Acte de confiance et de consécration, Irlande 1979

Acte de confiance et de consécration - Irlande 1979

En mon nom, en votre nom, et au nom de tout le peuple catholique de l'Irlande, je prononce, à la fin de cette homélie, ces paroles de confiance et de consécration:

Comme nos aïeux

"Mère, dans ce sanctuaire tu accueilles le peuple de Dieu de toute l'Irlande et tu lui montres le Christ dans l'eucharistie et dans l'Église. En ce moment solennel nous écoutons avec attention spéciale tes mots: "Vous faites tout ce qu'il vous dira" (Jn 2, 4) Et nous désirons répondre de tout notre cœur. Nous désirons faire ce que ton Fils nous dit, ce que tu nous commandes, car il a les paroles de la vie éternelle. Nous désirons accomplir et accomplir tout ce que vient de lui, tout ce qu'est contenu dans la Bonne Nouvelle, comme nos aïeux le firent pendant beaucoup de siècles. Leurs fidélités au Christ et à son Église et leur attachement héroïque au Siège Apostolique ont gravée en nous un signe indélébile en nous.

Cette fidélité, le long des siècles, a fait mûrir des fruits d'héroïsme chrétien et des traditions vertueuses de vie en consonance avec la loi de Dieu, spécialement en consonance avec le commandement le plus saint de l'Évangile, celui de l'amour.

Nous avons reçu ce splendide héritage de leurs mains, au début de cette époque nouvelle, à la fin du 2° millénaire quand le fils de Dieu fut engendré de toi, notre « alma Mater », et nous voulons transmettre cet héritage en témoignant la même fidélité qui fut celle de nos pères.

Nous consacrons à toi...

Aujourd'hui, donc, à l'occasion de la première visite d'un Pape en Irlande, nous confions et nous consacrons à toi, Mère du Christ et Mère de l'Église, nos cœurs, nos consciences, nos travaux, pour qu'ils puissent nous aider à maintenir la foi que nous professons.

Nous confions et nous consacrons à toi toutes ceux qui forment la communauté du peuple irlandais et la communauté du Peuple de Dieu qui vit dans ce Pays.

Nous confions et nous consacrons à toi les évêques de l'Irlande, le clergé, les religieux et les religieuses, les moines contemplatifs et les sœurs, les séminaristes, les novices.

Nous confions et nous consacrons à toi les pères et les mères, les jeunes, les garçons.

Nous confions et nous consacrons à toi les professeurs, les catéchistes, les étudiants, les écrivains, les poètes, les auteurs, les artistes, les travailleurs et leurs chefs de service, les employés et les dirigeants, les professionnels, ceux qui sont engagés en politique et dans la vie publique ceux qui forment l'opinion publique.

Nous confions et nous consacrons à toi les époux et ceux qui se préparent au mariage, ceux qui sont appelés à servir dans le célibat toi et le prochain, les malades, les personnes âgées, les malades mentaux, les handicapés et tous ceux qui les assistent et prennent soin d'eux.

Nous confions et nous consacrons à toi les prisonniers et ceux qui se sentent rejetés, les exilés, et ceux qui sont seuls.

Nous confions à ton soin maternel la terre de l'Irlande, où tu as été et où tu es beaucoup aimée. Aide cette terre à rester, sincèrement, toujours avec toi et avec ton Fils. Que la prospérité n'induise jamais les hommes et les femmes de l'Irlande à oublier Dieu ou à abandonner leur foi. Dans la prospérité, maintiens-les fidèles à la foi qu'ils n'avaient jamais abandonnée dans la pauvreté et dans la persécution.

Maintiens-les loins de la convoitise, de l'envie, de la recherche d'intérêt égoïste ou particularistes. Aide-les à travailler pour une destination chrétienne commune, à construire une société juste c'est-à-dire, calme et fondée sur l'amour dans lequel les pauvres ne sont jamais négligés et où les droits de tous, spécialement des faibles, soient respectés.

Reine de l'Irlande, Marie mère de l'Église céleste et terrestre, Máthair Dé, conserve l'Irlande fidèle à sa tradition spirituelle et à son héritage chrétien. Aide-la à répondre à sa mission historique de porter la lumière de Christ aux nations et ainsi, en travaillant à la gloire de Dieu être l'honneur de l'Irlande.

La grande blessure qui nous tourmente [il s'agit de la guerre civile]

Une Mère peut-elle rester silencieuse sur ce que nous trouvons de plus pénible ?

Nous confions à toi en particulier cette grande blessure qui tourmente notre peuple, dans l'espérance que tes mains puissent la soigner et la guérir.

Nous sommes concernés par les âmes des jeunes impliqués dans des actes sanglants de vengeance et de haine. Mère, n'abandonne pas ces jeunes cœurs.

Mère reste avec eux dans leurs heures les plus obscures, quand nous ne pouvons ni les conseiller ni les assister. Mère, protège tous et spécialement la jeunesse irlandaise d'être emporté par l'inimitié et par la haine.

Enseigne-nous à distinguer ce qui procède clairement de l'amour pour notre Pays de ce qui porte l'empreinte de la destruction et la marque de Caïn.

Fais-nous comprendre que les mauvais moyens ne peuvent pas jamais apporter la bonne fin, que chaque vie humaine est sacrée, que le meurtre est meurtre, quel qu'en soit le motif ou le but.

Sauve ceux qui assistent à ces événements terribles d'un autre danger, le danger de vivre une vie dépourvue d'idéaux chrétiens ou en conflit avec les principes de moralité.

Puissent nos oreilles écouter avec clarté ta voix maternelle: "Faites tout ce qu'il vous dira" (Jn 2, 4).

Aide-nous à persévérer avec le Christ; aide nous o Mère de l'Église, à construire son Corps Mystique, en vivant cette vie que lui seul peut nous accorder en plénitude, une vie tout à la fois divine et humaine."


Jean Paul II, prière à Knock, 30 septembre 1979

www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/1979/

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