La Croix, la Sagesse, Marie (Montfort † 1716)

La Croix, la Sagesse, Marie (Montfort † 1716)

L'amour de la Croix est l'amour de la Sagesse (ASE 159 ; LAC 45).

L'arbre de vie, antique symbole de la Sagesse, peut devenir symbole de la Croix (SM 22) et en même temps, monter vers le Père (SM 71).

Quant à Marie, elle nous donne la Sagesse du Christ dont elle sait qu'il est aux affaires de son Père, et elle nous donne part à la Croix (SM 22) comme à la Sagesse qui est celle du Père.

En présence de Marie.

L'arbre de vie est la croix dont Marie distribue des morceaux aux fidèles (SM 22) car le Christ, fils de Marie, est inséparable de la croix, « leur lien est indissoluble, leur alliance est éternelle, jamais la Croix sans Jésus ni Jésus sans la Croix. » (ASE 172).

Et, s'adressant à Marie, Montfort chante : « Point de croix sans vous et Jésus / Point de vous deux, si la croix n'est plus » (C 123,12).

Le disciple est convié à ne pas se confier en ses propres forces mais à se fier à Marie (ASE 221). Montfort doute que quelqu'un puisse porter des Croix sans aimer Marie et s'unir à elle. Celui là « ne portera jamais de grandes croix, ou ne les portera pas joyeusement ni jusqu'à la fin, sans une tendre dévotion à la Vierge. » (VD 154).

Le testament de Jésus

Marie était près de Jésus en croix (Jn 19,25-27). Elle offrait son innocence comme témoignage à celle de son Fils. Jésus la regarda, il la vit souffrant avec lui. Dans la création rebelle, elle, du moins, était toute à lui. En la personne de saint Jean, il nous la donna : « Voici ta Mère »[1].

Au seuil de la « culture de l'arbre de vie » (SM 66), Montfort répond au don de Jésus en s'offrant à la sollicitude maternelle de Marie :

« Je l'ai mille et une fois prise pour tout mon bien avec saint Jean l'Evangéliste, au pied de la croix et je me suis autant de fois donné à elle ; mais si je ne l'ai pas encore bien fait selon vos désirs, mon cher Jésus, je le fais maintenant comme vous le voulez que je fasse ; et si vous voyez en mon âme et mon corps quelque chose qui n'appartienne pas à cette auguste princesse, je vous prie de me l'arracher et de le jeter loin de moi, puisque, n'étant pas à Marie, il est indigne de vous. » (SM 66)

Montfort (SM 66, mais aussi VD 179 etc.) fait une traduction originale de Jn 19, 27 : le disciple prit Marie, en grec : « in ta 'idia ». En traduisant « in ta 'idia » par « pour tout mon bien », Montfort peut vouloir signifier que Marie devient son propre fond.


[1] Cf. JEAN PAUL II, Lettre encyclique « La mère du Rédempteur », 1987, § 45 et Audience générale du mercredi 7 Mai 1997


Abréviations des œuvres de saint Louis-Marie de Montfort :

ASE : Amour de la Sagesse éternelle

C : Cantiques

LAC : Lettre circulaire aux Amis de la Croix

SM : Le Secret de Marie

VD : Traité


F. BREYNAERT

Extraits de :

Françoise BREYNAERT,

L'arbre de vie, symbole central de la spiritualité de Saint Louis-Marie de Montfort,

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éditions Paroles et silence 2006. p. 170 et 245-246.

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