’enfant eut trois ans, et Joachim dit : « Appelons les filles des Hébreux qui sont sans tache ; qu’elles prennent chacune une lampe, et que ces lampes soient allumées, pour qu’elle ne se retourne pas en arrière et que son cœur ne soit pas retenu captif hors du Temple du Seigneur. » Elles firent ainsi jusqu’à ce qu’elle fût montée au Temple du Seigneur.»

Et le prêtre la reçut et, l’ayant embrassée, il la bénit et dit : « Le Seigneur Dieu a exalté ton nom dans toutes les générations. En toi, aux derniers jours, le Seigneur manifestera la rédemption aux fils d’Israël. » Et il la plaça sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur fit descendre sa grâce sur elle. Et ses pieds se mirent à danser et toute la maison d’Israël l’aima. »

L’escalier, un élément essentiel du décor

L’escalier n’est pas présent dans toutes les représentations, mais les quinze marches du Temple constituent rapidement un élément de décor important. Certains peintres ont voulu représenter les quinze marches, voulant respecter la valeur symbolique de ces degrés, et créant un effet de perspective, parfois en contre-plongée, pour souligner l’ascension de l’enfant; pour d’autres, quelques marches suffisent.

 

Les parents de Marie, les vierges lampadophores, les témoins


Giotto. La Présentation de Marie au Temple.
Giotto a choisi de représenter sainte Anne accompagnant l’Enfant jusqu’au seuil du temple, où elle est reçue par le grand prêtre. Cependant, Joachim et Anne sont souvent représentés au bas de l’escalier, de façon à mettre en valeur le courage et le zèle de l’enfant, comme par exemple dans la version de Paolo Ucello.


Icône crétoise du XVès. La Vierge Marie suivie de ses parents et des vierges lampadophores.
Dans certaines représentations, fidèles au chapitre VII du Protévangile de Jacques, on trouve le motif iconographique des sept vierges lampadophores, et parfois d’autres personnages animent la scène : dans la version du Titien, nombreux sont ceux qui se pressent aux fenêtres et aux balcons, mais aussi dans la rue, pour assister à l’événement.

La Vierge Marie et l’accueil du grand prêtre

La Vierge Marie est souvent représentée comme une enfant, conformément au texte ; dans certaines icônes, où la codification n’est pas la même, elle est déjà figurée comme une adulte, mais de petite taille. La représentation de Marie offre de multiples variantes : parfois, elle est figurée tenant une lampe, ou les mains croisées sur son sein ; d’autres fois, elle tend les bras vers le grand prêtre ; d’autres fois, elle tient un livre ; dans certaines représentations, la fillette se retourne vers nous, comme dans le magnifique tableau de Paolo di Giovanni Fei.Le grand prêtre est parfois figuré prononçant les paroles de bénédiction, souvent avec un geste d’accueil.

 

 

 

 

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Pour en savoir plus

 

-Sur la Présentation de la Vierge au Temple dans la peinture italienne, en ligne 

 

 

Isabelle Rolland