Saint Pie X (1835-1914)


 

L’humble prêtre Joseph-Melchior Sart, né en 1835 à Riese (province de Trévise, issu d'une famille modeste, deviendra le saint pape Pie X, canonisé par le pape Pie XII, en 1854.On le fête le 21 août.

 

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Une famille modeste

Issu d'une famille modeste et nombreuse (dix enfants), Joseph-Melchior Sarto est né à Riese (province de Trévise) le 2 juin 1835 et baptisé à la paroisse Saint-Matthieu le lendemain. Cette origine modeste lui laissera le goût de la simplicité.

Après deux ans dans la petite école de Riese, il poursuit ses études primaires à Castelfranco de Vénitie. Il reçoit sa première communion à Riese, aux Pâques 1847 (6 avril). Il prend la soutane, le 19 septembre 1850, et entre au séminaire de Padoue, le 13 novembre 1850, où il reste neuf ans.

Un humble prêtre

Tonsuré à la cathédrale d'Asolo, le 20 septembre 1851, il reçoit les deux premiers ordres mineurs en novembre 1856 et les deux autres le 6 juin 1857 ; ordonné sous-diacre le 19 septembre 1857, diacre, le 27 février 1858, il reçoit l'ordination sacerdotale dans la cathédrale de Castelfranco le 18 septembre 1858, célèbre sa première messe, le lendemain, à Riese et, le 29 novembre 1858, prend son poste de vicaire à Tombolo. Nommé curé de Salzano le 21 mai 1867, il quitte sa paroisse le 16 septembre 1875 pour devenir chanoine de Trévise. Il devient directeur du séminaire et chancelier épiscopal (28 novembre 1875).

Vers la papauté

Primicier de la cathédrale le 12 juin 1879, il est, à la mort de l'évêque, élu par le chapitre vicaire capitulaire (27 novembre 1879). Nommé à l'évêché de Mantoue en septembre 1884, il est sacré à Rome, dans l'église Saint-Apollinaire, le 23 novembre 1884, et entre à Mantoue le 18 avril 1885. Créé cardinal du titre de Saint-Bernard des Thermes au Consistoire secret du 12 juin 1893, il est trois jours après promu patriarche de Venise où il ne peut entrer que le 24 novembre 1894, puisque le gouvernent italien n'a donné son exequatur que le 5 septembre 1894.

Le grand pape Pie X

Élu pape le 4 août 1903, Il choisit le nom de Pie X pour s’inscrire dans la lignée des papes du XIXe siècle qui « [avaient] courageusement lutté contre les sectes et les erreurs pullulantes ». Il est couronné le 9 août 1903. Pie X mourra le 20 août 1914, au Vatican, et sa dépouille sera déposée dans les Grottes Vaticanes le 23 août 1914.

Pie X fut le grand promoteur de la Vraie Dévotion à la Vierge selon l'esprit de saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

Pie X fut aussi un grand pape réformateur, et l' Église lui doit une œuvre magistérielle considérable. Il publia le Catéchisme de la Doctrine chrétienne, appelé aujourd'hui Catéchisme de Pie X, ainsi que les Premiers éléments de la Doctrine chrétienne (Petit catéchisme de S. Pie X). Il fut tout d'abord le pape de la communion fréquente : constatant qu'un peu partout on retardait d'une façon abusive l'acte sacramentel de la première Communion, il décida que celle-ci se ferait désormais à l'âge de sept ans.

Documents pontificaux

Pie X écrivit de nombreuses encycliques : ad Diem illum du 2 février 1904, à l’occasion du cinquantenaire de la proclamation par Pie IX de l’Immaculée Conception, qui fut pour lui un motif de plus de faire aimer la Vierge Marie. Il exhorta tous les fidèles à implorer souvent sa protection, dans l'esprit de la spiritualité de saint Louis Marie Grignion de Montfort.

Pie X écrivit également des encycliques sur la Doctrine sociale de l'Église, qui s’inscrit dans une histoire.

Poursuivant l’œuvre de Léon XIII Rerum novarum (15 mai 1891), consacrée à la question ouvrière, le pape Pie X lutta contre le modernisme, dénonçant notamment les erreurs du rationalisme et du libéralisme et réaffirmant les principes immuables sur lesquels la société des hommes repose et qu’il faut défendre. Dans la constitution apostolique Lamentabili sane exitu (1907), Pie X condamne formellement 65 propositions dites « modernistes .L’encyclique du 8 septembre 1907 intitulée Pascendi Dominici Gregis rappelle également les erreurs du modernisme.

Cette doctrine sociale sera continuée par le pape Pie XI avec l’encyclique Quadragesimo anno du 15 mai 1931.

La liturgie et le chant sacré

Avec le motu proprio Tra le solecitudini, qui avait pour objet la musique sacrée, Pie X fait l’éloge du chant grégorien, qui est

« le chant propre de l'Église romaine, le seul chant qu'elle ait hérité des pères antiques, qu'elle a jalousement gardé au cours des siècles dans ses codes liturgiques, proposé directement aux fidèles, prescrit exclusivement dans certaines parties de la liturgie et que les études les plus récentes ont si heureusement rendu à son intégrité et à sa pureté.

Pour ces raisons, le chant grégorien a toujours été considéré comme le modèle suprême de la musique sacrée, la loi générale suivante pouvant s'établir avec toute justification : plus une composition d'église est sacrée et liturgique, plus elle se rapproche de la mélodie grégorienne, et moins elle est digne plus elle est du temple, plus elle se reconnaît différente de ce modèle suprême. »

Pie X fonda l’Institut Pontifical de musique sacrée à Rome, en 1910, avec la dénomination d’ “Ecole Supérieure de Musique Sacrée".

La lutte contre les injustices 

Pie X s’est également courageusement élevé contre les massacres, l'esclavage et les autres traitements indignes auxquels étaient soumises les populations indigènes des Indiens d’Amérique, dans l'encyclique Lacrimabili Statu du 7 juin 1912. Dans cette encyclique, il appelle les archevêques et évêques prendre part à la lutte en leur faveur.

La canonisation

L'héroïcité de ses vertus fut proclamée le 3 septembre 1950, Pie XII le béatifia le 3 juin 1951 et le canonisa le 29 mai 1954, parlant de lui de Pie X comme du « pape de l'Eucharistie », pour avoir permis l'accès de la communion aux jeunes enfants et autorisé la communion eucharistique quotidienne. La basilique souterraine Saint- Pie X à Lourdes, inaugurée en 1958, a été baptisée ainsi en hommage à celui qui venait d’être canonisé, quatre ans plus tôt.

Ce grand pape bien aimé, courageux, luttant contre un laïcisme radical et pour la paix, réformateur, défendant la musique sacrée dans la liturgie, fut loué par Guillaume Apollinaire dans son poème Zone (extrait du recueil Alcools) :

« Seul en Europe tu n’es pas antique ô Christianisme
L’Européen le plus moderne c’est vous Pape Pie X ».

 

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Pour en savoir plus

 

-Sur l’encyclique ad Diem illum, dans l’Encyclopédie mariale 

-sur le motu proprio "Tra le solecitudini", en ligne 

-sur l’encyclique Pascendi Dominici Gregis de Pie X, en ligne 

-sur la lutte de saint Pie X sur le modernisme, en ligne 

Sur l’Institut Pontifical de musique sacrée, en ligne 

 

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